Jaguar Type E Série 3 V12 (1971-1975)

Jaguar E-type V12 convertible, 1973 - Crédit Photo : Marc Vorgers

 

Publié par Philippe Baron le 27 janvier 2013.

 

Après une décennie à succès et deux séries, Jaguar relance la carrière de sa Type E avec un nouveau moteur pour rivaliser avec les muscle-cars en pleine vogue aux USA au début des années 70. Sous le capot, en remplacement du 6-cylindres en ligne, se loge un V12, plus puissant, plus souple et moins polluant pour répondre à une législation américaine de plus en plus sévère.


Jaguar E-type V12 2+2 FHC, 1972 - Crédit Photo : Marc Vorgers

 

La Jaguar Type E Série III est dévoilée au Salon de Genève en mars 1971 et un mois plus tard au Salon de New York avec une ambassadrice de charme, Diana Rigg, l’inoubliable Emma Peel de la série « The Avengers », « Chapeau melon et bottes de cuir » en France. La série 3 se décline sous deux carrosseries : le cabriolet et le coupé 2 + 2, la version ‘coupé 2 places’ étant résolument abandonnée. Le coupé change de physionomie avec son pavillon légèrement surélevé et le cabriolet, bénéficiant de la plate-forme rallongée, gagne en habitabilité. Le signe très distinctif de la série 3 concerne le museau agrandi et orné d’une grille chromée.

 

Jaguar E-type V12 convertible, 1974 - Crédit Photo : Marc Vorgers

 

Quatre carburateurs Zenith-Stromberg, épaulés par un allumage électronique Lucas, alimentent le 12 cylindres en V à 60°. Ce moteur de  5 343 cm3 développe 272 ch à 5 850 tr/mn avec un couple maximal de 42 m.kg à 3 600 tr/mn, la puissance au litre restant à 51 ch/litre. La consommation est de 15 à 25 litres aux 100 km, selon le type de conduite. Le moteur est accouplé à une boîte de vitesse à 4 rapports tous synchronisés mais une boîte automatique à 3 rapports Borg-Warner est disponible en option. La série 3 reprend la structure monocoque en acier avec berceaux avant et arrière rapportés de la Type E initiale, mais ici renforcée pour le poids du volumineux V12. La série 3 pèse ainsi plus de 1 500 kg à vide à comparer aux  1 200 kg des premières 3.8 l. Le système de freinage adopté est quatre disques à double circuit. La vitesse maximale est donnée à 240 km/h.

 

Jaguar E-type V12 2+2 FHC, 1971 - Crédit Photo : Marc Vorgers

Longueur : 4.68 m – Largeur : 1.68 m – Hauteur : 1.30 m – Empattement : 2.67 m.

Jaguar E-type V12 convertible, 1973 - Crédit Photo : Marc Vorgers

 

Les chiffres de diffusion de la série III resteront honorables malgré le contexte économique difficile qui sévissait en Grande-Bretagne au début des années 1970. La Type E V12 dut affronter les grèves à répétition qui secouaient la British Leyland, avec pour conséquence des retards dans les livraisons, des assemblages bâclés, des contrôles de qualité non effectués, entraînant de nombreuses pannes. Sanctionné par les réglementations sécuritaires américaines, le V12 voit sa puissance baissée à 250 ch SAE en 1972, puis à 241 ch en 1973. 

 

Jaguar E-type V12 2+2 FHC, 1971 - Crédit Photo : Marc Vorgers

 

Le coupé est le premier à tirer sa révérence à l’automne 1973 après 7 297 unités vendues, puis le cabriolet en automne 1975 avec 7 990 unités vendues, soit une production totale de 15 287 exemplaires. La série I représentait 38 412 exemplaires et la série II 18 808 exemplaires vendus. Pour clore cette série devenue mythique, le constructeur de Coventry proposa les cinquante dernières cabriolets, tout de noir vêtus, à l’extérieur comme à l’intérieur. Une plaque commémorative numérotée et signée par William Lyons, lui-même, fut apposée sur le tableau de bord de chacune de ces ultimes Type E.

 



Jaguar E-type V12 2+2 FHC, 1971 -Crédit Photos : Marc Vorgers