Lincoln Versailles (1977-1980)

Publié par stubs auto le 17 août 2012.

 

Depuis la crise pétrolière de 1975, les énormes américaines ’full-size’ n’ont plus la cote dans leur pays. Mercedes, Jaguar ou BMW grignotent des parts de marché de plus en plus importantes. Cadillac est le premier constructeur de Detroit à réagir avec succès grâce à sa Seville ‘middle size’. Ford et Chrysler manquent de temps et surtout d’argent pour emboiter le pas. Aussi Chrysler maquille habilement sa Plymouth Volaré/Dodge Aspen pour en faire une Chrysler LeBaron et Ford en fait de même avec sa Ford Granada/Mercury Monarch qui deviendra pour Lincoln, la division premium du groupe, la Lincoln Versailles.

 

Chrysler arrive tant bien que mal à trouver une clientèle pour sa LeBaron en proposant une gamme complète (berline, coupé et station-wagon) ainsi qu’une nouvelle motorisation 6-cylindres économique, pour un prix inférieur de moitié à ceux des Seville et Versailles. Chez Ford, la situation est plus compliquée pour la Versailles, la compacte de prestige. A L’interne, la Lincoln est en concurrence avec la Mercury Monarch Ghia qui offre sensiblement les mêmes prestations, qui est parrainé par une Catherine Deneuve au zénith de sa beauté et qui est vendue la moitié du prix de la Versailles. Comment un représentant du réseau Lincoln-Mercury peut-il expliquer que la Monarch est affichée à 4 722 dollars et la Versailles à 11 500 dollars ! Pourtant, toute la différence releve du domaine technique mais dans un showroom, rien n’y parait.

 

Comme il était impossible en si peu de temps de retravailler entièrement la Granada, les stylistes en ont conservé les lignes classiques mais élégantes. Le châssis a été renforcé et à l’avant la calandre de la Continental a été posée avec quatre phares rectangulaires. Pour la partie arrière, on retrouve encore de la Continental avec le moulage de roue de secours sur lequel est maintenant écrit Lincoln. Avec ses 5.10 m de longueur, contre 5.91 pour la Continental de 1977, la ‘petite’ Versailles n’’est disponible qu’en berline 4 portes.

 

Pour sa motorisation, la Lincoln Versailles dispose d’un V8 ouvert à 90°, tout fonte, en position longitudinale avant de 351 cubic inch soit 5 752 cm3 développant 137 ch à 3 200 tr/min qui permet aux 1 776 kg d’atteindre 170 km/h. Daniel ‘Zoot’ Dimov d’Auto Rétro a fait l’essai de cette sophisticated Lady ( référence au titre de Natalie Cole de la même époque) pour le numéro de juin 2012. Dans son article, il atteste que la Versailles est le royaume du silence, une absence totale de vibrations et un confort de suspension princier. La voiture ne roule pas mais glisse sur l’asphalte. 

 

La Lincoln Versailles n’a pas rencontré le succès escompté du à sa sortie tardive et son prix décalé. Même si dans sa publicité Frank Sinatra entonnait ‘the best is yet to come’ seulement un peu plus de 50 150 exemplaires furent produits en trois ans. Aujourd’hui, elle suscite un certain intérêt auprès des collectionneurs du fait de sa rareté, de son look ‘so seventies’, de ses qualités routières et de sa cotation abordable pour l’instant qui va de 5000 à 7000 €