Ferrari 365 GTB - GTS/4 Daytona (1968-1973)

Photos : Tom Wood, RM Auctions

 

Publié par Philippe Baron le 6 janvier 2016.

 

Officiellement baptisée 365 GTB/4 lors du Salon de l’automobile de Paris de 1968, la Ferrari ajoute à son patronyme ‘Daytona’ pour commémorer la victoire de la marque italienne en 1967 dans cette légendaire course de Floride où les prototypes 330 P4 se sont classés aux trois premières places. Conçue par Pininfarina avec un moteur avant central, la super car vient concurrencer la Miura de Lamborghini à moteur central.

 

 

Lorsqu’en 1966, Ferruccio Lamborghini sort sa légendaire Lamborghini Miura, son moteur V12 central-arrière transversal révolutionne le monde des GT. Le succès de ce modèle pique au vif Enzo Ferrari qui ne tarde pas à répliquer avec sa nouvelle 365 GTB/4 Daytona à moteur V12 avant. Ce modèle assure la succession de la 275 GTB/4, comme elle, voiture de conception classique, berlinette à moteur avant, conformément à la vision d'Enzo Ferrari pour une automobile de sport. 

 

 

Pininfarina a réussi un design particulièrement racé, très évocateur de puissance et d’agressivité. La voiture reprend la silhouette de la 275 GTB/4 avec plus de force et de sensualité et une surface vitrée en sensible progrès. Son long capot semble s’étirer à l'infini et sa proue est ceinturée d'un bandeau en perspex accueillant quatre phares apparents. Les nouvelles roues en étoile à cinq branches sont chaussées de pneumatiques Michelin, une première pour Ferrari et le début d'une longue collaboration entre Maranello et la marque française. Pour le marché américain, le bandeau en perspex est remplacé par des phares amovibles.

 

Photos : Roman Ratzke, RM Auctions

 

Fabriquée par Scaglietti, la Daytona est construite sur un châssis tubulaire fait de tubes ovales. Son empattement de 2,40 m est identique à celui de la 250 GT et de la 275 GTB. Elle emprunte également à cette dernière l'architecture à moteur avant avec l'ensemble boîte de vitesses-pont implanté à l'arrière. Alimenté par six carburateurs Weber double corps, le V12 développe 352 ch à 7 500 tr/mn, soit vingt chevaux de plus que la mécanique de même cylindrée montée sur les 365 GT 2 + 2 et 365 GTC (qui ne dispose que d'un seul arbre à cames en tête par rangée de cylindres). La vitesse frôle les 280 km/h et le kilomètre départ arrêté est abattu en 24,3 secondes.

 

 

La Daytona n’est commercialisée qu'au milieu de 1969, le temps de parfaire sa mise au point. Elle ne subira que peu de modifications au cours de sa carrière, la principale intervenant en 1971 : toutes les Daytona recevront alors les phares rétractables des  modèles destinés au marché américain.

 

Photos : Khiem Pham, RM Auctions

 

La Daytona doit aussi sa célébrité à sa participation au Cannonball Run, compétition automobile organisée en 1971. Pilotée par Dan Gurney, vainqueur des 24 Heures du Mans, et par le journaliste Brock Yates, la voiture effectue en moins de 36 heures le trajet reliant New York à Los Angeles. Sa vitesse moyenne était de 128 km/h et, selon Gurney, les pilotes n’ont jamais dépassé les 280 km/h. Chiffres de production : 1 284 unités pour la version Coupé et 122 pour la version Cabriolet (GTS), soit un total de 1 406 exemplaires produits.

 

Photos : Darin Schnabel, RM Auctions
Photos : Theo Civitello, RM Auctions