Isuzu Impulse/Piazza (1981-1992)

 

Publié par Philippe Baron le 7 janvier 2015.

 

Construite par sa filiale japonaise, Isuzu, la Piazza est une tentative de General Motors de créer au début des années 1980 une voiture de sport internationale capable de rivaliser avec les japonaises à succès de l’époque telle que la Toyota Celica et la Mazda RX-7. Dessinée par l’italien Giorgetto Giugiaro, ce coupé à 3 portes portera le nom d’Impulse aux Etats-Unis. Selon la rumeur, « Piazza », aux oreilles américaines, sonnait trop « Pizza ».

 

 

En 1949, Tokyo Automobile Industries se divise en Hino et Isuzu. Isuzu, surtout connu pour ses camions, commença en 1953 la fabrication sous licence d’automobiles britanniques Hillman. Cependant, le premier modèle directement conçu par la marque est la berline Bellel de 1961. En 1968, Giorgetto Giugiaro dessine un joli coupé 117, lors de son bref passage chez Ghia. Pour la remplaçante de la 117, Isuzu, devenu en 1971 une filiale de General Motors, donne carte blanche à nouveau à Giugiaro pour habiller d’une carrosserie ‘coupé’ la plate-forme de la Gemini 1800. Le résultat est présenté en mars 1979 au Salon de Genève en un concept-car nommé As de trèfle. Impressionnés par ce coupé sobre, doté d’une large surface vitrée et offrant une ligne d’une telle pureté, les dirigeants d’Isuzu décident d’adapter ce prototype à la production en série, sous la forme de la Piazza qui débutera en juin 1981.

 

1979 Isuzu Asso Di Fiori

 

Dans la majorité des pays, cette Isuzu est baptisée Piazza, mais elle prend le nom d’Impulse aux Etats-Unis. En Australie, elle est produite par la filiale Holden de GM sous le nom de Holden Piazza, tandis qu’au Canada, elle se nomme Asuna Sunfire. La Piazza de 1981 utilise des roues motrices arrière et abrite un moteur 4-cylindres de 1 949 cm3 avec injection électronique. Des versions 120 ch et 135 ch sont proposées avant l’arrivée de la Turbo et ses 180 ch. Dès le Salon de Tokyo 1985, la Piazza devient disponible également en cabriolet.

 

 

Lancée en 1990, la seconde génération, cette fois dessinée aux Etats-Unis chez GM, est proposée en coupé ou en break de chasse avec hayon dérivé du concept-car Geo Storm Apex. D’une mécanique plus moderne, car basée sur la nouvelle berline Isuzu Gemini (Stylus à l’exportation), le successeur de la Piazza conserve le nom d’Impulse aux USA mais au Japon, ne porte plus le nom de Piazza, mais celui de Gemini Oz. A noter que le coupé présente un nez effilé avec phares affleurant pour le Japon et une calandre verticale et quatre phares ronds semi-escamotables pour le marché américain. La version Hatchback est disponible avec un 1 471 cm3 100 ch ou un 1 588 cm3 140 ch, tous les deux avec injection électronique. Le Coupé propose aussi le 1 588 cm3 injection électronique, mais également une version avec turbo et intercooler, donnant une puissance de 180 ch.

 

 

L’Impulse termina sa carrière très exclusive en 1992 avec une production totale qui ne dépassa pas les 13 000 unités, devenant l'un des modèles les plus rares des années 1980. A cette époque, Isuzu commençait à s’intéresser sérieusement aux robustes SUV, qui vont assurer sa réputation et inciter le constructeur à mettre un terme à la production d’automobiles pour se concentrer sur les 4x4 dans les années 1990. Mais, confronté à des pertes grandissantes dans un marché envahi par des crossovers plus confortables et efficaces, produits par des constructeurs généralistes, Isuzu met fin dès 2002 à son expérience de constructeur de voitures de tourisme pour s’orienter vers les utilitaires. Abandonné par General Motors en 2006, Isuzu se retire du marché américain en 2009.