Citroën B2/B10/B12 (1921-1927)

1925 Citroën Type B2 Torpedo - Photos : autorestorationice.com

 

Publié par Philippe Baron le 18 octobre 2015.

 

Dès la fin de la guerre, en avril 1919, l'industriel André Citroën annonce dans la presse sa première voiture : une 10 HP économique. Vendue complète avec éclairage et démarrage électrique, une première à l'époque, la Citroën Type A a été conçue par l'ingénieur des Arts et Métiers Jules Salomon auquel on doit déjà la célèbre voiture Le Zèbre (1909). Dès juin 1921, la relève est assurée par un nouveau modèle, la B2. 

 

 

Très similaire au type A, la Citroën B2 s'en distingue extérieurement essentiellement par ses bas de portes arrondis. La carrosserie est toujours mixte, bois et acier. Le moteur du nouveau modèle est un 4-cylindres de 1 452 cm³, d’une puissance de 20 ch, donnant une vitesse maximale de 72 km/h pour une consommation de 8 litres d'essence au 100 km. La voiture est dotée d'une boîte 3 vitesses et d’un ventilateur qui améliore le refroidissement. Elle se fait rapidement une réputation de robustesse et d'économie.

 

 

La carrosserie torpédo est disponible en quatre versions: le modèle « série », la version « Luxe » respectivement proposées à 13 900 et 15 500 francs. En haut de la gamme, les versions « Sport » et « Tourisme Luxe » sont vendues au même prix à 17 000 francs. Le succès sera énorme avec près de 100 000 exemplaires toutes carrosseries confondues.   

1922 Citroën Type B2 Luxe - Photo : Osenat

 

La Citroën B2 est fabriquée dans l'usine historique Citroën du Quai de Javel dans le 15e arrondissement de Paris (renommé depuis quai André-Citroën) à raison de 200 modèles par jour en 1925 avec 25 carrosseries différentes. Sa fabrication est réalisée selon le mode industriel à la chaîne employé par Henry Ford pour son modèle T qu'André Citroën est allé étudier personnellement durant un voyage à Detroit chez Ford.

 

1923 Citroën B2 Torpédo Luxe

 

Citroën sort une série « B2 Caddy Sport » avec un moteur poussé à 22 ch et une carrosserie dessinée par Labourdette dont la poupe est en pointe. Ce sont également les Citroën B2 qui serviront de base aux autochenilles de la traversée du Sahara en 1922 et de la croisière noire entre 1924 et 1925.

 

1923 Citroën B2 Caddy Sport
Photo : Philip Menke

 

La Citroën B2 est suivie par la Citroën B10 en 1924 au moment où commence une collaboration avec l’ingénieur américain Edward Gowan Budd, qui travaillait depuis 1899 au développement des carrosseries tout en acier pour les voitures de chemin de fer, et pour de nombreuses marques d'automobiles dont Dodge. En 1925, Citroën industrialise par ce biais la première carrosserie « tout acier » entièrement fermée en Europe, en appliquant une méthode de conception qui venait tout juste de débuter outre-Atlantique. La méthode ‘Tout Acier’ consiste à assembler les divers éléments de carrosserie, l’armature et les tôles, pour les déposer ensuite sur le châssis. Citroën en tire un grand parti en développant un atout publicitaire de choc où l’on voit des Tout Acier jetées d’une falaise sans être ‘trop’ déformées. La B10 sera produite à 17 259 exemplaires jusqu’en 1925.

 

Citroën B10 Normande

 

La B10 est suivie par la B12 dès le mois d’octobre 1925. Plusieurs types de carrosseries sont disponibles : torpédo, conduite intérieure (la plus courante), cabriolet, torpédo commercial et Normande, Boulangère. La B12 remplace aussi la Citroën B2, dont un des principaux défauts était l'absence de freins avant. Deux motorisations de 1,5 litre sont proposées avec des puissances de 20 ch à 22 ch. La production de la Citroën B12 atteint le nombre de 400 véhicules par jour en 1928, soit un tiers de la production d'automobile française d'alors. La B12 fabriquée jusqu’en 1927 sera produite en 38 381 exemplaires. Elle est alors remplacée par la B14 « Tout Acier », présentée lors du Salon d'octobre 1926, qui représente un progrès technique décisif avec son châssis allégé et son moteur plus souple.

 

1925 Citroën B10 à Rush, Co. Dublin en Irlande - Photo : National Library of Ireland on The Commons