BMW M1 (1978-1981)

1980 BMW M1 - Crédit Photos : Gooding & Company

 

Publié par Philippe Baron le 10 mars 2013.

 

Un formidable trio de géniteurs réalisa la BMW M1, présentée au Salon de Paris en 1978. Pour la première fois, Ital Design de Giugiaro assurait le montage de la carrosserie qu’il venait de créer sur un châssis en provenance de Lamborghini, grand spécialiste des voitures à moteur central. Quant à BMW, son savoir-faire en matière de moteurs n’était plus à démontrer.

 



 

Le point de départ de la M1 ou E26 était la nécessité pour BMW de continuer sa prolifique lancée en compétition, qui lui avait valu en retour une forte image de marque. Ses modèles de série transformés avaient dominé les courses en circuit, mais les vieux coupés CSL avaient besoin d’être remplacés. Ainsi l’ancien pilote Jochen Neerpasch, devenu responsable de BMW Motorsport, le département compétition, lança le projet de la M1 en 1977. Le choix des partenaires fut rapidement déterminé : le bureau d’études Ital Design de Giorgetto Giugiaro pour la carrosserie, Lamborghini pour le développement et la fabrication du châssis. Le moteur était le domaine réservé de BMW.

 



 

Chacun s’acquitta de sa tâche avec ses qualités propres, mais l’osmose ne se fit pas. Après avoir construit quelques prototypes, Lamborghini se retira du projet et BMW laissa à Marchesi, un spécialiste italien de Bologne, la charge de produire les châssis puis de les livrer chez Ital Design, le carrossier allemand Baur assurant l’assemblage final. Sur la bascule, la M1 revendiquait 1 416 kg, ce qui n’était pas spécialement léger. Ainsi, les voitures de compétition ne purent jamais atteindre le minimum autorisé en Groupe 4 (1 000 kg) et, même avec des vitres en plexiglas et un intérieur dépouillé, elles pesaient aux alentours de 1 140 kg.

 

 

La carrosserie est réalisée en fibre de verre. La forme privilégie fortement l'aérodynamique avec pour but une vitesse maximale avec une consommation réduite au vu des performances produites. Très basse (114 cm de hauteur), la BMW M1 possède un profil caractéristique des sportives des années 1970. Son allure trapue et fluide est également due à sa largeur de1 823 mm pour une garde au sol de 124 mm et à ses grandes roues en alliage de 16" de diamètre. 

 

 

Le châssis de la M1 répond aux techniques classiques utilisées pour les voitures de course dans les décennies 60-70, à savoir une structure tubulaire sur laquelle étaient fixées l’ensemble moteur-transmission, les suspensions et la carrosserie. Le six-cylindres en ligne était installé longitudinalement, avec la boîte de vitesse s ZF dans le prolongement.

 

 

Le premier gros moteur BMW à 6 cylindres fut celui qui équipait la berline 2500 en 1968. La cylindrée passa successivement par les stades suivants : 2.8 litres, 3 litres, 3.3 litres et 3.5 litres. Le moteur de la M1 est le dernier de cette lignée. Ce 3.5 litres recevait une nouvelle culasse, deux arbres à cames en tête entraînés par chaîne et quatre soupapes par cylindre. Le système d’injection mécanique était d’origine Bosch et Kügelfischer, et Magneti-Marelli avait conçu un allumage électronique spécifique. Pour un moteur atmosphérique de l’époque, la puissance disponible était impressionnante : 277 ch à 6 500 tr/min. Dans les définitions Groupe 4 et Procar, elle montait à 470 ch avec un régime maximal de 9 000 tr/mn. En version suralimentée, autorisée dans le Groupe 5, elle atteignait 800 ch !

 

 

Beaucoup trop lourde, arrivée bien trop tardivement en compétition dans le cadre d’une réglementation sportive condamnée (le Groupe 4 et son évolution trop libérale, le Groupe 5), la BMW M1 n’a qu’un palmarès squelettique, et seule la série Procar, créée spécialement pour elle, sauva sa carrière, permettant à BMW de trouver un moyen de valoriser son image après avoir consenti à de lourds investissements. Vendue à un prix exorbitant, BMW eut un mal fou à la vendre. A 310  000 F en 1979, elle valait 50 000 F de plus qu’une Ferrari Boxer, 20 000 F de plus qu’une Lamborghini Countach et 100 000 F de plus qu’une Maserati Khamsin, des marques qui bénéficiaient d’une image. De plus, animée par un six-cylindres et non par un V8 ou par un V12, elle était défavorisée aux yeux de la clientèle.

 

 

Produite à 455 exemplaires (399 versions « route » et 56 versions « course »), La BMW M1 possède un tempérament de feu et des qualités routières de référence, qui la rendent une valeur sûre dans l’univers des voitures de collection. Sa rareté et ses atouts dynamiques la placent haut dans le cœur des collectionneurs.

 

1980 BMW M1 - Photos : RM Auctions
1979 BMW M1 Pro-car - Photos : Bonhams