Reyonnah (1950-1954)

1953 Reyonnah - Photos : Artcurial

 

Publié par Philippe Baron le 6 février 2014.

 

Mieux que le scooter, un ingénieur français invente la voiture pliante, la Reyonnah. Ce concept « passe-partout » conçu par Robert Hannoyer est la grande curiosité du Salon Automobile de Paris de 1950. Pas besoin de permis pour se mettre au volant de cette sacrée innovation dont les roues avant sont montées sur parallélogramme. Elles s'écartent pour rouler et se rapprochent à l'arrêt pour prendre moins de place. Le carnet de commandes indique que la Reyonnah est promise à un bel avenir.

 

 

A la fin des années 1940, Robert Hannoyer, installé au 59 de la rue Saint-Antoine à Paris, se lance dans la fabrication d'un microcar économique qui pourra résoudre les problèmes de parking. Ce véhicule  sera capable de trouver sa place dans la maison, au même titre qu'une moto, grâce à son ingénieux dispositif de roues avant pliables. Deux prototypes seront réalisés dans son garage de réparations de la porte Champerret.  Sans dessin, il façonne une élégante carrosserie. Le véhicule offre la particularité de réduire la voie avant, passant ainsi de 1,45 m, à 0,75 de largeur. C'est une deux places, une à l'avant, l'autre à l'arrière, propulsée par deux types de motorisation un moteur Ydral de 175 cm3, ou un AMC de 250 cm3, pouvant, selon la notice, atteindre 100 km/heure. Elle consomme 3,5 l/ 100 km à vitesse stabilisée. Une fois terminée, il lui attribue son nom prononcé à l'envers, Reyonnah.


 

Sur son stand au Salon de l'Auto de Paris 1950, la voiture remporte un grand succès.  Des commandes sont prises, la presse signe des essais élogieux et la version à coque en Duralinox (prototype n°1) établit plusieurs records dont un à Montlhéry. La voiture participe même à plusieurs concours d'élégance, dont celui d'Enghien-les-Bains avec l'actrice Paulette Dubost et sa fille Christiane. Le constructeur décentralise la production de la Reyonnah avenue Maunoury à Blois. Hélas, des problèmes de logistique viendront à bout de ce projet. Seule, une quinzaine de véhicules sortiront des ateliers blésois. Cruel destin, la société des véhicules Reyonnah ferme ses portes en 1954.