Les Coupé Delage D8-120 par Pourtout (1937-1938)

 

Publié par Philippe Baron le 27 décembre 2011.

 

En 1936, Delage présente un nouveau modèle, la D8-120. Plusieurs carrossiers, dont deux français, Pourtout et Chapron vont assurer le succès de ce nouveau véhicule. Présenté au salon automobile en 1937, le coupé Pourtout est dessiné par Georges Paulin, aérodynamicien autant que styliste, dont le style se caractérise par un dépouillement et une harmonie des proportions. 

 

 

Suite au contrecoup de la crise économique de 1929, les fabricants de voitures de luxe sont fragilisés et subissent des méventes inquiétantes. Louis Delage entreprend néanmoins un vaste effort de renouveau technique, aidé par un groupe de concessionnaires et de banquiers. Rien n’y fait : la situation commerciale et financière de la firme est durement secouée.

 

Les Coupé Delage D8-120 par Pourtout Photos : Ultimate Carpage
Louis Delage

Au Salon de l'auto 1932, arrive la D6-11, une 11 CV avec un petit 6-cylindres de 2 101 cm3, et un an plus tard la nouvelle Delage 8-cylindres : la D8-15 de 2 660 cm3. Ces deux modèles, équipés de roues avant indépendantes et d’un moteur à la technique innovante ne suffisent pas à freiner la chute des ventes. Les derniers modèles qui voient le jour à Courbevoie sont les D6-65, D8-85 et D8-105, eux aussi techniquement très intéressants (freins hydrauliques), et conçus par le brillant ingénieur Michelat. Rien n’y fait et les appuis de Louis Delage se dérobent les uns après les autres. La mise en liquidation volontaire de l’usine de Courbevoie est décidée le 20 avril 1935.  


 

Louis Delage ne voulant pas s’avouer vaincu, avait envisagé nombre de solutions pour sauver sa société dont les véhicules s’étaient si brillamment illustrés sur les circuits, et qui étaient réputés pour leur qualité de ses fabrications. Celles-ci vont reprendre grâce à un homme d’affaires britannique, Walter Watney, dont la société Autex, la plus grande concession Delage de la région parisienne, était installée Avenue Victor Emmanuel III, à Paris, un emplacement qui est maintenant occupé par le show-room d’Aston Martin. Il conclut avec la Société des Automobiles Delahaye une convention qui équivaut à une sorte de fusion et forme la  « Société Nouvelle des Automobiles Delage » à partir de la production Delahaye, le 18 septembre 1935.

 

 

La marque Delage est donc reprise par son concurrent Delahaye, et malgré l'adaptation de moteur Delahaye, pour des raisons évidentes de rationalisation de la production, elle parvient à conserver son caractère. Les châssis sont améliorés et tous ces efforts portent leurs fruits : Delage revient au sommet des grandes marques françaises à la fin des années 30.

 

 

En 1936, Delage présente un nouveau modèle, la D8-120. Plusieurs carrossiers, dont deux français, Pourtout et Chapron vont assurer le succès de ce nouveau véhicule. Présenté au salon automobile en 1937, le coupé Pourtout est dessiné par Georges Paulin, aérodynamicien autant que styliste,  dont le style se caractérise par un dépouillement  et une harmonie des proportions.

 

 

Le coupé Delage D8-120s Pourtout a été construit à 66 exemplaires dans plusieurs versions. Il est équipé d'un moteur 8-cylindres en ligne monté longitudinalement à l'avant et développant 120 chevaux. Sa cylindrée est de 4,8 litres. Le véhicule annonce une vitesse maximale de 160 km/h ce qui est considérable compte tenu de son poids important (1 980 kg).

 

 

En 1938, le carrossier de Rueil-Malmaison réalise un nouveau chef-d’œuvre qui sera présenté au 32ème Salon. Le style de ce coupé est dû à nouveau au responsable de la majorité des projets de Pourtout : Georges Paulin. Acheté quelques semaines plus tard par Mr. Destruel, négociant en vins dans la région de Bordeaux, le coupé subit quelques retouches à la demande du client qui va l’utiliser prudemment et la cacher pendant toute la durée de la guerre. On sait que la voiture sera vendue par la suite et ce n’est qu’en 1989 qu’elle réapparait dans un très piteux état : couché sur le flanc dans un champ de la campagne française. Acheté par un collectionneur Belge très consciencieux elle va retrouver ses caractéristiques d’origine et être présentée au Concorso d’Eleganza Villa d’Este en mai 2011.