Lamborghini Urraco (1972-1978)

 

Publié par Philippe Baron le 6 février 2016.

 

Au Salon de Turin, en automne 1970, est présentée la Lamborghini P250. Le sigle P250 (P comme " Posteriore") indique la position centrale arrière ainsi que la cylindrée du moteur. L'Urraco porte le nom du taureau qui tua le célèbre matador espagnol Manolete en 1947. Dotée d'une structure semi-monocoque, l'Urraco innove en matière de suspensions. Elle est la première sportive équipée d'une suspension McPherson.

 

 

Le modèle, bien accueilli par le public, aurait dû entamer immédiatement sa production mais le contexte économique et social de l'Italie en retarde la sortie et diminue également les rythmes de production. L'Urraco est finalement lancée sur le marché en 1972 mais, dans les quatre années qui suivront, 520 exemplaires seulement seront fabriqués, un chiffre en deçà des prévisions du constructeur qui avait tablé pour une production annuelle de 1 000 exemplaires.

 

 

Toujours en raison de la conjoncture économique internationale du moment, Lamborghini avait décidé de mettre au point un moteur huit cylindres en alliage léger d'environ 2 500 cm3 dessiné par Paolo Stanzani : un seul arbre à cames en tête par rangée de cylindres, actionné par courroie crantée externe et deux soupapes par cylindre. Le taux de compression est égal à 10.4 : 1 tandis que l'alimentation fait appel à quatre carburateurs Weber double corps. Ce moteur fournit une puissance maximale de 220 ch à 6 500 tr/min. La boite de vitesses, montée sur le côté gauche du moteur dans le prolongement du bloc, dispose de cinq rapports, et est couplée à un différentiel Lamborghini. Ce V8 compact s'avère d'une très grande qualité et d'un rendement élevé. 

 

 

Dotée d'une structure semi-monocoque, l'Urraco innove en matière de suspensions. Elle est la première sportive équipée d'une suspension McPherson. Cette dernière a été retenue pour sa compacité, qui permet de dégager l'habitacle. Par ailleurs, la direction à crémaillère, dépourvue de colonne, est accrochée directement sur une traverse située au niveau de la planche de bord.

 

Lamborghini Urraco P111 - Photos : Eric Fuller, RM Auctions

 

En 1970, Bertone avait réalisé deux prototypes. C'est un troisième qui sera finalement retenu, mais l'un de ces prototypes deviendra la Ferrari 308 GT-4. Dessinée sous la responsabilité de Marcello Gandini, la voiture est basse, large, d'allure agressive mais avec des lignes qui restent souples et agréables à l'œil. Le nez reçoit des phares escamotables et un capot avant plutôt court, associé à un large pare-brise très incliné. La lunette arrière est surmontée d'ailettes qui, en se prolongeant latéralement sur la carrosserie, font office de prises d'air. L'empattement est très long (2,45 mètres) pour un véhicule de ce gabarit (4,25 mètres de longueur). Malgré la position centrale du moteur, l'habitacle est spacieux et les sièges arrière confortables. 

 

 

Au Salon de Turin 1974, deux nouvelles versions viennent s'ajouter à la P250 : la P200 et la P300. Il s'agit pour la première du plus petit moteur jamais fabriqué par Lamborghini. Grâce à sa petite cylindrée qui offre des avantages fiscaux intéressants (notamment un taux de TVA réduit), la P200 est exclusivement destinée au marché italien. La vitesse maximale de la P200 atteint 215 km/h. Soixante-six exemplaires seront produits entre 1975 et 1977. La version P300 se distingue, quant à elle, par une distribution à quatre arbres à cames en tête et une alimentation à quatre carburateurs double corps. Cette conception, plus sportive, permet à la voiture de dépasser les 260 km/h et de franchir les 1 000 m départ arrêté en 26 secondes à peine.

 

 

Fin 1978, la production de l'Urraco s’achève avec un total, toutes versions confondues, de 850 exemplaires construits, bien loin des ambitions originelles de Lamborghini. La carrière de la voiture a souffert de la situation financière catastrophique de Sant'Agata et des remous consécutifs aux reprises successives de l'entreprise.