Ferrari 330 GT 2+2 (1964 - 1967)

1965 Ferrari 330 GT 2+2 Series I Pininfarina - Photos : RM Auctions

 

Publié par Philippe Baron le 7 novembre 2014.

 

La Ferrari 250 GTE, produite de 1960 à 1963, est la première automobile 2+2 du constructeur italien. Mais malgré son succès, elle est considérée trop « sage » et trop peu puissante. Ferrari décide alors de développer un modèle palliant ces critiques, et la dénomme 330 GT car sa cylindrée unitaire passe de 250 cm3 à 330 cm3. 

 

Enzo Ferrari et son chien

Présentée à un petit nombre de journalistes le 11 janvier 1964 à Maranello lors de la conférence de presse annuelle précédant le début de la saison en compétition, puis au public au Salon automobile de Bruxelles, la 330 GT 2+2 se distingue par son dessin, nettement plus agressif et plus affirmé. Fruit du travail de Tom Tjaarda, la 330 GT 2+2 est le premier modèle dessiné par l’américain pour le compte de Pininfarina.


Photos : Pawel Litwinski, RM Auctions

 

La 330 GT 2+2 naît dans un contexte historique très favorable : pour la première fois de son histoire, en 1964, Ferrari réalise un doublé aux 1 000 kilomètres du Nürburgring et remporte également les trois premières places aux 24 Heures du Mans. Il en ressort que « la domination technologique et sportive de Ferrari est absolue puisque aucune marque n'a plus jamais dominé à ce point à la fois en Sport-Prototypes et en Grand Tourisme ».

 

Photos : Bonhams

 

La difficulté pour Pininfarina était de concevoir une automobile au dessin évocateur d'une certaine sportivité tout en préservant un habitacle à quatre places. Ce défi ayant été relevé pour la 250 GTE, c'est donc tout naturellement que la 330 GT, en reprend les principaux traits. Le dessin plongeant des vitres latérales notamment, permet de diminuer l'impression de berline, induite par la ligne de toit horizontale. Seul le dessin de la poupe et de la proue diffère sensiblement, à l'image des feux en amandes placés horizontalement à chaque extrémité du coffre.

 

Photos: Bonhams
1965 Ferrari 330 GT 2+2 Series I Pininfarina - Photos : RM Auctions

 

La proue de la 330 GT marque notamment un tournant stylistique dans la gamme Ferrari. Bien que déjà employés sur la Ferrari 400 Superamerica Superfast IV, les blocs optiques se composent de doubles phares, une configuration importée d'outre-Atlantique et très tendance à l’époque. Leur dessin étant accueilli diversement lors de sa présentation au public, Pininfarina décide finalement en 1965, d'adopter un style plus conventionnel avec deux phares ronds. 

 

 

Les jantes à rayons en aluminium poli au papillon central chromé, dessinées par Borrani, confèrent une « distinction rare » à la 330 GT 2+2. Proposées de série sur la première version de la 330 GT, elles ne seront en revanche disponibles qu'en option sur la Série II et seront remplacées de série par des jantes en fonte d'alliage léger. Comme pour la 250 GTE, les flancs avant de la 330 GT sont ajourés par, dans un premier temps, onze fentes étroites, avant d'être remplacées en 1965 par trois larges ouvertures suggérant des ouïes de requin.

 

1966 Ferrari 330 GT 2+2 - Photos : Gooding & Company

 

L'habitacle est plus vaste que celui de la 250 GTE puisque l'empattement est allongé de 50 cm pour atteindre 2 650 mm ce qui permet d'offrir 10 cm supplémentaires pour les jambes des passagers arrière. La planche de bord reprend un dessin classique habillé de cuir noir et de bois dont les cadrans sont cerclés d'un plastique noir. Le levier de vitesse abandonne la grille de sélection habituelle des modèles de Ferrari, caractéristique pour le son qu'elle émet lors du passage d'un rapport, au profit d'un soufflet en cuir. Ce choix résulte de la volonté de Ferrari de présenter une 330 GT aussi bourgeoise et confortable que sportive.

 

 

La 330 GT 2+2 est mue par une version remaniée (Tipo 209) du moteur V12 de la Ferrari 400 Superamerica d'une cylindrée de 3 967 cm3 (alésage/course de 77 mm ×71 mm). La distribution est assurée par quatre arbres à cames en tête, soit deux par banc de cylindres. Alimenté par trois carburateurs Weber double corps 40DCZ/6, il développe 300 ch à 6 600 tr/min pour un couple « solide » de 390 Nm dès 5 000 tr/min (taux de compression de 8,8:1). Le refroidissement du moteur est lui revu en profondeur. Le bloc tout aluminium est allongé pour permettre une meilleure circulation de l'eau et une nouvelle pompe à eau, entraînée par courroie, lui est associé.

 

Photos : Glenn Zanotti, RM Auctions

 

Le moteur de la 330 GT Série I est initialement associé à une boîte de vitesses manuelle 4 rapports, dont le dernier est en prise directe, à overdrive Laycock de Normanville à enclenchement électrique. En 1965, la Série II inaugure une nouvelle boîte entièrement synchronisée à 5 rapports. Dans les deux cas, la vitesse maximale annoncée est toujours de 245 km/h. Autre nouveauté technique, un alternateur de 40 ampères remplace la dynamo.

 

 

La Ferrari 330 GT 2+2 s'équipe d'un système de freinage inédit. Les quatre freins à disques développés par Dunlop sont disponibles de série, et sont abrités de la pluie pour éviter les pertes d'adhérence entre les plaquettes de freins et les disques. Les circuits hydrauliques avant et arrière sont indépendants et disposent chacun de leur propre servofrein, de leur maître-cylindre et de leur réservoir. L'amortissement de l'automobile est réalisé par un essieu arrière rigide, suspendu par des ressorts à lames semi-elliptiques longitudinaux et des ressorts hélicoïdaux avec amortisseurs télescopiques. Les roues avant sont indépendantes. Le poids de la voiture, très raisonnable de 1 400 kg, est du notamment par l'utilisation d'une structure tubulaire en acier constituée de tubes de section ovale soudés électriquement avec le moteur fixé dessus en quatre points. La 330 GT 2+2 effectue le 1 000 m départ-arrêté en 28 secondes tandis que le 0 à 100 km/h est atteint en 7,5 s. 

 

 

La production de la 330 GT 2+2 prend fin en 1967 avec le lancement de la 365 GT 2+2. 1 088 exemplaires seront écoulés en quatre ans dont 628 pour la Série I à double phares, confirmant l'engouement croissant des clients pour les configurations 2+2. 

 

1967 Ferrari 330 GT 2+2 Series II - Photo : RM Auctions
1966 Ferrari 330 GT 2+2 Series II - Photo : Gooding & Company