Ferrari 250 GTO (1962-1964)

Ferrari 250 GTO 1962 de Ralph Lauren

Publié par stubs-auto le 17 juillet 2012.

 

Considérée comme la quintessence des Ferrari, la 250 GTO est désormais la voiture la plus recherchée. Sa valeur est phénoménale au point d’être devenue quasiment inestimable. Seuls, 39 exemplaires (chiffre officiel) furent produits, dont la moitié en 1962. Symbole du mythe Ferrari, elle est le monstre sacré par excellence, le chef d’œuvre dans toute sa plénitude. Pour comprendre la naissance de la 250 GTO, il est indispensable de faire un bref retour en arrière. 


En 1955, après le terrible accident des 24 heures du Mans qui avait entrainé la mort d’une centaine de spectateurs, les autorités sportives prirent des mesures pour éviter pour qu’une telle catastrophe ne se reproduise. Parmi diverses décisions, il fut admis que les voitures de sport engagées dans les courses d’endurance seraient non plus des évolutions de voitures de Grand Prix à deux places mais des modèles dérivés de voitures commercialisées, notamment celles de Grand Tourisme. En 1956, les courses de GT commencèrent à prendre un certain essor. Encouragée par ce développement, la FIA. (Fédération Internationale de l’Automobile) décida de créer en 1962, une nouvelle discipline : le Championnat du Monde des Voitures de sport

Ferrari 250 GT SWB 1959 Ferrari 250 GT SWB 1959

Pour prétendre s’aligner dans ces épreuves, les constructeurs ne pouvaient engager qu’un véhicule homologué, c’est-à-dire un modèle produit à au moins 100 exemplaires. A l’orée de la saison 1962, Ferrari avait fabriqué 135 ‘250 GT’ châssis court ou SWB (short wheelbase) : 74 étaient répertoriés comme voitures de course et 89 comme versions routières. Présentée comme une évolution de la 250 GT SWB, la 250 GTO fut donc homologuée bien que très différente, en particulier au niveau du châssis. La ‘250 Gran Turismo Omologato’ venait de naître.

 

Contrairement à la plupart des Ferrari, la ‘250 GTO’ ne fut pas conçue par un seul individu ou par une entreprise de design. L'ingénieur en chef Giotto Bizzarrini a pris le châssis de la 250 GT SWB et l'a associé au moteur V12 3,0 L de la 250 Testa Rossa des années cinquante. Après que Bizzarrini et la plupart des ingénieurs de Ferrari aient été licenciés à la suite d'une dispute avec Enzo Ferrari, la mise au point a été confiée au nouvel ingénieur Mauro Forghieri et au designer Sergio Scaglietti. L'admirable carrosserie a été dessinée à partir du travail de Bizzarrini et Scaglietti puis affinée après des essais dans la soufflerie de l’université de Pise dans le but d’obtenir la meilleure vitesse de pointe possible, notamment dans la ligne droite des Hunaudières au Mans.

 

La GTO connut immédiatement le succès en compétition. Au final, la GTO permit à Ferrari de remporter trois années d'affilée, 1962, 1963 et 1964, le championnat du meilleur constructeur au monde. Comme sur toutes les voitures de petite série destinées à la compétition, les différences furent nombreuses d’un modèle à l’autre. La plus notable concerna la version 4 litres qui disposait de 390 ch à 7 500 tr/mn. Seulement 3 unités de ce type furent construites, se distinguant par un renflement sur le capot.

Ferrari 250/330 GTO

En 1964, pour que la 250 GTO reste compétitive face à des voitures récentes telle la Cobra Ford Daytona, Ferrari dut modifier la dimension des roues et des pneus. Cela impliqua un nouveau dessin des ailes et des passages de roue qui modifia sensiblement les lignes originelles, plus larges et plus basses. Avec son capot nettement plus profilé, son pare-brise plus incliné pour améliorer l’aérodynamique et son pavillon de toit raccourci, ce modèle équipé du 3 litres de 300 ch, ne fut construit qu’à 3 exemplaires.

Châssis 4091 GT : Cette Ferrari est livrée en novembre 1962 à Sergio Bettoja. Fin 1963, appartenant à la Scuderia San Ambreus, l'auto reçoit une nouvelle carrosserie dans le style du modèle 1964. Elle s'illustrera en courses de côte en Italie.

La faible production a permis à Ferrari d’être très sélective sur les acheteurs potentiels. En étant dans les bonnes grâces d'Enzo Ferrari lui-même, ou de son ambassadeur nord américain Luigi Chinetti, on pouvait avec 18 000 dollars (dollars du début des années 1960 soit environ 140 000 dollars en 2012) acheter la meilleure GT de course disponible à l’époque.



Peinte en vert à sa sortie d'usine, disposant d'un poste de conduite à droite, elle est destinée à Stirling Moss mais sera essentiellement pilotée par Innes Ireland qui la mène à la victoire à Goodwood en août 1962.

À la fin des années 1960 et au début des années 1970, l’attrait pour les performances de la 250 GTO et d’autres Ferrari rares a rapidement fait augmenter leur valeur sur le marché. Comme l’industrie automobile devait se conformer à de nouvelles réglementations et se questionnait sur des décisions marketing, les performances inégalées de la 250 GTO lui conférèrent un nouveau pouvoir d'attraction. Il y avait également un changement dans la façon de considérer cette voiture : au lieu de la considérer comme une ancienne mais attachante voiture de course, des collectionneurs de renom (dont Ralph Lauren) ont commencé à voir dans la 250 GTO une sorte de voiture de grand art.La mentalité d’investissement a atteint un sommet incroyable à la fin des années 1980. La valeur marchande de voitures de luxe, particulièrement des Ferrari, s'est envolée, la 250 GTO étant l’exemple le plus représentatif de la marque, le prix de ces voitures a atteint des sommets. Ce phénomène de hausse des prix fut particulièrement marqué en 1988, lors du décès d'Enzo Ferrari, fondateur de la marque au cheval cabré. Une de ces 250 GTO, a été vendue aux enchères en 1989 environ 9 millions de dollars, soit environ 57 millions de francs, ce qui était exorbitant à l’époque. En 2008, la côte se situe entre 15 et 20 millions de dollars selon le palmarès et l'historique de l'exemplaire.

Lorsque cela s'avérait nécessaire, les trois trappes placées à l'avant du capot pouvaient être ouvertes pour améliorer le refroidissement du moteur.

Le fort attrait et la rareté de la voiture ont entraîné un nombre important de fausses 250 GTO basées sur des châssis Ferrari plus communes ou sur des Datsun Z. Il y a actuellement beaucoup plus de répliques que d'originales 250 GTO. À un niveau plus bas, des copies d'actes de ventes de voitures d’origine, réalisés par des gens peu scrupuleux mais aussi des copies des voitures d’origines, ont été rapportés. Bien qu’il ne l’ait pas vendue, un exemple flagrant fut celui du Britannique Charles Brocket, qui a fait passer sa 250 GTO pour une originale alors qu’il s’agissait d’une réplique. Cela ne fut révélé que lors d’une fraude à l’assurance en 1996.Parmi les possesseurs de Ferrari 250 GTO on peut notamment citer le célèbre batteur Nick Mason, du groupe britannique Pink Floyd, le couturier américain Ralph Lauren, le PDG de Wal-Mart S Robson Walton, le PDG coréen de Samsung, Lee Kun-hee, l'acteur de cinéma Nicolas Cage. Un collectionneur japonais en posséda quatre exemplaires entre 1996 et 2000.


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