Citroën C4 (2004-2010)

 

Publié par Philippe Baron le 2 mai 2016.

 

Dévoilée au Mondial de Paris 2004, la C4 impressionne par la forte personnalité de ces deux versions distinctes, le Coupé et la Berline. En nette rupture avec les précédentes productions de la marque aux chevrons, la C4 affiche un style tranchant et dynamique mêlant avec brio courbes et angles. Toujours avant-gardiste, Citroën montre sa vitalité avec de nouvelles innovations technologiques dont le fameux volant à moyeu fixe et un système d'alerte au franchissement involontaire de ligne.

 

 

 

Synergie de groupe oblige, la Citroën C4, qui remplace la brave Xsara, partage 62% de ses composants avec la Peugeot 307. Produite dans l’usine PSA de Mulhouse, la C4 repose sur la même plate-forme et emprunte aussi les mêmes liaisons au sol, avec quelques petites différences au niveau des réglages. Cela étant dit, les designers de Citroën sous la direction de Jean-Pierre Ploué ayant eu carte blanche pour dessiner la voiture, la Citroën C4 ne partage aucun élément de carrosserie avec la Peugeot. En fait, ce ne sont pas un mais deux modèles, au style bien distinct, que proposent les stylistes. En coupé 3 portes, la C4 se démarque par une ligne sportive, empreinte de dynamisme avec un arrière haut perché et tronqué. En berline 5 portes, la C4 offre un dessin plus sage, plus classique aussi, avec une partie arrière plus arrondie qui évoque la douceur. La seule concession aux deux modèles est le même avant qui reprend les signes distinctifs des Citroën, à savoir les chevrons chromés qui s’étirent sur toute la largeur de la calandre et les optiques en boomerang qui remontent généreusement sur les ailes.


 

Comme l’aérodynamisme fait partie des « fondamentaux » de la marque, les concepteurs de la Citroën C4 ont résolument opté pour une carrosserie basse. La Citroën C4 affiche ainsi un excellent coefficient de pénétration dans l’air (Cx de 0,28 pour le Coupé et de 0,29 pour la Berline) ce qui tout aussi favorable à la maîtrise de la consommation qu’à celle des bruits d’air perturbant le confort acoustique. Sur les deux versions, le capot est en aluminium, les ailes en plastique et la longueur est pratiquement identique : 4.27 m pour le Coupé et 4.26 m pour la berline. Le millimètre d’écart se retrouve en largeur avec 1.76 m pour le Coupé et 1.77 m pour la Berline. Les deux versions ont le même empattement, ce qui leur permet d’afficher les mêmes cotes à l’intérieur, même à l’arrière où la place pour les jambes et la garde au toit sont strictement identiques.


 

Si à l’extérieur, le constructeur français a magnifiquement façonné sa C4, à l’intérieur, il a introduit ce plus technique qui a longtemps fait sa réputation. Pour la C4, l’exemple est le volant à moyeu fixe. Déroutant au début, on l’oublie complètement ensuite. Outre l’avantage de mettre à portée de doigts un nombre conséquent de commandes, notamment celles de la radio,  le moyeu fixe permet également d’intégrer un airbag optimisé dans sa forme pour mieux protéger le conducteur. Grâce au regroupement des commandes sur le moyeu fixe du volant, la planche de bord se distingue par la sobriété de son dessin. Les principales informations (vitesse, jauge à essence et autonomie, température d’eau, kilométrage total et partiel, niveau d’huile, consignes de vitesse du régulateur/limiteur, indicateur de maintenance) sont regroupées sur un combiné central translucide qui offre une lisibilité parfaite en toutes circonstances, le contraste de l’affichage s’ajustant en effet automatiquement en fonction de la luminosité, de jour comme de nuit. Les informations de conduite spécifiquement dédiées au conducteur (compte-tours, voyants des clignotants et des phares…) sont affichées face à lui sur la colonne de direction. Le compte-tours est dépourvu de zone rouge et c’est son fond qui devient tout rouge lorsque le régime maximum du moteur est atteint.


