Lloyd / Borgward Arabella 38 (1959-1963)

Lloyd Arabella

Publié par Philippe Baron le 5 janvier 2013.

 

Dans les années 50, la marque Lloyd était spécialisée dans les petites voitures bon marché. Ce segment très populaire était privilégié dans une Allemagne en pleine reconstruction. Lloyd était alors le troisième constructeur du pays derrière Volkswagen et Opel. En 1959, Carl Borgward, président de Lloyd-Goliath-Borgward, décide de lancer l’Arabella, une montée en gamme irréfléchie qui s’avérera fatale pour l’avenir du groupe.



Borgward Arabella de Luxe

 

La Lloyd Arabella est présentée le 4 août 1959 dans les jardins du Park Hotel de Brême. Toute sa conception, réalisée en moins de deux ans, repose sur des idées exprimées et imposées par Carl Borgward qui règne d’une main de fer sur son personnel. Ce que le patron décide, les ingénieurs l’exécutent et très rapidement, son projet devant être présenté avant celui de ses concurrents.

Carl Borgward

La presse est unanime sur le potentiel de l’Arabella. Le style de la voiture s’inscrit dans la mode du moment. Son équipement surpasse celui de ses concurrentes vendues plus chères et son comportement routier est exceptionnel. Avec ses 38 ch, elle est l’une des voitures les plus performantes et rapides de sa classe. Elle semble être vouée à un bel avenir. Pourtant, dès les premières livraisons, elles cumulent des défauts mécaniques survolés ou négligés lors de sa construction hâtive : boîte de vitesse bruyante, synchronisations défectueuses et par-dessus tout, un manque d’étanchéité qui lui donnera le surnom d’Aquabella.

 

Malgré les défauts corrigés, les ventes ne suivent pas et chaque voiture vendue l’est à perte. La situation de Lloyd est plus que délicate et Carl Borgward ne trouve pas mieux que d’augmenter le prix de sa voiture pour compenser le manque à gagner. Il en décline même deux versions : une version luxe vendue qui développe maintenant 45 ch sous la marque Borgward et une version dépouillée dont la puissance retombe à 34 ch. Cela n’arrange guère la situation qui est devenue intenable pour Lloyd qui se retrouve en liquidation. Le syndic, Wilhelm Reinstorf, prend les opérations en main et brade les 3000 voitures dont le prix était de 5 450 DM à 3 506 DM, un prix mieux adapté aux réalités du marché. Et ça marche ! Les voitures se vendent sans le moindre problème. Aussi d’autres véhicules sont assemblés avec le stock de pièces disponible dans l’atelier de montage entre juin 1962 et mars 1963.

 

Malheureusement, il est trop tard. La faillite du groupe Borgward entraîne inévitablement celle de Lloyd. L’Arabella restera la dernière de la lignée avec un total de 47 040 exemplaires vendus entre 1959 et 1963. Peu diffusée en France, Les Arabella s’échangent sur le sol germanique autour de 6 000 euros pour un exemplaire en parfait état.



Détails techniques :

 

4 Cylindres à plat, disposé longitudinalement à l’avant // Cylindrée : 897 cm3 // Alimentation : un carburateur inversé Solex 28 PCI ou 34 PCI //  Roues avant motrices // Refroidissement : liquide par radiateur // Embrayage : monodisque à sec://  Boite de vitesse : 4 rapports synchronisés + marche arrière- commande au volant //  Structure : Carrosserie en tôles d’acier, structure semi-monocoque par éléments boulonnés ensemble, châssis poutre // Suspensions avant : roues indépendantes à doubles bras oscillants avec ressorts hélicoïdaux et amortisseurs télescopiques // Suspensions arrière  roues indépendantes par bras tirés avec ressorts hélicoïdaux et barre stabilisatrice // Freins à tambours, commande hydraulique // Direction à crémaillère // Pneumatiques : 5.20 – 13 // Dimensions : Longueur : 3.80 m – Largeur : 1.51 m – Hauteur :  1.39 m – Empattement : 2.20 m // Poids : 695 kg à 705 kg // Vitesse maxi : 120 à 133 km/h. Consommation : 8.9 à 10 l.//

 

Crédit Photo : Georg Schwalbach