BMW Série 7 (1977-2008)

 

Publié par Philippe Baron le 29 avril 2018.

 

Ressuscitée du néant une vingtaine d’années après la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Bayerische Motoren Werke – ou tout ou moins son secteur automobile – est parvenue, grâce à un dynamisme incessant, à se hisser jusqu’à un niveau quasi inespéré. BMW reste un bel exemple de réussite industrielle et en 1977, elle créé une nouvelle série « 7 » au sommet de sa gamme.

 

 

Lors de sa création en 1916, la vocation de la Bayerische Motoren Werke était la construction d’avions et de motos. Les motos existent toujours, les avions ont disparu et l’automobile a pris sa place dans la production de la marque dès 1928. Après une longue période trouble, l’écusson BMW s’est remis à faire rêver dans les années 1960. En mai 1977, la firme bavaroise remplaçait les modèles 2500 à 3.3 l dans le rôle de grande berline de la gamme en introduisant la Série 7, conçue sous la direction de Paul Bracq, patron du style de la marque de 1970 à 1974.

 

 

La BMW Série 7 première génération est codifiée E23. Grande routière sérieuse, elle représente ce que la firme allemande fait de mieux en matière de confort, mécanique et technologie sans dépayser les fidèles de la marque ni par la carrosserie ni par sa mécanique. Spacieuse et volumineuse, elle reste toutefois dans des dimensions raisonnables avec une longueur de 4.86 m et une largeur de 1.80 m.

 

 

La Série 7 est exclusivement motorisées par des moteurs 6-cylindres en ligne. A son lancement, elle propose les versions 7.28 (2 788 cm3 170 ch) et 7.30 (2 986 cm3 184 ch) avec carburateur double corps à registre et la 7.33i (3 210 cm3 197 ch) avec l’injection électronique Bosch. A partir de 1979, tous les moteurs sont à injection : 7.28i 184 ch, 7.32i 197 ch et 7.35i 218 ch. Au printemps 1980, les trois berlines sont épaulées par un modèle vedette, la 7.45i, équipée en série du système anti-blocage ABS et d’un correcteur de niveau arrière hydropneumatique. Doté d’un turbocompresseur, le moteur de 3.5 l, équivalant ainsi à une cylindrée théorique de 4,5 l, délivre 252 ch.

 

 

À partir de 1983, sur la version 745i turbo, la cylindrée passe à 3 430 cm3, mais la puissance reste inchangée à 252 ch, la différence est dans l'adoption du système de gestion Motronic et une nouvelle boite de vitesses automatique à quatre rapports à gestion électronique.

 

 

En 1986, après 285 029 unités produites, la Série 7 première génération laisse place à la seconde toujours remarquable par ses avancées technologiques et un intérêt relancé grâce à la 750 dotée du premier moteur V12 conçu en Allemagne depuis longtemps.

 

 

Lorsqu’elle apparaît en juin 1986 avec sa nouvelle carrosserie, la série 7 (E32) crée un choc esthétique. Superbement dessinée par Ercole Spada et Hans Kerschbaum sous la direction de Claus Luthe, l’imposante berline haut de gamme, qui existe aussi en limousine avec empattement plus long de 11 cm, constitue une référence dans sa catégorie. Si son prix la réserve aux nantis, ils ont par ailleurs droit aux antipatinage (ASC), anti-plongé, anti-cabrage et antiblocage de freins.

1986 BMW 735i

 

Côté motorisations, la nouvelle série 7 débute avec ses six-cylindres en lignes de 2 986 cm³ pour la 730i avec 188 ch et 3 430 cm³ pour la 735i avec 211 ch. Mais en juillet 1987, débarque la 750i avec son V12 5 l de 300 ch. Elle est exclusivement livrée en boîte auto à 4 rapports et deux programmes.

1987 750iL

 

Au printemps 1992, à l’occasion du salon de Genève, tous les modèles de la série 7 sont désormais dotés de moteur huit cylindres. Ce sont des V8 à culasse quatre soupapes en aluminium coulé dont la puissance est de 218 ch pour le 3,0 l et de 286 ch pour le 4,0 l. Vus de l’extérieur, il n’y a quasiment pas de différence entre les nouveaux et les anciens modèles, sauf la partie frontale aux naseaux élargis. La 730i 8 cylindres est offerte avec une boîte mécanique tandis que la 740i dispose d’une boîte automatique à cinq rapports et commande hydro-électronique. La production de cette génération se termine en avril 1994 avec 311 068 exemplaires produits.

1992 BMW 740i

 

La Série 7 est renouvelée pour la troisième fois de son histoire en avril 1994. Plus longue de 7 cm (4,98 m) et légèrement plus large (1,86 m), cette génération E38 conserve dans un premier temps les V8 et V12 de sa devancière. Chaque version est également proposée en châssis long (+ 14 cm) avec un correcteur d’assiette à l’arrière.

1994 BMW 750iL

 

La version d’attaque, la 730i 218 ch, est remarquablement équipée. Par rapport à la Série 5, elle est dotée d’airbags, conducteur et passager, et un frein de stationnement avec commande au pied alors que la climatisation avec microfiltre est à commande manuelle. La commande auto-adaptative, apparue à l’automne 1993 sur les 530/540 et 840i, qui équipe les boîtes automatiques, est disponible sur toutes les versions. L’équipement pour la 730i Pack est enrichi d’une climatisation automatique avec contrôle du recyclage de l’air dans l’habitacle, d’une sellerie cuir Montana, de sièges avant à réglage électrique et d’un park distance control.