 

La panoplie des finitions est impressionnante avec quatre niveaux pour le coupé et cinq pour la berline. L’équipement de base est toutefois identique pour les deux carrosseries avec l’ABS couplé au répartiteur électronique de freinage et l’aide au freinage d’urgence, les airbags frontaux, latéraux et rideaux, le régulateur de vitesse, la condamnation centralisée avec télécommande, l’ordinateur de bord, le siège conducteur réglable en hauteur, le volant réglable en hauteur et en profondeur. L’ESP est généralisé (sauf sur les moteurs d’entrée de gamme) sur le Pack Ambiance commun aux deux carrosseries avec, en plus, la climatisation automatique régulée et séparée droite/gauche, l’allumage automatique des phares et des essuie-glaces, les jantes aluminium de 16 pouces et les quatre vitres électriques sur la berline. La finition la plus sportive, VTS, est déclinée sur les moteurs 2.0 l essence développant 138 et 180 ch, 1.6 HDi 110 et 2.0 HDi 138. Elle apporte les phares directionnels au xénon, le témoin de pression de pneus, le radar de parking avant et arrière, les jantes aluminium de 17 pouces et les sièges sport en alcantara. Son équivalent Exclusive sur la berline regroupe les mêmes équipements, à l’exception des sièges qui deviennent confort. En option, signalons l’Afil, l’alerte de franchissement involontaire de ligne qui fait vibrer le siège conducteur si le clignotant n’a pas été mis, le toit en verre panoramique, le système NaviDrive avec écran couleur et chargeur cinq CD. Toutes ces options creusent un écart de prix conséquent entre les versions «basses» et «hautes». 3.350 € séparent ainsi une Citroën C4 Berline HDi 110 Pack d’une C4 Berline HDi 110 Exclusive !


 

L’amusant parfumeur d’ambiance est également de série à partir du niveau Pack. Intégré à l’aérateur central, il est diffusé par l’intermédiaire du système de climatisation et se commande à l’aide d’une mollette qui permet de doser la quantité d’air parfumé. Les neuf parfums disponibles se présentent sous la forme de cartouches individuelles parfaitement hermétiques, ce qui permet de changer de senteur à tout moment. La durée d’une vie de cartouche est de l’ordre de deux mois avec une heure d’utilisation quotidienne et les recharges sont disponibles dans le réseau Citroën. Les différentes senteurs sont élaborées par la maison Roberlet, spécialisée dans la composition de parfums.


 

En ce qui concerne les moteurs, l’offre essence s’échelonne de 90 ch pour le petit 1.14 l, de 110 à 143 ch pour les 1.6 et 2.0. Du côté des diesels, on démarre avec le 1.6 HDi de 92 ch, disponible également en 110 ch. Le « gros » 2.0 HDi de 138 ch clôture cette gamme. Suivant les motorisations, on peut profiter de la boîte mécanique à 5 ou 6 rapports, mais également de celle robotisée sur le HDi 110 ch. L’automatique à 6 rapports est réservée à la 2.0 HDi 138 ch.


2008 Citroën C4 Coupé

 

Le 26 août 2008, la C4 s’offre un restylage présenté en première mondiale lors du salon de Moscou. L'extérieur se distingue par un nouveau pare-chocs avec une grande entrée d'air trapézoïdale associé à un capot arrondi aux chevrons pincés. Un nouveau transparent cristal fait son apparition pour les feux arrière du coupé. Trois nouvelles jantes de 16 et 17 pouces en alu arrivent. L'intérieur quant à lui adopte de nouveaux garnissages, le grainage de plusieurs pièces d'habillage et la migration du compte-tours sur le tableau de bord central. L’offre télématique et audio progresse avec la présence de « MyWay » (système de navigation) qui s’associe désormais au Bluetooth. Face au développement de plus en plus conséquent de support musical nomade, la nouvelle C4 bénéficie de la « USB Box » qui permet de brancher différents lecteurs grâce à une entrée USB.


