Citroën 2 CV (1948-1990)

Lorsque Pierre Boulanger demanda en 1935 au bureau d'études Citroën la création d’une voiture destinée au monde rural, dotée d’une suspension lui permettant de traverser un champ labouré avec un panier d'œufs sans en casser un seul, il était loin de se douter que cette 2 CV allait devenir une icône de l’automobile française, connaître une longue carrière en défiant les époques et les modes, et en unifiant par son usage les classes sociales. (Article & Photos)

Citroën Ami 6 (1961-1969)

Lors de sa commercialisation en avril 1961, l’Ami 6 ne laisse personne indifférent. Dans la gamme Citroën, elle vient s’interposer entre la prolétaire 2 CV et la bourgeoise DS. Appelée populairement la « 3 CV », l’Ami 6, malgré son stylisme tourmenté et controversé, est un best-seller des années 60, qui s’imposa avec le titre de la voiture la plus vendue en France en 1966. (Article & Photos)

Citroën Ami 8 – Ami  Super (1969 – 1978)

En mars 1969, au Salon de Genève, Citroën présente l’Ami 8, une version modernisée de l’Ami 6 effectuée sous la direction de Robert Opron. L’Ami 8 reprend une majorité des éléments de carrosserie de l’Ami 6 mais la ligne est plus classique et abandonne la très critiquée lunette inversée. Curieusement, les premiers modèles 1969-1970 n'arborent pas les chevrons Citroën sur la calandre. (Article & Photos)

Citroën AX (1986-1998)

En 1986, avec l'AX, Citroën ose enfin se débarrasser de l’encombrante 2 CV, totalement déconnectée de la modernité automobile et qui plombe toutes les chances de réussite du constructeur dans le domaine des petites voitures. La citadine intrépide démontre son talent en dévalant dans son premier spot TV la muraille de Chine. « Révolutionnaire ! ». (Article & Photos)

Citroën B2/B10/B12 (1921-1927)

Dès la fin de la guerre, en avril 1919, André Citroën annonce dans la presse sa première voiture : une 10 HP économique. Vendue complète avec éclairage et démarrage électrique, une première à l'époque, la Citroën Type A a été conçue par l'ingénieur des Arts et Métiers Jules Salomon auquel on doit déjà la célèbre voiture Le Zèbre (1909). Dès juin 1921, la relève est assurée par la nouvelle B2. (Article & Photos)

Citroën B14 (1926-1928)

Partisan convaincu des vertus du taylorisme, André Citroën vit avec le désir forcené de démocratiser l’automobile, de la rendre un objet de grande diffusion accessible à tous. En 1926, alors que 600 000 véhicules roulent en France, 175 000 arborent le double chevron. Citroën enchaîne les nouveautés et présente au Salon de Paris d’octobre 1926 une voiture proposée sous une multitude de carrosserie et à la mécanique inédite : la B14. (Article & Photos)

Citroën BX (1982-1993)

Lancée octobre en 1982, la BX est la première Citroën de grande série dont le dessin n’a pas été réalisé par le centre de style maison, mais en Italie chez Bertone, par le designer Marcello Gandini. A sa sortie, la BX a bénéficié d’une tapageuse série de spots TV orchestrés par le publicitaire Jacques Séguéla, dans lesquels Julien Clerc chantait le slogan " J'aime, j'aime, j'aime les routes bleues, les routes Citroën" . (Article & Photos)

Citroën C2/C3 (5 HP) (1922-1926)

Présentée au Salon de Paris d’octobre 1921, la Citroën Type C, connue également sous le nom de Citroën 5 HP, doit sa conception à Jules Salomon, père de la Citroën Type A, et à Edmond Moyet, celui de l’Amilcar CC. L’initiale couleur proposée de cette première Citroën fabriquée en grand nombre est le jaune, ce qui lui vaut le premier surnom de « petite citron ». Elle est également surnommée « Trèfle » dans ses versions Torpédo à 3 places. (Article & Photos)

