Cadillac Eldorado Brougham (1957-58)

Publié par stubs-auto le 14 octobre 2012.

 

En 1957, la Cadillac Eldorado Brougham  représente la magnificence de la voiture américaine de rêves conçue pour le plaisir exclusif de quelques « Happy Few ». Véritable sommet technologique à son époque, cette Cadillac ne manque pas de raffinement et se permet une incursion dans le futur avec une abondance de gadgets sophistiqués. Même si Cadillac perdait 10 000 dollars à  chaque exemplaire vendu, là n’était pas l’essentiel.

 

 

Cadillac Orleans Concept de 1953

 

 

La Cadillac Eldorado Brougham doit son style à l’extravagant et talentueux Harley Earl. Il s’agit d’un dérivé de son show-car, la « Cadillac Orleans », présentée au Motorama de New-York en 1953. L’année suivante, la « Cadillac Park Avenue » reprenait les traits spécifiques du premier concept avec la carrosserie 4 portes sans montant central et le pare-brise panoramique.

Concept Cadillac Park Avenue 1954.

Le modèle définitif, l’Eldorado Brougham, est présenté en décembre 1956 au New-York Motor Show. La Cadillac est la première de la marque à être dotée en série de phares rangés par paire, un trait stylistique qui allait être repris par presque toutes les autres firmes américaines.

 

La Cadillac Eldorado Brougham ne bénéficie pas d’un nouveau moteur. Elle reprend le classique V8 culbuté de 5 981 cm3 mais s’offre plus de puissance avec 325 ch à 4 800 tr/min pour 1957 et 335 ch pour 1958. Alimenté par deux carburateurs quadruple corps, le V8 est associé à une transmission automatique Hydramatic « Dual Range ». Le châssis est un cadre en X avec des longerons réunis à leur centre par un élément soudé qui joue le rôle de renfort. Ces longerons, relevés à l’avant et à l’arrière, permettent ainsi d’abaisser le centre de gravité et d’obtenir une garde au sol plus réduite. Pour la suspension, les ingénieurs Lester Milliken et Fred Cowin ont mis au point un système hydropneumatique qui utilise non les ressorts traditionnels mais quatre coussins à air, munis d’une membrane et d’un piston. Ils sont alimentés en permanence par un compresseur qui va moduler le volume d’air diffusé en fonction de l’état de la route. Complété par deux correcteurs d’assiette, ce système extrêmement sophistiqué s’avérera peu fiable à l’usage et beaucoup de clients décideront de revenir à des suspensions conventionnelles plus durables.


Pour la Brougham, il est question de confort et de luxe mais la différence se situe dans l’utilisation des toutes nouvelles technologies et des gadgets inédits à l’époque. Ainsi, elle est dotée d’un équipement hors norme, régulateur de vitesse (cruise control), système automatique de passage des phares en code à l'approche d'un véhicule en face (autronic eye), poste de radio avec recherche automatique des stations et antenne électrique, recul du siège avant lors de l’ouverture de la portière conducteur, réglage électrique des sièges avec mise en mémoire pour plusieurs conducteurs, pare-soleil polarisés, vitres teintées, système d’air conditionné à deux zones, le frein de parking se relâche automatiquement au démarrage, vitres et déflecteurs électriques, ouverture et fermeture automatique du coffre, fermeture des portières électrique.



 

Et pour l’agrément des passagers, s’il vous plait, un distributeur de cigarettes, un service de 6 gobelets en métal aimanté, un nécessaire de maquillage pour dames avec miroir, poudre, rouge à lèvres et un atomiseur de parfum Arpège, un distributeur de Kleenex, un calepin relié cuir avec crayon en argent... L’acheteur peut choisir entre 44 combinaisons de sellerie intérieure en cuir et de moquettes en peau de mouton ou laine façon agneau frisé nommé karakul.



Photos : eldorado-seville.com

 

La Cadillac Eldorado Brougham est la plus chère du marché américain. Avec son prix de vente de 13 000 dollars, elle supplante la tenante du titre, la Lincoln Continental Mark II de 3 000 dollars et le cabriolet Eldorado Biarritz est à moitié prix. Elle trouve acquéreurs auprès de stars comme Frank Sinatra (dont le modèle fut mis en vente aux enchères) et Elvis Presley. Sa diffusion sera très limitée avec 400 exemplaires produits en 1957 et 304 en 1958. Dommage, elle n’aura jamais de descendance dans la gamme Cadillac.



Fiche Technique :

Moteur : V8 à 90° installé à l’avant ; alésage x course : 102 x 92 mm ; cylindrée : 5 980 cc ; taux de compression : 10 à 1 ; puissance : 325 ch puis 335 ch (SAE) à 4800 tr/mn ; distribution : arbre à cames central entre les 2 rangées de cylindres ; alimentation : 2 carburateurs quadruple corps.

 

Transmission : aux roues arrière ; boîte de vitesses : type Hydramatic automatique à 4 rapports.

 

Châssis : à longerons en X. Suspension avant : pneumatique, à roues indépendantes ; suspension arrière : pneumatique, avec essieu rigide.

  

Dimensions : Longueur : 5.52 m – Largeur : 1.99 m – Empattement : 3.20 m - Poids : 2 400 kg.

 

Freins : à tambours sur les 4 roues avec servo-assistance. Direction assistée à recirculation des billes.

 

Pneumatiques : 8.20 x 15 à flancs blancs.

 

Performances : 0 à 100 km/h en 13 secondes environ, vitesse maximale : 180 km/h environ.


1957 Cadillac Eldorado Brougham - Photo : Gooding & Company