Lamborghini Countach (1974-1990)

1976 Lamborghini Countach LP400 - Crédit Photos : Bonhams

 

Publié par Philippe Baron le 24 février 2013.

 

En 1963, quand Ferrucio Lamborghini se lance dans la construction automobile, il adopte le Taureau, son signe astral, comme emblème et donne à ses voitures des patronymes de ces bêtes de combat. A toutes, sauf une, qui emprunte un mot d’argot piémontais, Countach, une expression généralement lâchée à la vue d’une très belle fille dans la rue. Telle fût l’exclamation de Bertone en voyant le premier prototype de la seconde Lamborghini à moteur central sortir des ateliers en 1971.

 



 

La Lamborghini Countach doit prendre le relais de la Miura, et en mars 1971, le prototype « LP500 »  est dévoilé devant un public ébahi au Salon de Genève, « LP » signifiant « Longitudionale Posteriore » en référence à la position du moteur. Comme pour la Miura, cette œuvre est signée du jeune styliste Marcello Gandini. Il donne à la Countach un design résolument futuriste, des angles aigus, une allure agressive et diabolique, et des portes verticales. 

 

 

Toutefois, de nombreux détails seront modifiés pour la version de série. Le V12 de 5 litres du prototype LP500 devient en 1974, avec la LP400, un 4 litres. Le génie de l’ingénieur Paolo Stanzani fut de disposer la boîte en amont du moteur pour obtenir ainsi un ensemble plus compact et une répartition des masses idéale. L’automobile est équilibrée et, en séparant la lubrification moteur-boîte, on supprime l’encombrante tringlerie, ce qui permet même de réduire la longueur et l’empattement.

 

 

Le châssis de la Countach est une structure, extrêmement compliquée, en tubes d’acier à géométrie complexe, conçue pour être à la fois, léger et résistant. Chaque tube, le plus droit possible, agit essentiellement en compression et en tension envers ses voisins. Il se compose d’un large tunnel, évasé au centre, pour y loger la boîte, cerné par deux énormes seuils. Deux autres structures latérales se trouvent encore derrière l’habitacle pour supporter le moteur et la suspension arrière. Une « cage » accueille la suspension avant, ainsi que des panneaux internes, formant les cloisons transversales. Au sommet, une structure plus légère soutient la carrosserie en aluminium, entièrement façonnée à la main par Bertone, excepté le plancher et le « coffre » avant, en fibre de verre. Sur les derniers modèles, certains panneaux de carrosserie aussi en fibre de verre. Les panneaux d’aluminium sont assemblés sont assemblés et rivetés, mais la partie la plus délicate est le montage des portes verticales, qui ne sont pas exactement identiques.

 

 

Pour le modèle de série, commercialisé sous le nom de LP400 en 1974, le design de Marcello Gandini fut légèrement modifié. Il fallut ajouter des entrées d’air derrière les vitres latérales et pour la visibilité arrière, la voiture fut dotée d’un rétroviseur-périscope.

 



1976 Lamborghini Countach LP400 - Crédit Photos : Gooding & Company

 

Entre 1974, la LP400 dispose d’un moteur V12 de 3 929 cm3, qui développe 375 ch, une boîte cinq vitesses et affiche plus de 300 km/h. Au fil des ans, les changements seront nombreux jusqu’à l’énorme 5.2 litres Quattrovalvole de 455 chevaux de l’Anniversary. Mais c’était le même moteur, un V12 Bizzarrini datant de 1963. Ses douze cylindres sont disposés en V à 60°. Il est tout en aluminium avec un vilebrequin d’acier à sept paliers. Ses 4 ACT sont entraînés par chaînes. A la fin, il reçut quatre soupapes par cylindre et une alimentation au choix : six Weber verticaux double-corps pour l’Europe et une injection K-Jetronic pour l’Amérique du Nord. Les tubulures d’admission, très droites, sont au milieu du V, et celles d’échappement, à l’extérieur, sont entrelacées. Le moteur, équilibré, respirant bien, offre un rendement impressionnant de 88 chevaux par litre.

 

 

La Countach LP400 sera pendant huit ans la Lamborghini la plus rapide. Quand Lamborghini équipe en 1982 la LP500S d'un moteur nettement plus puissant, de 4.8 litres, les performances sont accrues à nouveau. En 1985, la Countach 5000QV reste au sommet avec son 5.2 litres. Les modifications mécaniques terminées, en 1987, la Countach est redessinée et dotée d’écopes de refroidissement de freins très utiles. L’année suivante, elle arrondit ses angles avec un nouveau museau et un nouvel arrière-train. L’Anniversary sera le dernier modèle avec de nouvelles jantes et un intérieur inédit mais la Diablo attend déjà dans les coulisses. 

 

1989 Lamborghini Countach 25th Anniversary - Crédit Photos : Bonhams

 

Au total pendant ses seize années de production, la Countach s’est écoulée à  2 042 exemplaires, dont 157 LP400, 237 LP400S, 321 LP500S, 676 LP5000QV et 650 Anniversary.