 

La C4 améliore son offre de moteurs essence avec les nouveaux 1.6 VTi 95 et 120 et 1.6 THP 150 développés avec BMW qui sont plus performants, plus souples, plus économiques et plus écologiques que les 2.0 utilisés jusque-là. Quant à la version diesel 2 litres HDi, elle inaugure la future norme euro 5. La C4 utilise désormais des pneumatiques à très basse résistance au roulement.


 

La Citroën C4 a séduit dès son lancement, grâce à un design réussi et une qualité de finition de bon niveau. Au chapitre des regrets, la C4 est l’une des très rare compactes, malgré les titres alignés au Championnat du monde des rallyes, à ne pas avoir eu droit à une vraie version sportive. Après 2 300 100 exemplaires, la C4 première du nom cède sa place en 2010 à la C4 II.


 

Les premiers tours de roues de la C4 WRC ont eu lieu en 2004. En décembre de cette même année, le groupe PSA, propriétaire de la marque, annonce le retrait de ses deux équipes (Peugeot et Citroën) du championnat du monde des rallyes fin 2005. La C4 WRC devient donc un projet mort-né. Les changements de la réglementation du WRC et notamment la réduction des coûts, permet à Citroën d'annoncer son retour avec la C4 pour 2007.


 

Cette voiture possède un moteur 2 litres turbo avec une bride imposée de 34 mm et développe une puissance de 350 ch. Elle reçoit également une boite de vitesse séquentielle à 6 rapports avec palette au volant. Elle ressort du placard et est développée par Sébastien Loeb pendant l'année 2006 qui s'impose facilement dès son premier rallye, le Monte-Carlo 2007, devant son coéquipier Daniel Sordo. Il remporte le titre 2007 des pilotes. À l'issue de la saison 2008, Citroën remporte le championnat du monde des constructeurs, et Sébastien Loeb avec 11 rallyes sur 15 remportés au volant de la C4 WRC lui donne son 5e titre de champion du monde des pilotes consécutif, la C4 couronnant Citroën pour le titre par équipes. Alors que les pneus Michelin étaient réputés comme donnant un avantage à Citroën en 2007, les victoires de 2008 sont obtenues à armes égales, Pirelli étant fournisseur unique de tout le plateau.


 

Leur domination continue en 2009 où le duo Loeb-Citroën s'impose à nouveau. En 2010, dernière année de la C4, Loeb remporte huit succès et le Français Sébastien Ogier, lui aussi au volant d'une C4 WRC, en remporte deux. La C4 WRC aura en tout remporté 36 épreuves, quatre titres pilotes, et trois titres constructeurs entre 2007 et 2010.


 

Le succès de la C4 doit beaucoup à la publicité et notamment à ce spot diffusé à la télévision dans lequel, pour montrer son avance technologique, la C4 se transforme en un gigantesque robot dansant au rythme de la chanson « Jacques Your Body (Make Me Sweat) » des Rythmes Digitales. Inspirée de l’univers « Transformers », la chorégraphie est signée Marty Kudelka, connu pour avoir dirigé Justin Timberlake. Bien que non commercialisée sur le continent nord-américain, la Citroën C4 s’est offert un voyage à Vancouver, au Canada pour tourner les scènes extérieures. Les crédits de ce film commercial sont imputés à Neill Blomkamp, réalisateur de District 9. 


 

D’autres clips vont suivre souvent en utilisant aussi le thème ‘Transformer’. 


 

En juillet 2007, pour le marché sud-américain, était réalisée une publicité pour la C4 Pallas, une C4 disposant d’une malle arrière dont la conception fut confiée à Pininfarina dans son centre de design de Cambiano. Cette fois dans ce spot filmé au Brésil à São Paulo, Kiefer ‘Jack Bauer’ Sutherland et l’actrice argentine Araceli González sont confrontés à un astéroïde qui menace de détruire la planète.


Citroën C4-Pallas