Delage Type R (1910-1913)

Publié par stubs-auto le 21 septembre 2012.

 

Avant la première guerre mondiale, Delage se bâtit une flatteuse réputation par le soin apporté à la fabrication de ses voitures qui se démarquent déjà des autres modèles populaires de l’époque. La voiturette Type R de 1910 témoigne de cette qualité supérieure et laisse présager l’inscription du nom Delage au panthéon des voitures de prestige.

Avant la première guerre mondiale, Delage se bâtit une flatteuse réputation par le soin apporté à la fabrication de ses voitures qui se démarquent déjà des autres modèles populaires de l’époque. La vo Delage Type R 1911. Carrosserie torpédo 2 places avec siège d’appoint. Longueur : 3.52 m et largeur : 1.48 m.

Louis Delage commence sa carrière professionnelle à la Compagnie des Chemins de Fer de l'Etat comme surveillant de travaux mais cet ingénieur des Arts et Métiers d'Angers est plus intéressé par les automobiles que par les trains et ouvre en 1900 un bureau d'études, réalisant quelques sous-traitances pour des constructeurs automobiles dont Peugeot, qui séduit par ses compétences, l'engage en 1903 et le nomme chef d'études et des essais à sa Direction Générale, située à cette période à Levallois-Perret. Il se lie très vite d’amitié avec Auguste Legros, un ancien technicien de chez De-Dion-Bouton et Daimler. Très vite, les deux hommes qui rêvent d'indépendance s’associent le 10 janvier 1905 pour fonder la société Delage & Cie. Un modeste atelier est loué au mois de juin, rue de Cormeilles, à Levallois-Perret et quelques machines-outils sont achetées. Comme pour les innombrables constructeurs de cette époque, l’assemblage constitue à utiliser des moteurs fabriqués par des firmes à la réputation acquise comme De-Dion-Bouton, Daimler, Ballot et Chapuis-Dornier.

 

La jeune marque réussit un tour de force en concevant deux châssis en moins de six mois pour être présentés en décembre au Vème Salon de l'Auto. Il s'agit des Types A et B, deux châssis qui peuvent être équipés des moteurs De Dion-Bouton de 9 et 4 1/2 HP. Suivi du Type D équipé d'un moteur monocylindrique, également fourni par De Dion-Bouton, mais cette fois d'une puissance intermédiaire de 6 HP, plus adaptée aux attentes du public. Déjà, ces voitures se caractérisent par le soin extrême apporté à leur réalisation et par leur silence de fonctionnement, une qualité encore rare à cette époque et qui donnera à la firme son slogan quelques années plus tard « Silencieuse, elle passe : c’est une Delage ». Les éloges de la presse pour ces premières réalisations se traduisent vite par un afflux de commandes et une importante rentrée d'argent qui permettra à la préparation de deux voitures de course. Elles seront alignées à la Coupe des Voiturettes 1906, une épreuve au cours de laquelle elles se distingueront brillamment.  Les retombées sont à nouveau de nouvelles commandes et une trésorerie florissante qui va ainsi permettre à l’entreprise d’investir au début de 1907 dans un vaste terrain de 3.000 m2, rue Baudin, toujours situé à Levallois-Perret pour la construction d’une usine des plus modernes. Henri Davène de Roberval, administrateur de la firme Malicet et Blin qui fournit à Delage ses châssis, devient le commanditaire principal de la société. Ses capitaux sont immédiatement utilisés pour accroître l'outillage et les capacités de production de la nouvelle usine. 

La Delage Type R est motorisé par un 4-cylindres en ligne Ballot type 4G 4 en position longitudinale, d’une cylindrée de 1 456 cm3, d’une puissance de 8/10 ch à 1 200 tr/min. Vitesse maximale de 60 km La Delage Type R est motorisé par un 4-cylindres en ligne Ballot type 4G 4 en position longitudinale, d’une cylindrée de 1 456 cm3, d’une puissance de 8/10 ch à 1 200 tr/min. Vitesse maximale de 60 km/h environ.

 

L’objectif du service course de Delage pour la saison 1908 est le Grand Prix des Voiturettes de l'ACF qui se dispute à Dieppe. Louis Delage fait ainsi appel à l'ingénieur Némorin Causan pour la réalisation des moteurs. Mais des retards dans leur mise au point contraindront la société à faire appel, une fois de plus, à De Dion-Bouton bien que Causan affirme tenir les délais. Finalement une seule voiture Delage sera équipée du moteur monocylindre Causan, qui, pilotée par Albert Guyot, s'imposera dans l'épreuve à plus de 80 km/h de moyenne. Les deux autres voitures, équipées du moteur De Dion-Bouton deux cylindres, ne pouvant faire mieux que 5ème et 12ème, ce qui permet néanmoins à la firme de remporter également la Coupe Régularité. Cette victoire aura cependant un goût amer pour le pauvre Némorin Causan. Quelques instants avant l’arrivée, le marquis Albert de Dion était venu en personne demander à Louis Delage d’affirmer à la presse que ses voitures étaient toutes équipées du moteur De Dion-Bouton en échange d'une remise sur la livraison des prochains moteurs ! Les contreparties financières seront bien évidemment privilégiées et vexé, Némorin Causan quittera la firme. Plus heureux, le pilote Albert Guyot quittera son garage d'Orléans pour devenir pilote officiel Delage. 

 

Progressivement, la notoriété de Delage s’installe en France mais Louis Delage réalise que pour rivaliser avec les grandes marques de l'époque, il lui est impératif de fabriquer entièrement ses modèles, notamment le moteur. Au contrat qui le lie avec De Dion-Bouton s'ajoute alors un second avec Maurice Ballot, fabricant de moteurs marins réputés et auteur d'un excellent quatre cylindres, l'accord prévoyant, de plus, la fabrication du modèle 10 HP dans les usines Delage. C'est ainsi qu'après le Type E 8 HP de 1907, remplaçant du Type D, le catalogue s'étoffe en 1909 d'un nouveau châssis, désormais intégralement assemblé à l'usine, référencé Type R, T ou U, selon qu'ils sont équipés du moteur mono 8 HP De Dion-Bouton, du quatre cylindres 8 HP Ballot, ou du quatre cylindres 10 HP "maison". 

 

Ces nouveaux types permettent à Delage de prospérer encore et encore. Aussi au début des années 10, Louis Delage achète un immeuble et un garage boulevard Péreire, à Paris, où s'installent le service commercial ainsi qu'un atelier de réparation et le service de pièces détachées. Puis, début 1912, il fait l’acquisition d’un terrain de 26.000 m2 à Courbevoie sur lequel s'érigera une immense usine. Début 1913, l'usine de Levallois est vendue, celle de Courbevoie est entièrement opérationnelle et marque la nouvelle orientation commerciale de Louis Delage qui désire diversifier la gamme pour s'attaquer principalement au marché de la voiture de luxe grâce aux énormes moyens techniques dont il dispose désormais. 

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