Hudson Italia (1953-1954)

1954 Hudson Italia - Photos : Theo Civitello (RM Auctions)

 

Publié par Philippe Baron le 4 mai 2013.

 

Initialement baptisée Super Jet, l’Hudson Italia est l’un des modèles les plus rares du constructeur américain indépendant Hudson. Dessinée par le styliste de la marque, Frank Spring, l’Italia était assemblée par la Carrozzeria Touring dans ses ateliers de Milan. Préoccupé par ses difficultés financières et sa fusion imminente avec Nash, Hudson n’en produisit que 26 exemplaires.

 

 

Hudson expédiait du continent américain ses châssis en Italie sous la forme de caisses CKD (Completely Knocked Down, c'est à dire complètement démontées). La voiture était alors construite à la main par les ouvriers de Touring à partir de feuilles d’aluminium selon le procédé « Superleggera » propre à la marque. Après assemblage et essais sur route, les Hudson Italia sortaient des ateliers de Touring prêtes à être livrées directement aux clients.

 

 

Les lignes de l’Hudson Italia lui confèrent une allure sportive, une impression renforcée par ses roues à rayons fabriquées par Borrani et qui sont fixées par écrou papillon central sur des moyeux à cannelures. Pour faciliter l’entrée des passagers dans l’habitacle, de façon originale, l’ouverture des portières empiète sur le toit. L’Hudson Italia dispose d’un large pare-brise enveloppant et les prises d’air sur les ailes avant sont destinées à ventiler les freins.

 

 

A l’intérieur, les sièges anatomiques sont les premiers signes d’une recherche ergonomique dans l’automobile avec des dossiers aux retours latéraux pour un meilleur maintien et l’utilisation de trois densités différentes de mousse étudiées pour les endroits du corps qu’ils doivent soutenir.

 

 

La mécanique de l’Italia prend appui sur un châssis d'Hudson Jet. Le 6 en ligne à soupapes latérales de 3,3 litres est équipé d’une admission à deux carbus Twin H-Power. Il développe 115 ch pour mouvoir les 1 220 kg de l'italo-américaine au-delà de 145 km/h et d’atteindre les 96 km/h en 14,5 s.

 

 

La commande initiale de Hudson auprès de Touring portait sur une série de 26 voitures. Il n'y en a pas eu d'autre. Malgré une excellente critique internationale, il s’avéra très difficile de convaincre les acheteurs de s’offrir une Italia aussi chère dans une conjoncture aussi néfaste pour le constructeur de Detroit. L’Italia s’affichait à 4 800 dollars, tarif à comparer aux 3 526 dollars d’une Chevrolet Corvette. A cette époque, les comptes de Hudson étaient déjà dans le rouge. En avril 1954, la compagnie fondée en 1908 passait sous le contrôle de Nash pour former AMC.

 

Présentation de l'Hudson Italia au Salon de Turin
Photo : Jill Reger