Jaguar Type E Série I (1961-1967)

1962 Jaguar E-Type 3.8-Litre

 

Publié par Philippe Baron le 26 mars 2017.

 

Lorsqu’elle apparaît en 1961, la Jaguar E fait sensation. Époustouflante, rapide, au look sensuel, la Type E devient un des symboles des « swinging sixties », comme les Beatles ou la mini-jupe. Couronnant l’influence de la culture britannique sur l’Europe, elle permet d’accéder à un authentique plaisir automobile pour un prix relativement peu élevé en se mettant à la portée d’un grand nombre.



 

Au début des années 1960, Jaguar venait de remporter cinq fois les 24 Heures du Mans mais avait besoin d’une remplaçante pour la XK, qui commençait à dater. Quand la décision fut prise de renouveler ce modèle, le patron William Lyons fit appel à Malcolm Sayer, un homme d’avant-garde. De son passé aéronautique, il avait gardé quelques principes. Ayant dessiné la Type C, qui présentait une ressemblance avec la XK, il se chargea de la nouvelle voiture.

 

1962 Jaguar E-Type 3.8-Litre Fixed Head Coupe

 

En 1953, Malcolm Sayer dessina un prototype de « Type E », avec huit ans d’avance. Il définit une monocoque influencée par l’Alfa Romeo Disco Volante. Ce prototype évolua en « Type D », qui gagna devant des rivales comme Ferrari, en grande partie grâce à sa forme aérodynamique. Mais la compétition coûtait cher, et après le terrible accident du Mans en 1955, les voitures de course ne durent plus excéder trois litres de cylindrée. Jaguar décida donc de créer une automobile capable de gagner en course, mais aussi de se montrer bonne routière. Sayer comprit vite que la Type E ne pouvait être qu’une routière.

 

1962 Jaguar E-Type 3.8-Litre Fixed Head Coupe

 

Au départ, on ne devait construire qu’une décapotable. Mais Blake, un collaborateur de Sayer, prit certains composants et les adapta sur une structure « fastback ». William Lyons passa par là…Un silence s’ensuivit, ponctué d’un simple : « Ok. Construisons-la ».



1962 Jaguar E-Type 3.8-Litre Fixed Head Coupe

 

La Type E fut présentée en mars 1961 au Salon de Genève. Réaction étonnante. Des vedettes du cinéma la commandèrent aussitôt. A l’extérieur, les clients se battaient pour essayer les deux voitures de démonstration. En Grande Bretagne, l’effet fut confirmé par des essais, où la Jaguar E atteignit 240 km/h. Les journalistes ne tarissaient pas d’éloges sur elle.

 

1962 Jaguar E-Type 3.8-Litre

 

Les performances, bien réelles, étaient associées à une extraordinaire docilité. La tenue de route était parfaite, grâce à la suspension arrière, dessinée par Knight, et le niveau de confort supérieur à la moyenne de ce type de voiture. Le style était stupéfiant et le prix vraiment bas : la moitié d’une Aston Martin et le tiers d’une Ferrari.

 

1964 Jaguar E-Type 4.2-Litre

 

A son lancement, la Type E est proposée en deux carrosseries : roadster et coupé. La longueur des véhicules est 4.45 m avec un empattement de 2.43 m. Toutes les deux biplaces, ces versions étaient similaires du point de vue mécanique. Le moteur est un 6-cylindres en ligne de 3 781 cm3 développant 265 ch à 5 500 tr/mn avec un couple de 26.5 mkg à 4 000 tr/mn.

 

1964 Jaguar E-Type 4.2-Litre

 

En avril 1961, lorsque quatre exemplaires sont dévoilés au Salon de New York, c'est le délire et le stand est envahi par la foule. Au milieu des 400 modèles exposés, la Type E américaine baptisée XKE est la star du Salon. Le marché le plus important de la Type E sera, bien entendu, celui des Etats-Unis.

 

1964 Jaguar E-Type 4.2-Litre

 

En 1964, le moteur 4.2 crée pour la berline Mk X remplace le 3.8. Il améliore le couple (28.8 mkg), possède une boîte de vitesses à 4 rapports synchronisés mais les performances restent identiques. Un servofrein Dunlop remplace le Kelsey Hayes. La forme de la carrosserie et les accessoires sont pratiquement inchangés, et la seule différence extérieure réside dans les badges chromés sur les capots avant et arrière du roadster et du coupé, portant les mentions « 4.2 » et « Type E ». L’intérieur, lui, est équipé de nouveaux sièges, et les premières consoles en aluminium sont entourées d’un garnissage.

 

1965 Jaguar E-Type Series 1 4.2-Litre Coupe - Photos : Gooding & Company

 

En 1966, la gamme est complétée par la « 2+2 », une version rallongée de 23 cm et rehaussée de 5 cm, ce qui permet d’ajouter deux minuscules sièges à l’arrière, pouvant accueillir deux enfants ou deux adultes sur de courts trajets. Le nouveau modèle se reconnait à son toit surélevé et à son pare-brise assez haut. La voiture étant plus lourde d’une centaine de kilos, ses ressorts arrière ont été renforcés.

 

1966 Jaguar E-Type Series 1 4,2 litre Roadster - Photo : Marc Vorgers
1966 Jaguar Type E 4,2 L - Photos : Artcurial

 

En 1967, les trois modèles sont modifiés pour satisfaire aux normes américaines et composent la « Série 1 ½ ». Extérieurement, le carénage des phares est supprimé. Sous le capot, le moteur à émissions novices contrôlées est mis en conformité avec la législation américaine. Ces voitures d’exportation sont dotées de carburateurs Zenith Stromberg, au lieu des trois SU du marché britannique. A l’intérieur, les poignées de porte sont encastrées, et les interrupteurs articulés à bascule. En 1969, arrivera la Type E Série 2 dotée de l’air conditionné. La Série 1 affiche un bilan de 38 419 unités produites, réparties en 15 498 versions 3.8 l, 16 195 versions 4.2 l et 6 726 versions Série 1 ½.

 

1967 Jaguar E-Type Fixed Head Coupe 2+2
1967 Jaguar E-Type 4.2-Liter
1967 Jaguar E-type 4.2 Roadster S 1.5 - Photos : Marc Vorgers