Lamborghini Miura (1966-1973)

Crédit Photo : RM Auctions

Publié par Philippe Baron le 25 décembre 2012.

 

En 1966, Ferrucio Lamborghini frappe un grand coup en présentant la Miura, sa première voiture de production avec un moteur V12 en position centrale arrière, une architecture jusqu’alors réservée à la course. Sans aucune référence en compétition et sans l’intention de s’y engager, Lamborghini délivre une voiture plus moderne que celles de marques bénéficiant d’une grande expérience sportive.

 

 

Après la première apparition du châssis sur lequel repose le P400 (P pour Posteriore – position arrière du moteur et 400 pour la cylindrée de 4 litres) au salon de Turin en octobre 1965, la Miura est officiellement présentée à la presse et au grand public lors du salon de Genève en mars 1966. Sa forme agressive colle avec le choix de son nom ; Miura, un taureau hispanique considéré comme l’un des plus dangereux, des plus fougueux et des plus combatifs. La Miura porte la griffe Bertone mais elle est l’œuvre de Marcello Gandini, alors jeune styliste chez le grand carrossier turinois et qui gagnera ses lettres de noblesse en créant un peu plus tard la Lamborghini Countach



 

Parce qu’il sait que le Grand Prix de Monaco réunit toute la fine fleur du milieu automobile, toutes les célébrités et bon nombre des personnes les plus riches de la planète, Ferrucio Lamborghini se paie le luxe de la présenter en ce mois de mai 1966 lors de cet événement pour créer la sensation et susciter de nouvelles commandes. En véritable événement, en lever de rideau du Grand Prix, la Miura se montre sur le circuit, pilotée par le vétéran Louis Chiron avec pour passager, le Prince Rainier de Monaco.



 

Avec son architecture novatrice, Lamborghini applique, bien avant ses concurrents, une solution qui procure un excellent équilibre, grâce à une bonne répartition des masses et un centre de gravité placé très bas. Le choix de cette position centrale du moteur revient aux ingénieurs Giancarlo Dallara et Paolo Stanzani qui se retrouvent à la tête du développement de Lamborghini. Tous deux grands amateurs de compétition, ils se sont inspirés de la Ford GT 40, mais aussi de la Mini conçue par Alec Issigonis, en placant la boîte de vitesses sous le moteur avec un différentiel en position centrale pour avoir deux demi-arbres de transmissions égaux. L’ensemble est positionné entre l’habitacle et l’axe des roues arrière.



1971 Lamborghini Miura SV - Photo : RM Auctions - Longueur : 4.39 m - Largeur : 1.78 m - Hauteur : 1.01 m - Poids : 1 125 kg.

Dans sa première version, le moteur à 12 cylindres en V à 60° de 3 929 cm3 développe 350 ch à 7 000 tr/min. alimenté par quatre carburateurs triple corps Weber. Il permet d’atteindre 277 km/h. La puissance augmente à 370 ch en 1968 avec la Miura S et la vitesse passe à 288 km/h. Une version spyder est présentée au Salon de Bruxelles en 1968 mais il restera curieusement un exemplaire unique. 

 

La SV marque l’apogée de la Miura. Elle est exposée au Salon de Genève en 1971 près de la Countach qui doit lui succéder. Sa puissance est maintenant de 385 ch à 7 850 tr/min. Le Néo-Zélandais Bob Wallace, chef des essais et du développement, mettra au point la version ultime de la Miura en redessinant et en renforçant le châssis. La puissance du moteur grimpe à 440 ch à 8 500 tr/min et la vitesse escomptée dépasse aisément les 300 km/h. Cette version ‘Jota’ sera malheureusement détruite dans un accident. Par la suite, des répliques seront réalisées en transformant des S ou des SV et l’usine montera elle-même une dizaine d’exemplaires.



 

En dépit d’une situation économique peu favorable à la vente de voitures de ce genre, 779 Miura ont été construites : 3 prototypes, 474 de la première version, 140 Miura S, le spyder, 160 Miura SV, la Jota et 10 SVJ. La cote des Miura s’étale de 260 000 € pour la première version jusqu’à 520 000 € pour la version SV. A sa sortie, la Miura était vraiment un événement. Elle reste aujourd’hui l’une des plus grandes réussites esthétiques des années 60.