De Dion-Bouton (1883-1932)

1927 De Dion - Bouton Type IW - Photo : Osenat

 

Publié par Philippe Baron le 22 janvier 2016.

 

En 1883, le comte nantais Jules-Albert de Dion (qui sera par la suite marquis), le fabricant de jouets scientifiques Georges Bouton et son beau-frère Charles-Armand Trépardoux fondent la marque de Dion-Bouton qui allait devenir une des plus célèbres de l'histoire de l'automobile. Les premiers véhicules sont à vapeur et dès la mise au point du fabuleux petit moteur monocylindre à grande vitesse de rotation, en 1895, la marque va prendre son essor et devenir une des références de la période fin XIX début XXème. 

 

1885 De Dion-Bouton & Trépardoux Dos-a-Dos Steam Runabout La Marquise

 

Les premiers tours de roues de la Marquise remontent à 1884. Longue de près de 3 mètres, La Marquise baptisée ainsi en l’honneur de la mère du comte pèse un peu plus de 950 kilos. Elle n’a pas de suspensions et ses roues métalliques sont entourées de bandes de caoutchouc. Beaucoup plus évolué que le tricycle, le véhicule possède deux roues motrices à l’avant de diamètre supérieure à celles des roues arrière qui sont directrices. Le véhicule de De Dion possède quatre places situées au-dessus d’un réservoir d’eau de 150 litres. Ce «carburant» transformé en vapeur dans la chaudière actionne les deux moteurs sous le plancher d’une puissance combinée de 2 ch à 5 200 tr/min. La transmission est assurée par une courroie qui lui permet d’avancer et de parcourir environ 30 kilomètres. Sa chaudière fonctionne au charbon et au bois et, il lui faut une bonne demi-heure pour atteindre sa température de fonctionnement. Ce quadricycle a servi à la première course de l’histoire de l’automobile organisée en 1887 par le journal Le Vélocipède consistant à un aller-retour ralliant Neuilly-sur-Seine et Versailles. La Marquise aurait été la seule «voiture sans chevaux» inscrite. Son pilote, Georges Bouton, remporta l'épreuve à la vitesse moyenne de 42 km/h et réussit même à faire des pointes à près de 60 km/h. Trépardoux, l’expert de la vapeur, quitta la firme en 1894, n’adhérant pas aux idées de De Dion et Bouton qui pensaient que le moteur à combustion à quatre temps, était le futur de l’automobile. 

 

1900 De Dion-Bouton 4 ½ CV Vis-à-Vis
Albert De Dion et Charles Trépardoux sur leur premier véhicule construit.

La première voiturette, un vis-à-vis appelé la petite voiture, voit le jour mi 1899. Celle-ci a une suspension innovante à pont De Dion inventée par la firme en 1893. Ensuite, ce système célèbre sera utilisé par de nombreux constructeurs. Le Vis-à-vis est la première automobile fabriquée en grand nombre avec 2 970 exemplaires sortis jusqu'en 1902, ensuite les modèles vont s'enchainer. En 1900, De Dion-Bouton est le plus grand fabricant d'automobiles du monde. La société produit quatre-cents voitures et trois mille deux-cents moteurs cette année-là, car De Dion-Bouton est aussi un fournisseur de moteurs pour plus de cinquante marques dont Delage, Peugeot et Renault. Une usine est implantée à Brooklyn à New York pour desservir le marché américain. En 1904, l’usine de Puteaux dans les Hauts-de-Seine emploie 1 300 ouvriers et plus de 2 000 véhicules sont fabriqués à la main cette année-là.

 

1901 De Dion-Bouton 5 CV Motorette - Photos : Bonhams
1904 De Dion-Bouton 8 CV Tonneau
1909 De Dion-Bouton Tourer - Photos : RM Auction

 

Comme Michelin à qui elle vend le brevet du fameux Guide au début du vingtième siècle, De Dion-Bouton publie des cartes routières, activité qui débute en 1900 et qui sera cédée à l'imprimeur Vermot en 1908. Après la Grande Guerre, la reprise se fait avec une gamme assez complète de 10 à 18 HP pour une clientèle traditionnaliste. 

 

1913 De Dion-Bouton Type DX Touring

 

Dès 1923, la marque présente son premier modèle équipé d'un moteur avec soupapes en tête, technique évoluée pour l'époque, et freins sur les quatre roues, c'est le type IW 10 CV, d’une cylindrée de 1 855 cm3 développant 40 chevaux pour une vitesse maxi de 75 km/h. En 1925, c'est l'apparition des « Pneu-Confort » toujours à talons mais avec un « diamètre de pneus plus important. Le radiateur devient plat et perd sa forme « coupe-vent » en 1926. La production ira jusqu’à la fin des années 1920 mais durement touchée par les conséquences de la crise de 1929, De Dion-Bouton qui n’a pas su s’adapter à la fabrication en très grande série comme Peugeot, Citroën et Renault, abandonne la production d'automobiles de tourisme en 1932. 

 

1921 De Dion-Bouton Type IE Skiff par Aubertin
1924 De Dion-Bouton 12/24 HP Drophead Coupe