1994 BMW 730i

 

Le moteur de la 740i 286 ch est accouplé à la nouvelle boîte mécanique à six rapports avec sixième surmultipliée. L’équipement se complète de systèmes de freinage et différentiel renforcés, de l’antipatinage, de la direction assistée Servotronic asservie à la vitesse, rideau pare-soleil arrière à commande électrique et l’ordinateur de bord. La 750i V12 326 ch coiffe toujours la gamme.

1996 BMW 740i

 

En septembre 1995, la gamme est complétée par la 6-cylindres 728i 193 ch. En avril 1996, une nouvelle V8 est proposée, la 735i 238 ch, et la première version diesel 725tds 280 ch qui sera suivie de la 730d 410 ch en octobre 1998. En septembre 1998, est présentée le summum de la gamme, la L 7, qui est en fait une 750i Limousine encore rallongée de 25 cm avec son V12 5,4 l.

1998 BMW L7
1998 BMW 750iL

 

A la fin de l’été 1999, BMW présente la 740 d, la diesel la plus puissante du monde. Elle est équipée d’un bloc aux caractéristiques impressionnantes : d’une cylindrée de 3,9 l, ce V8 dispose d’une injection directe de type ‘rampe commune’. Sans oublier les deux turbos à géométrie variable, la chambre de combustion à quatre soupapes par cylindre, ou encore les deux échangeurs thermiques. Ce redoutable moteur développe 245 ch et surtout 560 Nm de couple de 1 750 à 2 500 tr/mn. Par comparaison, le V12 de 5,4 l de la 750i de 326 ch ne fournit que 490 Nm à 3 900 tr/mn. Cette vigueur exceptionnelle pour un diesel se traduit par une vitesse de pointe de 242 km/h. Dernière prouesse, la consommation moyenne de cette berline de près de 2 tonnes est annoncée, par le constructeur allemand, à 9,8 litres aux 100 km. Cette Série 7 E38 cesse sa production en juillet 2001 après 340 242 exemplaires produits.

1999 BMW 740d

 

La Série 7 quatrième génération nommée E65 est présentée en septembre 2001 lors du salon de Francfort pour un lancement au mois de novembre. La silhouette du haut de gamme BMW dessinée par Chris Bangle cache une sophistication technique impressionnante. En point d’orgue, le système iDrive propose au conducteur de tout commander via une molette tombant sous sa main droite sur la console centrale. Elle peut commander près de 700 fonctions. Il suffit de sélectionner les menus (navigation, télévision, ordinateur de bord, hi-fi…). L’électronique est partout, jusque dans la commande de la boîte automatique six vitesses (shift by wire). Les rapports peuvent être actionnés de façon séquentielle, grâce à des commandes situées sur la jante du volant. Il n’y a plus de levier de vitesse.

2001 BMW 745i

 

La Série 7 dispose de tous les systèmes électroniques d’aide à la conduite, mais on peut faire de la surenchère avec, par exemple, une option Dynamic Drive qui remplace les barres antiroulis par des stabilisateurs actifs. Surtout, les moteurs imposent le respect : de nouveaux V8 avec double Vanos, Valvetronic et conduits d’admission variable, dont les puissances sont à la hauteur du poids à mouvoir : 272 ch (735i) et 333 ch (745i). La Série 7 peut être livrée en version longue (5,17 m au lieu de 5,03 m, largeur 2,13 m).

2002 BMW 730d

 

Les versions diesel arrivent à l’automne 2002 : la 730d utilise le six-cylindres en ligne 3,0 de 218 ch. Plus puissante (258 ch), la 740d fait appel à un V8 biturbo. En essence, l’offre se complète avec la six-cylindres 3,0 la 730i de 231 ch et début 2003, la version limousine a le privilège de partager son moteur V12 avec la Rolls-Royce Phantom. Avec une cylindrée de six litres, il libère sans peine 445 ch.

2003 BMW 760Li

 

Quelques retouches esthétiques sont appliquées à la Série 7 en mars 2005 à l’occasion du salon de Genève. Le capot, les naseaux, les phares et le bouclier avant ont été finement retouchés. La partie arrière arbore de nouveaux blocs optiques et bouclier. A l’exception du V12 de 6 litres, tous les moteurs ont été remplacés par des blocs de dernière génération. Ainsi, les V8 essence 750i et 740i remplacent les 745i et 735i. La 740d laisse la place à un 8-cylindres 745d inédit. Du côté des 6-cylindres, la 730i reprend le 630i du coupé, tandis qu’en diesel, la 730d a vu son bloc entièrement repensé.

2005 BMW 760Li

 

Pour le reste, les trains roulants ont été optimisés pour un plus grand confort et une précision de conduite améliorée. Désormais, le client peut choisir entre le train Adaptative Drive, qui regroupe le système antiroulis et l’amortissement à variation continue, et le train Sport, qui combine le Dynamic Drive à un tarage sportif des amortisseurs.

2005 BMW 750Li

 

Fin 2006, la Série 7 est commercialisée sur certains marchés dans une version fonctionnant à l’hydrogène. Elle est ainsi la première voiture de série à s’offrir une telle technologie. Équipée du V12, elle développe ici 260 chevaux, ce qui réduit fortement les performances. Mais grâce à ce système, la grosse limousine ne rejette que de la vapeur d’eau. Fin 2008, la Série 7 E65, après 343 073 exemplaires produits, est remplacée par la nouvelle Série 7 codée F01.

2007 BMW Hydrogen 7