Cadillac DeVille (1954-1955)

1955 Cadillac Coupe DeVille - Photos : Warren Hawtin

 

Publié par Philippe Baron le 23 décembre 2014.

 

Début 1954, Cadillac lance la deuxième génération du coupé DeVille. Initialement créée en 1949 pour désigner un coupé hardtop sans montant central entre la vitre de portière et la vitre de custode, l’appellation DeVille est attribuée en 1954 aux modèles de finition supérieure de la Série 62. Dans la lignée des autres Cadillac, le Coupe DeVille a pour objectif premier de confirmer la prédominance de la marque Cadillac dans le créneau des voitures de luxe à large diffusion.  Comme l’annonce la publicité de l’époque, les Cadillac apportent le confort et leur conducteur peut parcourir de longues distances avec toujours le même plaisir de conduire.

 

 

Pour profiter de la formidable croissance économique des années 1950 et 1960, les responsables de la GM décident une politique de « vieillissement dynamique de la gamme » qui amène à renouveler l'offre de produits de façon complète tous les deux ans, avec des modifications importantes tous les ans. En revanche, la technique est moins concernée par cette politique.

 

 

Après avoir entièrement changé son outillage, Cadillac relance sa production le 4 janvier 1954 avec des voitures arborant une nouvelle carrosserie dessinée par le bureau de style d’Harley Earl caractérisée par un pare-brise panoramique similaire à celui de l'Eldorado présentée l'année précédente. La prise d’air chromée au niveau de la naissance de l’aile arrière est conservée.

 

 

Etirée sur plus de 5,60 mètres et d’une largeur de 2 mètres, avec un empattement de 3.25 m, la luxueuse Américaine arbore des proportions harmonieuses, une véritable réussite esthétique avec sa calandre finement grillagée, un pare-brise panoramique, les pare-chocs chromés et un coffre allongé encadré par deux petits ailerons très élégants. Evidemment, le gadget propre aux Cadillac de cette époque est présent : l’orifice de remplissage du réservoir de carburant est dissimulé sous le feu arrière gauche. Sous le capot, le moteur V8 reçoit des pistons en aluminium et sa puissance est de 230 ch. Le Coupe DeVille est facturé 3 838 $. Sa production est de 17 170 exemplaires.

 

 

Pour 1955, la prise d’air chromée est réduite à sa moitié supérieure en devenant le prolongement vertical de la baguette latérale (sauf sur la Série 75). La calandre est retouchée, avec un maillage moins serré, le dessin des pare-chocs est modifié et les feux de positions passent de la calandre sous les phares. Pour la première fois, les pneus sont des « tubeless » (sans chambre à air).

 

 

L’année 1955 voit aussi l’apparition d’une nouvelle version du moteur V8 qui équipe toute la gamme. Ses performances ont été améliorées pour augmenter légèrement les performances du véhicule dont le poids ne cesse, lui aussi, d’augmenter (2 000kg environ). Le V8 de 6 390 cm3 de cylindrée développe une puissance de 250 ch à 4 600 tr/mn. Il est alimenté par un carburateur quadruple corps et permet de passer le cap des 160 km/h et même d’atteindre 175 km/h. La consommation moyenne est de 22 litres aux 100.

 

 

En 1955, le prix neuf de la Cadillac Coupé DeVille était de 3 800 000 francs. Pour info, le prix d’une Citroën DS 19 était de 940 000 francs. Le modèle Coupé DeVille 1955 a été produit à 33 000 exemplaires. Sa carrosserie est reprise par le coupé normal de la Série 62, qui prend la désignation de « Hardtop Coupe » (vendu à 27 879 exemplaires).

 

 

Les modèles de 1956 se distinguent par leur nouvelle calandre au maillage serré, leurs feux de position qui passent sous le pare-chocs et l’adjonction d’une moulure qui s’étend sur l’aile arrière de la jupe d’aile jusqu’au pare-chocs. Cette moulure est surlignée par une baguette chromée qui comporte neuf ouvertures verticales en avant du pare-chocs. Le moteur est réalésé à 6 litres et il développe 285 ch.

 

1954 Cadillac Coupe DeVille

 

Le concept de la carrosserie sans montant central est étendu à la berline qui devient alors « Sedan DeVille » (le terme « Sedan » désignant une berline aux États-Unis ; l‘origine de ce terme vient de la ville française de Sedan où était fabriqué un drap uni qui recouvrait l‘intérieur des berlines hippomobiles fabriquées en Angleterre au XIXe siècle. Par extension, le terme a fini par désigner la voiture elle-même, avant de traverser l‘Atlantique).

 

1954 Cadillac Coupe DeVille - Photos : Barrett - Jackson

 

Le Coupe DeVille est tarifé 4 569 $ et il est produit en 25 086 exemplaires. La Sedan DeVille est tarifée 4 698 $ et elle est produite en 41 732 exemplaires. Par comparaison, le Hardtop Coupe coûte 4 146 $ (26 649 exemplaires) et la Sedan coûte 4 241 $ (26 222 exemplaires). Grâce à sa carrosserie, la Sedan DeVille devient alors la Cadillac la plus produite de l’année.

 

1954 Cadillac Coupe DeVille