Citroën C3 (2002-2009)

Commercialisée en avril 2002, la Citroën C3 présente une ligne joliment dessinée, joviale, sympathique et moderne. Toute en rondeurs, cette nouvelle venue rappelle la mythique 2 CV. Mais la comparaison s’arrête là car la C3 incarne le renouveau de la marque au double chevron et ses nouveaux standards de confort tout en apportant de la fraicheur au paysage automobile. (Article & Photos)

Citroën C3 Pluriel (2003-2010)

En 1999, Citroën retrouve toute sa créativité et invente une voiture caméléon, la Pluriel. Présenté au Salon de Francfort, ce concept-car, qui porte bien son nom, est une petite berline 4 places qui peut se transformer en découvrable, en cabriolet et même devenir un pick-up. Dévoilée à Paris en octobre 2002, la version de série, C3 Pluriel, permet au constructeur au double chevron de donner une descendante à la mythique Méhari de la fin des années 1960. (Article & Photos)

Citroën C4 (2004-2010)

Dévoilée au Mondial de Paris 2004, la C4 impressionne par la forte personnalité de ces deux versions distinctes, le Coupé et la Berline. En nette rupture avec les précédentes productions de la marque aux chevrons, la C4 affiche un style tranchant et dynamique mêlant avec brio courbes et angles. Toujours avant-gardiste, Citroën montre sa vitalité avec de nouvelles innovations technologiques dont le fameux volant à moyeu fixe. (Article & Photos)

Citroën C4/C6 (1928-1932)

Citroën présente au Salon de Paris 1928 ses dernières créations : le type AC4 et le type AC6. Elles ont pour vocation de séduire une clientèle qui n'a pas encore goûté au confort, à la fiabilité, à des coûts d'utilisation réduits et à des formes élégantes. L’automobile ne doit plus être que l'engin de sport ou de loisir mais doit aussi permettre au nombre grandissant d’acheteurs de la classe moyenne de conduire leur véhicule quotidiennement pour leurs affaires. (Article, Photos & Vidéo)

Citroën C6 (2005-2012)

Le lancement officiel de la C6 intervient à l’automne et marque le retour des chevrons dans le segment très concurrentiel du haut de gamme. Cette date coïncide avec un autre événement : le cinquantenaire de la DS. La C6 en porte l’héritage après les CX et XM. Pour s’imposer, la C6 compte sur sa ligne originale et sur son important contenu technologique. (Article, Photos & Vidéos)

Citroën C-Cactus Concept (2007)

Lauréate du Trophée du design de « l’Automobile Magazine », la C-Cactus, présentée au Salon de Francfort en 2007, démontre une vision ambitieuse et réaliste de la part du constructeur Citroën. Ce concept jovial incarne le véhicule économique et écologique de demain qui, avec son originalité et son ingéniosité, offre à ses occupants l’ensemble des prestations essentielles à leur bien-être. (Article & Photos)

Citroën C-Crosser (2007-2012)

Premier SUV de la marque aux Chevrons, le C-Crosser partage sa plate-forme avec les Peugeot 4007 et Mitsubishi Outlander ainsi que le lieu de production, chez Mitsubishi à Mizushima. Commercialisée en juillet 2007, la version Citroën se distingue par ses projecteurs effilés et les chevrons chromés qui s’étirent sur la calandre. (Article & Photos)

Citroën C-Crosser Concept (2001)

Au Salon de Francfort 2001, Citroën présente le concept car C-Crosser qui illustre la vision de la marque aux chevrons quant aux véhicules de loisirs. Doté d'une capacité d'adaptation étonnante tant par sa modularité extérieure que par la conception innovante de son espace intérieur, ce SUV unique s'adresse à tous ceux à la recherche d'un véhicule extrêmement polyvalent, répondant à leurs désirs d'aventure, de liberté, de bien-être et de vitalité. (Article & Photos)

