Jaguar SS 100 (1936-1941)

1936 SS 100 2 ½ Litre

 

Publié par Philippe Baron le 9 septembre 2014.

 

Au début des années 30, William Lyons, dirigeant de la firme britannique SS Cars Ltd (SS pour Swallow Sidecar Company), envisage un avenir automobile plus ambitieux que celui qui consistait alors à recarrosser de modestes Austin Seven. En septembre 1935, il présente le roadster SS 100 2.5 litres, qui comme la berline lancée au même moment, porte le nom de Jaguar et qui sera à l’origine d’une lignée prestigieuse, des XK à la XJS.

 

1937 Jaguar SS 100 2.5 Litre - Photo : Gooding & Company

 

La SS 100 est le véhicule qui fit, littéralement, la renommée de Jaguar. Après la Seconde Guerre mondiale, l’abréviation SS étant désormais étroitement associée à l’Allemagne nazie, la société fut rebaptisée Jaguar. Le nom de Jaguar, évocateur de vitesse et d’agilité, avait été choisi en 1935 pour désigner les nouvelles berlines mais aussi pour faire oublier Swallow Sidecar. La mascotte représentant un jaguar bondissant qui orne le capot des voitures du même nom a été réalisée d’après des esquisses du célèbre dessinateur de la revue The Autocar, Gordon Crosby. L’emblème avait été récupéré après son abandon, au profit d’un tigre, par la firme d’aviation Armstrong-Siddeley.

 

1936 SS 100 3 ½ Litre Roadster

 

La SS 100 reprend l’essentiel du châssis et des trains roulants de la berline SS 90, tout comme les freins à câble Bendix ou la direction Burman à vis et à écrou. En revanche, le moteur 6-cylindres d’origine Standard fait l’objet de tous les soins du constructeur. Harry Weslake, génie de la mécanique, s’est penché sur la culasse à soupapes latérales de la mécanique Standard. De ce fait, le six-cylindres en ligne de 2 663 cm3 est modifié pour être équipé de soupapes en tête. Le bas-moteur, lui, est soigneusement revu et corrigé par le technicien maison, William Heynes. Quelques nouveautés viennent également agrémenter cette nouvelle Jaguar SS, une nouvelle direction Burman Douglas à vis et écrou, des freins à commandes par tiges pour remplacer les câbles, nouvelle suspension arrière et de nouveaux moyeux cannelés au standard Dunlop.

 

 

Sous la magnifique carrosserie traitée en roadster deux places, la SS 100 propose alors 102 ch à 4 600 tr/mn, ce qui ne lui permet pas d’atteindre tout à fait les 100 miles à l’heure, environ 160 km/h, qui doivent justifier le chiffre accolé au patronyme de la voiture. Impossible de faire mieux que 153 km/h. En 1937, la cylindrée, par réalésage et par adoption d’un nouveau vilebrequin, est portée à 3 485 cm3 et 125 ch. Cette fois, la barre des 100 miles est franchie avec une vitesse maximale homologuée à 162 km/h.

 

1936 SS 100 3 ½ Litre Roadster - Photo : Darin Schnabel, RM Auctions
1939 Jaguar SS 100 3 1/2 Litre

 

La SS 100 est définitivement entrée dans la légende. Un statut de mythe amplifié par sa rareté : entre 1936 et 1941, on compte 198 exemplaires 2.5 l et 118 en 3.5 l. Et ce n’est que très longtemps après, en 1947 et 1948, qu’une Jaguar SS signa ses plus beaux succès en compétition en s’adjugeant, aux mains du gendre de William Lyons, l’excellent pilote Yan Appleyard, la fameuse Coupe des Alpes. Juste avant de passer le relais à une autre Jaguar de légende, la XK 120.

 

1936 SS 100 2 ½ Litre Roadster - Photos : Pawel Litwinski, RM Auctions
1936 SS 100 3 ½ Litre Roadster - Photos : Bonhams
1936 SS 100 2 ½ Litre Roadster
1938 SS 100 3 ½ Litre Coupe by Graber - Photos : Darin Schnabel, RM Auctions