Jaguar XK 120 (1948-1954)

 

Publié par Philippe Baron le 18 juin 2011.

 

Lors de sa présentation au premier Salon de Londres de l’après-guerre en octobre 1948, la Jaguar XK 120 n’est qu’un prototype en forme de roadster destiné à tester les moteurs des futures grosses berlines de la marque. William Lyons, patron de Jaguar et créateur de cette sculpture mobile, ignore à ce moment qu’il détient là le premier maillon d’une prestigieuse lignée de voitures de sport qui va révolutionner le monde de l’automobile sportive.

 

 

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’usine de William Lyons est réquisitionnée pour contribution à l’effort de guerre. Cela n’empêche pas le patron et son équipe d’ingénieurs de plancher sur la voiture de demain, une berline de luxe équipée d’un moteur exceptionnel avec un agencement inhabituel défini par 2 arbres à cames en tête dans une culasse en aluminium. Une codification pour chaque moteur expérimenté est établie : X pour expérimental et une lettre par modèle. Ainsi XA, XB… En 1948 on est arrivé à XK et 120 pour l’objectif 120 miles par heure soit environ 193 km/h. En résumé XK 120.

 

 

Sur le stand Jaguar du Salon d’Earls Court 1948, en plein centre de Londres, deux prototypes sont exposés : la XK 100 et la XK 120. A cette époque, William Lyons n’avait pas encore décidé si ces véhicules seraient fabriqués en série. Il voulait tout d’abord examiner la réaction du public. L’accueil des visiteurs et de la presse fut beaucoup plus enthousiaste que ce que Lyons avait espéré. Néanmoins, il dut renoncer au plus petit modèle quatre-cylindres XK 100, le modèle XK 120 six-cylindres devait quant à lui être construit.

 

 

D’une cylindrée de 3 442 cm3, le 6-cylindres longue course repose sur un robuste vilebrequin à sept paliers, alimenté par deux carburateurs. Ce moteur avait été dessiné et mis au point par William Haynes avec l’assistance d’Harry Weslake. Faute de temps nécessaire avant la présentation au salon d’Earls Court, le châssis raccourci qui était prévu pour la prochaine berline MK 5, avait été adopté pour servir finalement de base au roadster. Aux proportions idéales, avec son long capot moteur, son cockpit court, son pare-brise incliné, ses phares sur nacelles, sa fine calandre et sa poupe harmonieuse, le roadster est un grand séducteur. A l’intérieur, moquette laine et cuir Connolly annoncent le raffinement.

 

 

Le modèle est annoncé à un prix provocateur de moins de mille livres sterling. William Lyons était prêt à perdre un peu d’argent pour assurer la promotion de son roadster. Ce rapport qualité / prix, aucun constructeur ne pouvait le proposer à l’époque sans en demander le double dans le cas d’une Alfa Romeo 3 l ou quatre fois plus dans le cas d’une Bugatti 57 SC. Cette voiture, accessible financièrement pour beaucoup de gens, était la première à rouler à 190 km/h soit deux fois plus vite que les petites voitures de série de l’époque.

 

 

En 1949, sur l’autoroute de Jabbeke en Belgique, la XK 120 pilotée par Ron Sutton établissait un record de vitesse à 204 km/h et au Grand Prix de Silverstone, deux des trois participantes se classèrent dans les deux premières places. Une légende était née !

 

 

En 1950, face à l’afflux des commandes, pour produire la sportive en plus grande série, après 350 exemplaires produits péniblement en deux ans, la belle troque l’aluminium martelé à la main sur des formes en bois contre la tôle d’acier emboutie par des presses. Cependant, pour ne pas handicaper la XK 120 par un excès de poids trop important, le capot, les portières et la malle de coffre restent en aluminium. S’exportant aux USA, elle devient la voiture des stars. En 1951, le roadster est rejoint par la version coupé avec vitres coulissantes dans les portières. En 1953, la gamme est compétée du cabriolet avec capote, appelé DHC pour Drop Head Coupe.

 

 

La production entre 1948 et 1954 de la XK 120 est établie à 12 055 unités produites dont 10 395 en conduite à gauche, marché américain oblige. D’octobre 1948 à septembre 1954, 7 612 roadsters. De mars 1951 à septembre 1954, 2 678 coupés et d’avril 1953 à septembre 1954, 1 765 cabriolets. En 1954, la XK 120 est remplacée par la XK 140.

 

Photos : Simon Clay, RM Auctions
Photos : Bernard Canonne, RM Auctions
Photos : Mike Kippen, RM Auctions
Photos : Marc Vorgers
Photos : Marc Vorgers
Photos : Marc Vorgers
1952 Jaguar XK 120 Fixed Head Coupe - Photos : RM Auctions