Citroën C-SportLounge Concept (2005)

Au Salon de Francfort 2005,  Citroën présente un concept-car d’un nouveau genre qu’il qualifie de Grand Tourer, un véhicule de type monospace qui conjugue dynamisme et qualité de vie dans un seul et même volume. L’association de Sport et Lounge indique que le véhicule se positionne sur un créneau premium revendiquant plus de sportivité et un confort de limousine. (Article & Photos)

Citroën CX (1974-1991)

Présentée à la rentrée 1974, la CX est la dernière voiture conçue entièrement par Citroën avant son rachat par Peugeot. Fruit d'une longue étude interne entamée à la fin des années soixante, la CX est destinée à remplacer la mythique DS qui arrive en fin de carrière. L'enjeu est décisif pour Citroën en proie à de grosses difficultés financières et qui doit répéter le phénoménal « coup technologique » de la DS pour se sortir de l'ornière. (Article, Photos & Vidéos)

Citroën DS (1955-1975)

Au Salon de l’Automobile de Paris d’octobre 1955, Citroën crée l’événement avec sa DS, dont l’apparition relègue soudain tous les autres modèles de l’époque au rang de dinosaures. Avec son look futuriste et ses innovations techniques, elle est tout simplement révolutionnaire et restera populaire et concurrentielle durant toute sa longue carrière. (Article & Photos)

Citroën Dyane (1967-1983)

‘En célébrant la naissance de la Dyane, nous assistons à l’enterrement de la 2 CV’ titre l’ Auto-Journal lors du lancement à l’automne 1967 de celle qui devait préparer en douceur le retrait de son ainée qui montrait quelques signes de faiblesse. Restant dans l’ombre de sa star-sister, la Dyane rencontrera aussi la popularité mais à un degré moindre et cette cadette moins-aimée tirera sa révérence bien avant celle de sa divine soeur. (Article & Photos)

Citroën GS–GSA (1970-1986)

En 1970, la GS vient combler l’absence d’un modèle de gamme moyenne chez Citroën pour se positionner entre la rustique 2CV et l’altière DS. Récompensée par le titre de voiture de l’année 1971, la GS entame une belle carrière pour une auto aussi atypique qui sera même lauréate des ventes françaises en 1978 peu avant de changer son nom en GSA. (Article, Photos & Vidéos)

Citroën GT (GTbyCitroën) (2008)

Née pour évoluer dans un monde virtuel, la GTbyCitroën est l’œuvre de Takumi Yamamoto, designer chez Citroën, et Kazunori Yamauchi, concepteur du jeu Gran Turismo. Lorsque la supercar est présentée à Jean-Pierre Ploué, le directeur du style Citroën est tellement séduit par la GT qu’il décide de la produire à l’échelle 1 et de la présenter au public lors du Mondial de Paris en 2008. (Article & Photos)

Citroën ID (1957-1975)

Au salon de Paris 1955 est présentée la révolutionnaire DS. La nouvelle star de Citroën enthousiasme les foules mais son modernisme déroute une partie de la clientèle habituée au conformisme de la Traction. Aussi, lors du retrait en 1957 de cette dernière, Citroën a la bonne idée de proposer une ID, une DS dans le style mais à la mécanique rassurante et vendue à un tarif raisonnable. (Article & Photos)

Citroën LN/LNA (1976-1986)

Curieuse nouveauté que ce modèle baptisé LN exposé sur le stand Citroën du Salon de Paris 1976. Née dans des circonstances particulières, la LN peut se définir comme un coupé Peugeot 104 disposant d’un moteur Citroën 2 cylindres. Elle participe en quelque sorte à la naissance du groupe PSA Peugeot Citroën intervenue dans le courant de l’année, lorsque Peugeot SA fusionna avec Citroën SA en prenant 89.95 % du capital de Citroën. (Article & Photos)

Citroën Méhari (1968-1987)

