Delahaye Type 235 (1951-1954)

Delahaye 235 M Chapron Cabriolet

 

Publié par Philippe Baron le 18 septembre 2014.

 

Baroud d’honneur de la marque française Delahaye, la 235 de 1951 sera la dernière représentante d’une lignée de voitures prestigieuses qui se sont illustrées avant-guerre aussi bien en compétitions que dans des concours d’élégance. Au lieu d’adapter ses produits au contexte d’austérité de l’après-guerre, Delahaye avait fait le mauvais choix de s’en tenir à son domaine d’expertise : les voitures de luxe. Ce qui lui sera fatal.

 

Delahaye 235 MS Chapron Coupe

 

La vénérable firme Delahaye, enfermée dans une tradition artisanale et un savoir-faire maintenant dépassés, s’accroche à son glorieux passé et ne s’est pas encore résolue à adopter de nouvelles méthodes de fabrication. Néanmoins, la firme fragilisée financièrement comme les autres marques de prestige au sortir de la Seconde Guerre mondiale, compte à nouveau séduire avec le Type 235 présenté au Salon Automobile de Paris en 1951. Ce modèle carrossé par Letourneur et Marchand obtiendra le Grand Prix de l’exposition décerné par la société d’encouragement à l’art et à l’industrie automobile.

 

 

Delahaye reste fidèle à ses solutions obsolètes mais tenaces comme le lourd châssis des années trente, une mécanique ancestrale, l’absence de carrosserie « usine », les freins à câbles ou encore le volant à droite, caractérisant les véhicules de grand luxe. Le Type 235 est bien évidemment dérivé du Type 135. Le moteur est le vieux 6-cylindres en ligne de 3 557 cm3 qui, agrémenté de nouvelles culasses et un arbre à cames modifié, a permis de faire grimper la puissance de 130 à 152 ch à 4 200 tr/mn. Il est alimenté par trois carburateurs inversés Solex 40. D’un poids de 1 500 à 1 600 kg suivant la carrosserie choisie, la 235, de 5.10 m de longueur et 1.85 m de largeur, dépasse les 170 km/h. La transmission reste la boîte de vitesses électromagnétique Cotal à 4 rapports, tandis que la direction est améliorée grâce à l’adoption d’un système à vis globique et galet.

 

 

Le prototype de la 235 a été réalisé par le carrossier italien Motto en suivant les lignes dessinées par Philippe Charbonneaux. La particularité du modèle demeure cette large calandre ovale divisée en son milieu et striée de trois barres horizontales chromées. Tous les châssis nus, sans exception,  sortent de l’usine Delahaye, située rue du Banquier dans le XIIIe arrondissement de Paris pour les ateliers de célèbres carrossiers installés dans la banlieue parisienne comme Chapron à Levallois qui réalisera la majorité des carrosseries, Letourneur et Marchand à Neuilly, Antem à Courbevoie, ou encore Faget et Varnet, Figoni et Falaschi, ainsi que Saoutchik.

 

 

La Delahaye 235, en raison de sa production artisanale, était vendue à un prix prohibitif. En 1954, un coupé réalisé par Henri Chapron coûtait 2 780 000 francs soit trois fois plus cher qu’une Citroën Traction 15 – Six. Le type 235 ne sera produit qu’à 84 exemplaires. La marque Delahaye disparaît en juin 1954. Elle est rachetée par la société Hotchkiss, qui, à son tour, abandonnera la fabrication d’automobiles particulières en 1955.

 

1952 Delahaye 235 MS Chapron - Photos : Retrolegends.nl
Delahaye 235 M Pillarless Ghia - Photo : Darin Schnabel
1953 Delahaye 235 Chapron - Photos : Yves Rebet