Daimler 40/50 Double Six Sport (1926-1935)

1932 Daimler 40/50 Double Six Sport Saloon dessinée par Captain H.R. Owen et carrossée par Martin Walter Ltd.- Photos : Gooding & Company

 

Publié par Philippe Baron le 7 mars 2013.

 

On raconte que les britanniques soulevaient respectueusement leur chapeau dès qu’une Daimler se présentait devant eux. En effet, ces voitures, pour la plupart, appartenaient à la Couronne, car seuls les nantis ou la noblesse pouvaient se l’offrir. En 1926, Daimler introduit la Double Six, une autre de ces berlines de luxe dont les dimensions extérieures faisaient de l’ombre sur pratiquement tout ce qui existait à l’époque.

 



 

L’origine de la firme britannique Daimler remonte à 1893, quand Frederick Simms achète la licence Daimler lui permettant d’équiper ses voitures du moteur 4-temps à cylindre unique, mis au point par les germaniques Gottlieb Daimler, considéré le père de la voiture automobile, et Wilhelm Maybach. A Coventry, en 1896, est fondée la Daimler Motor Car Company tandis qu’en Allemagne, est crée quelques temps plus tard, la DMG, la Daimler Motoren Gesellschaft. La firme allemande produit en 1902 un modèle nommé Mercedes. Ce nom sera par la suite utilisé pour toutes les voitures produites en Allemagne. 1908, sera la dernière année de la production d’une voiture allemande portant le nom de Daimler, tandis qu’en Angleterre, la même année, Daimler acquiert une licence pour les moteurs de Charles Knight. En 1926, DMG fusionne avec Benz-Cie pour former Daimler-Benz dont l’entité commerciale deviendra définitivement, pour cesser toutes confusions, Mercedes-Benz.

 



 

Du point de vue technique, Daimler utilisait des moteurs 6-cylindres en ligne à chemises coulissantes à l'avant. Mais en 1926, Daimler introduit la légendaire Double Six, qui comprenait deux moteurs Knight six cylindres tournant sur un vilebrequin commun pour constituer un V12.  Lawrence H. Pomeroy, qui avait gagné ses lauriers chez Vauxhall, est recruté par Daimler pour rendre le moteur à 12- cylindres mûr pour la production en série : 5.3 litres pour les modèles 30/40 et 6.5 litres pour les 40/50.

 



 

Daimler n’a pas choisi sans raison sa désignation de Double Six, car il se compose de deux blocs du célèbre 25 HP à six cylindres. Chaque bloc est doté de son propre double allumage à magnéto et à bobine, d’un carburateur gicleur ainsi que de sa propre pompe à eau. Le vilebrequin et les pistons sont en aluminium. Le vilebrequin à sept paliers est pourvu d’un amortisseur d’oscillations évitant l’excès de vibrations. Plutôt que de soupapes à tasseau, le V12 est équipé de valves à tiroir en acier pour l’admission et l’échappement, actionnées par de courtes bielles. La souplesse de ce groupe de 6 511 cm3 accouplé à une boîte présélective Wilson est proverbiale : il permet de rouler sans problème et sans à-coups en quatrième de 5 à 130 km/h.

 

 

Le prix du châssis sans carrosserie était si élevé que l’on ne s’étonne guère que seuls 26 exemplaires de cette superbe voiture furent construits. En 1930, Daimler se permit d’aborder le domaine des véhicules sportifs en présentant la Daimler Double Six 50 HP Sport Cabriolet avec un empattement de 3.81 m et un long capot de 2.10 m et d’une cylindrée de 7 136 cm3. Cette voiture de rêve ne sera construite qu’à 3 exemplaires.