La présentation officielle de la Citroën Méhari a lieu en grande pompe le 16 mai 1968 au golf de Deauville mais les événements qui occupent la France en ce mois de mai 68 perturbent le calendrier prévu. Les voitures de présérie sont acheminées vers Deauville à la dernière minute avec leur peinture à peine sèche pour le grand show médiatique. (Article & Photos)

Citroën Revolte Concept (2009)

En 2009, Citroën fouille dans son patrimoine pour imaginer avec la Revolte un concept de petite urbaine ultra-chic. Toute sa modernité s’exprime au travers d’une provocation stylistique inspirée par l’une de ses plus illustres aïeules : la 2 CV. Hérétique par nature, la Revolte remet en question l’ensemble des codes de la 2 CV et prend le contrepied des valeurs qui sont à l’origine du mythe. (Article & Photos)

Citroën Rosalie (1932-1938)

Dernière évolution des Citroën C4/C6, la Rosalie assure en 1932 la transition avant l’arrivée de l’irrésistible Traction. Son nom fait référence à la « Petite Rosalie », modèle de course de 8 CV à carrosserie spéciale, financée par les huiles Yacco et préparée par le spécialiste des records, César Marchand, qui établit dès octobre 1931 une série de records de grande endurance sur l'anneau de Montlhéry. (Article & Photos)

Citroën Saxo (1996-2003)

En 1996, la Saxo est la bonne surprise offerte par Citroën. Malgré une ligne peu originale, la nouvelle petite citadine se révèle bien sous tous rapports. Nerveux, son petit diesel 1.5 l respire la santé et sait se faire discret et sobre. Tandis que la Saxo VTS à caractère sportif est une véritable boule de nerfs qui possède ce qu’il faut pour faire exploser les idées toutes faites, par son tempérament tout simplement remarquable et son comportement routier irréprochable. (Article & Photos)

Citroën SM (1970-1975)

Véritable condensé de haute technologie au service d’une voiture de série, la Citroën SM fait la vedette au Salon de Paris d’octobre 1970. Avec sa vitesse de pointe qui dépasse les 220 km/h, elle est la voiture française la plus rapide et pour cause, elle est le fruit d’une collaboration des ingénieurs de Citroën avec ceux de Maserati, orfèvre en matière de moteur de caractère. (Article, Photos & Vidéos)

Citroën Traction Avant (1934-1957)


1934, la firme d'André Citroën doit faire face à une crise sans précédant. Citroën se doit d'innover pour faire remonter les chiffres de production et par là même assainir les finances de sa société. Le modèle qui doit permettre de remonter la pente est présenté le 18 avril 1934. Officiellement, il se nomme 7 pour la puissance fiscale de 7 CV, mais l’histoire le rebaptisera « Traction Avant » (Article, Photos & Vidéos)

Citroën Traction Cabriolet (1934-1939)

Le premier cabriolet Citroën Traction est présenté en mai 1934 quelques semaines seulement après le lancement de la berline. A côté de ce cabriolet appelé aussi roadster, figure le coupé tout aussi prestigieux que l’on nomme également faux-cabriolet. Une fois capoté, le cabriolet imite la silhouette du faux-cabriolet grâce au positionnement de la capote. (Article & Photos)

Citroën Type H (1947-1981)

Dévoilé en octobre 1947 au Salon de Paris, le fourgon Citroën Type H, conçu dans le plus grand secret sous l’Occupation, devait : « faire simple et pas cher pour un poids à vide et un prix minimums ». Du panier à salade à la bétaillère en passant par le commerce ambulant, le Citroën Type H a conquis, pendant trente-quatre années, tous les corps de métiers. Chez Citroën on disait : « à chacun son H », toujours le même et toujours si différent. (Article & Photos)

Citroën Visa (1978-1988)

