Hotchkiss Grégoire (1951-1954)

Crédit Photos de l'article : http://www.hotchkiss-gregoire.com

 

Publié par Philippe Baron le 18 janvier 2013.

 

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le constructeur français Hotchkiss, malgré un passé riche et glorieux, se débat dans les pires difficultés financières. Lorsque l’ingénieur Jean Albert Grégoire réussit à séduire l’honorable firme avec son beau projet d’un modèle original et intelligent, la maison de Saint-Denis y voit alors la voiture providentielle, celle qui lui permettrait de retrouver son rang dans le monde automobile.

 



 

En 1943, l’ingénieur Grégoire, l’un des grands chercheurs en matière de traction avant avec sa Tracta du début des années 30, entame son programme R, un projet financé par l’Aluminium français. La Grégoire comporte une carcasse en alliage léger coulé sur laquelle vient s’accrocher à l’avant et en porte-à-faux un 4-cylindres de 2 litres de cylindrée à plat refroidi par eau et, à l’arrière un châssis tubulaire entretoisé. Avec un rapport volumétrique de 7 et une alimentation par un gros carburateur double corps Solex, la puissance atteint 65 ch à 4 000 tr/min pour la berline, 141 km/h maximum et, 74 ch à 4 200 tr/min sur la version « sport » avec une vitesse maximum de 150 km/h. Quant à la boite, elle offre quatre vitesses mais, curieusement, la surmultipliée n’est pas synchronisée. 

 

 

La carrosserie, également en alliage léger, a fait l’objet d’études aérodynamiques poussées pour obtenir un coefficient de pénétration dans l’air exceptionnel de 0.20. Les quatre roues sont indépendantes et la suspension avant et arrière est à flexibilité variable avec ses ressorts hélicoïdaux horizontaux et ses longues articulations.

 

Longueur : 4.65 m – Largeur : 1.75 cm – Empattement : 2.50 m – Hauteur : 1.56 m – Garde au sol : 0.21 m -

 

Malgré les louanges sur la qualité générale et les performances de la Grégoire, son prix de vente élevé refroidit les ardeurs. Il représente la valeur de 9 Citroën 2CV. Hotchkiss n’a pas les finances nécessaires pour faire des investissements industriels et réduire ainsi son coût de production. Les cadences de sortie sont tellement réduites qu’en novembre 1954, est signé l’arrêt définitif de la fabrication. Au sein des ateliers de Saint-Denis, auront été produites 239 berlines, 4 modèles coach et 4 modèles cabriolet, ces deux versions construites dans l’atelier du carrossier de Levallois, Henri Chapron. Cette aventure aggrava les difficultés financières d'Hotchkiss et peu après la fusion avec Delahaye la même année, Hotchkiss abandonnera la construction de voitures de tourisme

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