Chrysler 300 F (1960)

 

Publié par Philippe Baron le 16 septembre 2012.

 

La Chrysler 300 F de 1960 fait partie de l’illustre famille de la « Letter Serie » lancée en 1955 par le constructeur américain avec la C-300. Onze modèles luxueux à hautes performances vont se succéder tous les ans jusqu’en 1965. Diffusées confidentiellement en raison d’un prix très élevé, les 300 accolées d’une lettre différente à chaque millésime étaient exclusives. La 300 F comme les autres « Beautiful Brutes » est taillée aussi bien pour la performance que pour la parade.

 

 

En 1951, le V8 Chrysler Firepower est le moteur le plus puissant de toute la production américaine avec un bloc de 5.4 l de 180 ch soit 20 de plus que la concurrente Cadillac de cylindrée équivalente. Pour le millésime 1955, l’ensemble de la gamme Chrysler est magistralement restylé par l’emblématique Virgil Exner. De son côté, Bob Rodger, le préparateur Chrysler, réussit à tirer 300 ch du Firepower en montant un arbre à cames plus pointu, des poussoirs mécaniques, un vilebrequin renforcé et une alimentation assurée par deux énormes carburateurs Carter quadruple corps. Ainsi née la C-300 (pour 300 chevaux) qui était un coupé New Yorker dans lequel est venu se greffer ce nouveau moteur. Du jour au lendemain, elle est devenue la voiture de série la plus rapide du moment avec une vitesse de 200 km/h en pointe. Elle s’illustre immédiatement dans le populaire Championnat Nascar, où toutes des voitures qui se disputent la course, sont issues de la grande série.

 

 

A chaque millésime, la 300 sert de locomotive promotionnelle à l’évolution de la gamme Chrysler grâce à ses succès en compétition mais également avec un souci constant pour l’esthétisme. Ainsi la 300 C de 1957 est la première de la lignée à être déclinée en cabriolet sans baisse de performances avec même une suspension à barre de torsions pour un comportement routier irréprochable. Si la série 300 se mue de plus en plus en une voiture de prestige, Chrysler ne se repose pas pour autant sur le glamour de son véhicule mais continue d’innover sur le plan technique avec en 1958 pour la 300 D une direction à assistance variable et  pour le confort en 1959 pour la 300 E des sièges avant pivotants pour faciliter l’accès au véhicule et les variateurs automatiques des projecteurs pour ne pas éblouir les automobilistes venant en sens inverse.

 

 

Le 15 Janvier 1960, Chrysler annonce la " 6° de la lignée 300", la 300 F. Virgil Exner présente cette année-là une ligne fuselée aux ailerons acérés impressionnants. La 300 F mesure 5.56 m de long avec un empattement de 3.18 m, sa largeur est de 2.01 m et sa hauteur de 1.38 m.

 

 

La puissance du V8, de 375 ch en exécution standard, peut franchir les 400 ch avec un montage optionnel uniquement et boîte manuelle 4 rapports. Pour garantir une exploitation maximale de la puissance à tous les régimes, un dispositif inédit, Ram Injection, a été optimisé. Les tuyaux d’admission (rams) forment sur le V8 un tunnel de résonnance alimentant les carburateurs. Le 0 à 100 km/h est ainsi abattu en moins de 8 secondes pour les versions automatiques et sept secondes pour les variantes à boîte manuelle. La voiture de près de deux tonnes atteint en vitesse de pointe 225-230 km/h selon options et rapport de pont. Cette version téméraire et coûteuse ne séduira que 7 acheteurs.

 

 

La 300 F sera produite à 1 212 exemplaires (964 coupés et 248 cabriolets). La 300 G prend le relais de la Letter Serie en 1961.La 300 H en 1962 sera concurrencée par les modèles 300 tout court qui remplacent les modèles d’entrée de gamme de la série Newport, la Letter Serie se situant en haut de gamme. La série sera donc plus discrète avec la 300 J de 1963, la 300 K de 1964 et disparaitra définitivement fin 1965 avec la 300 L.

 

Le tableau de bord Astradome et les sièges baquets

Présentation d'époque par le sorcier lui-même : Bob Rodger

Le V8 413 CI (6.7 l) de près de 400 ch.

1960 Chrysler 300 F Hardtop - Crédit Photos : Gooding & Company