Jensen 541, CV8, Interceptor (1949-1976)

1962 Jensen CV8

 

Publié par Philippe Baron le 4 janvier 2016.

 

L’histoire des frères Richard et Allan Jensen débute dans la production de carrosseries spéciales sur des châssis de grande série. Dès 1928, ils construisent leur première voiture à partir d'une Austin Seven de 1925. Puis, en 1934, les frères Jensen baptisent en leur nom l’entreprise dont ils ont pris le contrôle en 1931, la Carter Greens Company. Basée à West Bromwich dans les Midlands, la petite compagnie anglaise se contente de transformer des voitures de tourisme, Ford, Morris et Wolseley, en coupés et cabriolets. En 1939, la firme présente au salon londonien deux voitures équipées de moteurs V 12 Lincoln. Mais c’est avec Austin, que les deux ingénieurs de formation entretiennent des liens particuliers. Ainsi en 1947, la grande firme de Coventry confie à Jensen la fabrication de certaines de ses carrosseries et même l’assemblage du cabriolet A40. Ainsi la véritable première voiture de Jensen en 1949, baptisée Interceptor (1949-1955), est une relecture de l’Austin A60 dont le design revient à Eric Neale. 

 

1954 Jensen Interceptor

 

Eric Neal se voit confier la 541 en 1953, un élégant coupé à la coque toute en fibre de verre et équipé du moteur Austin de 4 litres 135 chevaux et de 152 chevaux pour la version R dès 1957. Ce modèle connu un grand succès car il était capable d'atteindre les 180 km/h avec une consommation raisonnable pour l'époque. Jensen a été en 1957 l'un des premiers constructeurs à proposer des freins à disques en série sur ses voitures. La Jensen 541 sera produite jusqu’en 1959 (420 exemplaires). L’année suivante, elle est remplacée par la 541s plus grande et plus large, dotée d'une calandre plus conventionnelle. 127 unités trouveront preneur jusqu'en 1963.

 

1954 Jensen 541
1956 Jensen 541 Deluxe
1957 Jensen 541R
Jensen 541 S 1961

 

Eric Neal se voit confier la 541 en 1953, un élégant coupé à la coque toute en fibre de verre et équipé du moteur Austin de 4 litres 135 chevaux et de 152 chevaux pour la version R dès 1957. Ce modèle connu un grand succès car il était capable d'atteindre les 180 km/h avec une consommation raisonnable pour l'époque. Jensen a été en 1957 l'un des premiers constructeurs à proposer des freins à disques en série sur ses voitures. La Jensen 541 sera produite jusqu’en 1959 (420 exemplaires). L’année suivante, elle est remplacée par la 541s plus grande et plus large, dotée d'une calandre plus conventionnelle. 127 unités trouveront preneur jusqu'en 1963.

 

Jensen CV8

 

Parallèlement, l’entreprise continue de travailler pour d’autres constructeurs, notamment pour l’assemblage de la Volvo P1800 apparue en 1961. En octobre 1962, la Jensen CV8 prend le relais de la 541 S, un nouveau coupé 4 places doté d’un V8 Chrysler de 6,3 litres délivrant 305 ch. Le résultat est assez spectaculaire. La CV8 accélère très fort et plafonne autour de 225 Km/h. La production s’arrête en décembre 1966 après 500 exemplaires construits.

 

Photo : coachforallseasons
Photo : Francis Forsey

 

En 1966, l’heure de gloire sonne enfin pour Jensen grâce au modèle Interceptor et ceci pour de multiples raisons. Elle est présentée lors du Salon Earl’s Court Motor Show. Contrairement à la CV8 et son design maison, Jensen fait appel au carrossier milanais Touring pour le coup de crayon. Finalement, Touring, peu expérimenté dans le domaine de la fibre de verre,  opte pour une coque en tôle d’acier, montée sur un cadre tubulaire léger et soudé directement sur le châssis. Cette opération est confiée dans un premier temps en Italie à Vignale, auteur de la large vitre arrière panoramique, avant que la production ne soit rapatriée en Angleterre à l’usine Jensen de West Bromwich où arrivent les panneaux emboutis et peints en Italie.

 

 

L’Interceptor est habillée sur un ensemble châssis-moteur dont la structure et la motorisation sont initialement, à peu de choses près, les mêmes que la CV8. Son moteur, le Chrysler V8 Typhoon de 6.3 litres, a déjà fait ses preuves notamment chez Facel Vega. Une version de 7.2 litres et 334 ch est également disponible. Performante et racée, elle est équipée d’une colonne de direction télescopique, un système de commande de traction et des zones déformables.

 

 

En 1967, Jensen se singularise en offrant à sa GT une supériorité technologique par rapport à la concurrence, telles que les Jaguar Type E, Aston Martin DB6 et Porsche 911 S avec sa motorisation FF. L’Interceptor FF embarque une transmission à quatre roues motrices, bien avant l’Audi Quattro, et un système d’antiblocage des freins, des années avant que Mercedes en revendique la paternité. Elle est reconnaissable à son entrée d’air sur le capot et à ses doubles sorties d’air situées derrière les roues avant.

 

1967 Jensen Interceptor FF
1971 Jensen Interceptor III

 

FF pour Ferguson Formula désigne le nom du constructeur de tracteurs, Ferguson, auteur de la conception de la transmission à quatre roues motrices développée pour le compte de McLaren en Formule 1. Ce système jugé trop lourd par McLaren pour être vraiment compétitif, avait été délaissé après quelques essais infructueux. Jensen acheta le brevet et introduisit le système sur l'Interceptor. La production de la FF fut quand même marginale puisque de 1966 à 1971, elle ne fut produite qu'à seulement 320 exemplaires. Mais cette publicité aura certainement servi au succès de la marque et à la remarquable carrière de l’Interceptor primale avec une production de 6 408 exemplaires de 1966 à 1976. En mars 1974, une version décapotable de l'Interceptor fit son apparition. Seuls, 267 exemplaires ont été produits.

 

Photos : Simon Clay, RM Auctions