Réalisée par Citroën autour de la structure de la Peugeot 104, la Visa souffrira à ses débuts de son esthétique peu réussie qui éclipsait ses indéniables qualités de confort et de conduite. Et puis, grâce à quelques retouches plastiques et surtout à une promotion publicitaire percutante et revigorante, la Visa deviendra la voiture jeune qui décoiffe et qui rassure même les pingres car le peigne est compris dans le prix ! (Article, Photos & Vidéo)

Citroën XM (1989-2000)

Elue « voiture de l’année » en 1990, la Citroën XM possède le X de la CX qu’elle succède et le M de la SM dont elle est l’héritière spirituelle. Typée, vaste, confortable, disposant d’un équipement de série très complet, au comportement routier de haut niveau, la XM est la dynamique représentante d’une des plus formidables lignées de jets autoroutiers qui ont écrit l’histoire de Citroën. (Article, Photos & Vidéos)

Citroën Xsara Picasso (1999-2010)

Au début des années 2000, Citroën se portait bien. Merci au Picasso qui, à cette époque, réalisait à lui tout seul près de la moitié des ventes de la marque. Sa modularité intérieure, son habitacle et sa bouille ronde en faisait un acteur majeur du segment des monospaces compacts. La Citroën Xsara Picasso était l'aboutissement de l'étude de style Xanae, qui avait été présentée au Mondial de l'automobile de Paris, en 1994. (Article, Photos & Vidéo)

Citroën T23 série U (1935-1953) - Photo : Citroën Azu

Flaminio Bertoni (1903-1964)

 

Designer de génie, Flaminio Bertoni a marqué au 20ème siècle l’automobile française en réalisant trois de ses voitures les plus symboliques, les Citroën Traction, 2CV et DS. Né le 10 janvier 1903 à Varèse en Italie dans une famille modeste, il est obligé au décès de son père en 1918 de stopper ses études et de plonger très vite dans le monde actif. Il entre comme apprenti menuisier à la Carrosserie Macchi avant de passer à l’atelier de ferblanterie apprenant ainsi le travail de la tôle et découvrant un univers qui va le passionner. Parallèlement, Il s’inscrit à l’école des Beaux-Arts de Varèse pour se perfectionner au dessin artistique et à la sculpture, sous la direction de son maître Giuseppe Talamoni.

 

Son talent ne passe pas inaperçu ainsi que sa personnalité. Sa grande habileté est remarquée à l’automne 1922, par une délégation française de techniciens, en visite à la carrosserie Macchi. Bertoni se voit offrir un voyage d’étude en France. Arrivé à Paris au début 1923, il est embauché successivement aux carrosseries Felbert, puis Manessius, et enfin pour une année entière chez Rothschild où il rencontre Lucien Rosengart grand ami d’André Citroën.

 

Flaminio est devenu un carrossier averti et accompli, sachant tout calculer et prévoir les impératifs techniques. Sa mère souffrante et le mal du pays le font repartir au pays à Varèse. Il réintègre la carrosserie Macchi mais cette fois-ci avec la qualification de dessinateur de premier degré. Il parcourt son pays à la poursuite de toutes les formes artistiques : peinture, sculpture, et ouvre même un atelier d’art. En 1929, il démissionne de chez Macchi pour monter son propre bureau de style où il crée toutes sortes de modèles de carrosseries.

 

Au début des années 1930, l’italien et celle qui deviendra la mère de son premier enfant, quittent définitivement le pays pour Paris, considérée comme la plaque tournante artistique de l’époque. Bertoni y fait la rencontre d’André Citroën, qui appréciant le jeune homme, l’intègre dans son équipe et lui confie rapidement la direction du service de style de la marque au double chevron, un poste qu’il gardera jusqu’à sa mort en 1964.

