Citroën B14 (1926-1928)

Photo : Mark Harkin

 

Publié par Philippe Baron le 3 mars 2015.

 

Partisan convaincu des vertus du taylorisme, André Citroën vit avec le désir forcené de démocratiser l’automobile, de la rendre un objet de grande diffusion accessible à tous. En 1926, alors que 600 000 véhicules roulent en France, 175 000 arborent le double chevron. Citroën enchaîne les nouveautés et présente au Salon de Paris d’octobre 1926 une voiture proposée sous une multitude de carrosserie et à la mécanique inédite : la B14.

 

Photo : Jose Lopez

 

Avec la B10 en 1924, Citroën avait réussi à éliminer quasiment le bois sur lequel s’appuie la carrosserie pour construire une coque tout acier dans le but de faire des économies et de produire rapidement un nombre important de carrosseries. Ainsi la nouvelle B14 de 1926 bénéficie, comme la B12 qu’elle remplace, d’un châssis en tôles d’acier embouties pour recevoir la carrosserie tout acier renforcée. La suspension est dotée de ressorts à lames semi-elliptiques et d’amortisseurs à friction Repusseau (licence Hartford). 

 

Photo : Maurizio Boi

 

La Citroën B14 reçoit un inédit 4-cylindres de 1 539 cm3 d’une puissance de 22 ch pour lui permettre d’atteindre une vitesse de croisière de 80 km/h. Contrairement à la B12, le freinage abandonne le tambour en sortie de différentiel pour se concentrer sur les quatre roues. En mars 1927, la B14 évolue en B14 F avec des cylindres ovalisés. En septembre 1927, l’ultime déclinaison de la série, la B14G, présente un nouveau modèle, une familiale 7 places avec strapontins face à la route, qui vient s’ajouter aux 27 modèles de carrosseries déjà existant au catalogue : torpédo (4 portes ouvertes avec capote) en versions série, luxe et commerciale, conduite intérieure (4 portes, 6 glaces et malle arrière) en série, demi-luxe et luxe,  berline (4 portes, 4 glaces et malle arrière) en série et demi-luxe, familiale (4 portes, 6 glaces et malle arrière) en luxe, coach (2 portes, 4 places) en série et luxe, cabriolet (2 portes, 2, 3 ou 4 places) en capotable ou non décapotable (ou faux cabriolet), coupé de ville, taxi en conduite intérieure, landaulet et conduite intérieure landaulet, normande (utilitaire ouvert). 

 

 

Citroën, grâce à la B14 et ses multiples déclinaisons, est devenu un acteur majeur sur le marché de l’automobile, prenant une dimension industrielle moderne avec 35 000 employés, 4 usines, 11 filiales dans le monde et 500 agents dépositaires. Dotée d’un équipement étonnamment riche et de finitions soignées, la B14 a séduit une clientèle très large comme en témoignent les 119 917 exemplaires toutes versions confondues produits entre août 1926 et septembre 1928.

 

Photo : Pierre J. École Du Chauffeur 39, rue des Murlins à Orléans (à l'angle avec la rue Caban)