Ford Taunus 17M (P3) (1960–1964)

 

Publié par Philippe Baron le 2 novembre 2013.

 

Présentée in extremis, deux jours avant la fermeture du Salon de Paris 1960, la nouvelle Ford Taunus prend le nom de P3, étant la troisième voiture lancée par la branche allemande après la guerre sous le nom de Ford Projet 3. Avec ce nouveau modèle, Ford-Cologne change réellement de génération avec une voiture au style novateur à bien des points de vue : larges surfaces vitrées, phares ovales, pare-chocs à extrémités concaves à l’avant, et à l’arrière, flancs lisses sans la moindre moulure décorative.

 


 

Crée en 1939 en Allemagne, la Ford Taunus emprunte le nom d'un massif montagneux près de Francfort et Wiesbaden. Sa production, interrompue en 1942 par la seconde guerre mondiale, reprendra en 1948. Dès 1952, toute la production Ford  Allemagne prend le nom de Taunus, en utilisant des dénominations différentes, un chiffre qui donne une idée de la cylindrée et la lettre M fait référence à Meisterstück, en français « chef-d’œuvre ». Les 12M et 15M constituent l’entrée de gamme et  les 17M, 20M et 26M, le milieu de gamme. 

 


 

La Taunus de la génération P 3 tranche radicalement par rapport aux modèles qui l’ont précédée. Son design est signé Wesley P. Dahlberg, sous la direction du chef du bureau Uwe Bahsen, talentueux designer allemand, qui travaillera pour Ford Europe jusqu’en 1986 et participera aux projets des Ford Capri, Escort, Sierra et Scorpio. A sa sortie, la presse de l’époque utilisa pour désigner son allure le sobriquet ‘badewanne’, soit ‘baignoire’, ce qui, fort heureusement, ne ternira pas la carrière de la P13.

 


 

La plate-forme de la nouvelle 17 M reste à peu de choses près la même que celle du modèle précédent, avec des suspensions classiques (ressorts à lames et essieu arrière rigide). La nouvelle gamme se compose de deux berlines de 4.45 m – 2 ou 4 portes – et d’un très élégant break (baptisé « Turnier » en Allemagne) caractérisé par ses feux arrière disposés au-dessus du hayon, dans le prolongement du pavillon. Le Service des Mines ne l’entendra pas de cette oreille et, pour évoluer sur nos routes, le break devra arborer deux feux rapportés sur les côtés…A noter que le carrossier allemand Karl Deutsch réalisa un intéressant et rarissime cabriolet dès 1961.

 


 

Très vite, la nouvelle Taunus rencontre le succès aussi bien en Allemagne qu’à l’exportation. Trois versions du 4-cylindres en ligne sont proposées. La 17 M de base utilise le 1.5 l de 55 ch Din, poussé à 60 ch pour la 17 M Super, tandis que la version 17 M TS utilise une cylindrée d’ 1.7 l de 70 ch. Les vitesses maximales s’étalent entre 132 km/h et 145 km/h. Les freins seront à tambours à l’avant jusqu’en 1962 avant de recevoir des disques, les freins arrière resteront à tambours. Au niveau transmission, boîte 3 ou 4 vitesses, toutes synchronisées, avec en option, l’embrayage automatique Saxomat sauf sur la TS.

 


Scan : Alden Jewell

 

Grâce à la génération P 3, la Taunus s’est imposée sur le marché européen des voitures de moyenne cylindrée. En France, elle sera même la voiture étrangère de sa catégorie la plus vendue en 1961-62. Au total, lorsque la P3 s’efface fin 1964 au profit de la nouvelle génération P5, 669 731 exemplaires auront été vendus.

 


Illustration : Walter Gotschke