 

Lors de son arrivée dans le service carrosserie dirigé par l’ingénieur Cuinet, le projet « V » est techniquement avancé : la future Citroën sera monocoque tout acier sans châssis, et tractée par ses roues avant. Mais personne n’a idée de la forme qu’elle aura. Trois dessins de l’équipe carrosserie sont présentés à André Citroën, qui les refuse tous. La grande manifestation du génie de Bertoni a lieu au début du printemps 1933, quand il sculpte la carrosserie de la future voiture. Du « dessin plan », il vient d’inventer le maquettage volumique en trois dimensions en pâte à modeler. Sa création provoque l’enthousiasme d’André Citroën et de sa femme qui lui donne toujours son avis.

 

La ‘Traction Avant’ est née et sa mise en production aussitôt ordonnée. Mais la mise au point difficile du modèle et le fort endettement dû aux lourds investissements financiers pour sa fabrication entraîne la Société Citroën à la mise en liquidation. L’usine du Quai de Javel est reprise par Michelin fin d’année 1934. Ulcéré, André Citroën meurt quelques mois plus tard. Parallèlement à ces sombres événements, Bertoni travaille avec ardeur dans son atelier d’artiste et se fait remarquer à la IVème Exposition des Beaux-arts où il expose et obtient la médaille de bronze. L’année suivante il obtient même l’argent.

 

A l’arrivée de Pierre Boulanger aux commandes du bureau d’études des automobiles Citroën, un plan drastique est mis en place et permet le redressement de la situation. Les défauts de jeunesse de la traction sont gommés et Bertoni est chargé d’étoffer la gamme par des versions coupé, cabriolet, berline familiale, chacune équipée par plusieurs motorisations : 7, 11 et 15 CV. L’affaire redevenant rentable, Bertoni prend part aux projets futurs de la marque : La TPV (Très Petite Voiture) et VGD (Voiture à Grande Diffusion). La première deviendra par la suite la 2CV et la seconde la DS.

 

Mais à l’aube de la Seconde Guerre mondiale, le 1er septembre 1939, alors que 250 voitures TPV sont déjà assemblées à l’usine de Levallois-Perret, le patron donne l’ordre de les démonter et de les détruire pour ne pas tomber aux mains des nazis. Quelques prototypes sont néanmoins cachés à la Ferté-Vidame dans les greniers du centre d’essai ou dans les sous-sols du bureau d’étude de Citroën, rue du Théâtre. Ce n’est qu’à partir de 1941, après le bombardement de l’usine du quai de Javel, que les études de la future 2CV reprennent en cachette des allemands.

 

La 2 CV est présentée au grand public lors du Salon de l’Auto de 1948, faisant l’objet de moqueries tant de la part du public que des autres constructeurs automobiles. Mais les carnets de commandes sont rapidement remplis avec des délais de livraison allant jusqu'à cinq années d’attente ! Puis, même succès pour la DS surnommée «la bombe» au Salon de l’Auto de 1955. Une ligne audacieuse et futuriste jamais imaginée pour l’époque, issue d’un « morphisme » entre un poisson et une voiture. Deux années plus tard, Citroën reçoit le prix d’honneur à la Triennale d’art et d’esthétique de Milan. Une consécration pour Bertoni. Autre reconnaissance: le Général de Gaulle déjà conquis par la Traction Avant, l’adopte comme voiture officielle de l’Elysée, statut qu’elle conservera pendant plus de vingt ans.

 

Alors que Flaminio Bertoni vient juste de construire son atelier à Antony, son talent d’artiste sculpteur, peintre et architecte est officiellement reconnu. En 1961, André Malraux, ministre des affaires culturelles, le fait Chevalier des Arts et des Lettres. Cette même année commence la carrière de la dernière-née des automobiles Citroën : l’Ami 6 avec sa typique lunette arrière inversée en forme de «Z». Trois ans plus tard, le 12 février 1964, alors qu’il travaille sur le projet d’un coupé DS «sport», il est pris d’un ictus qui le foudroie à l’âge de 61 ans.  Flaminio Bertoni laisse une œuvre artistique grandiose dont la majeure partie est conservée chez son fils Leonardo en Italie et exposée dans le Musée Flaminio Bertoni inauguré en 2007 à Varèse.