BMW 507 (1955-1959)

1959 BMW 507 Roadster - Photos : RM Auctions

 

Publié par Philippe Baron le 20 janvier 2015.

 

Conçue pour conquérir un marché américain extrêmement réceptif aux belles sportives venues d’Europe, la BMW 507 figure en 1955 parmi les roadsters les plus exclusifs. Réussite esthétique, la BWW 507 est alors une nouvelle référence en matière de design automobile grâce à ses lignes classiques et son long capot. Mais son prix de revient prohibitif dû à l’absence de chaîne d’assemblage ne lui laissera aucune chance.

 

 

Au début des années 50, Max Hoffman, un homme d’affaire d’origine autrichienne vivant aux Etats-Unis et unique importateur de sportives européennes, arrive à convaincre BMW d’offrir à sa clientèle friande d’exotisme une voiture luxueuse et élégante à caractère relativement sportif. Qu’il s’agisse du cabriolet, en fait un strict roadster deux places, et plus encore du coupé, le dessin du comte Albrecht Goertz est une totale réussite. De celle qui marque une date dans l’histoire du style. Aristocrate allemand installé aux Etats-Unis, où il s’était spécialisé dans l’habillage de réfrigérateurs et de téléviseurs, Albrecht Von Goertz a commis, avec la BMW 507, un pur chef-d’œuvre. 

 

 

La BMW 507, présentée au Salon de Francfort en septembre 1955, possède sous son capot, un moteur V8 mis au point par les ingénieurs Alfred Böning et Fritz Fiedler et déjà monté sur la berline 501/502, dont elle reprend le châssis réduit de 35 cm. Ce moteur est réalésé à 3 168 cm3. Ce groupe propulseur à arbre à cames latéral et soupapes en tête, plus souple que véritablement puissant, développe 165 ch. La vitesse de pointe de la 507 varie de 200 à 225 km/h selon les rapports de pont, pour une consommation de l’ordre de 17 litres aux cent.

 

1958 BMW 507 Roadster - Photos : RM Auctions

 

Pour remplir son contrat américain et aussi sur les autres marchés, BMW doit vendre sa voiture à peu près deux fois moins chère que la Mercedes 300 SL Gullwing, dite « portes papillons », dont le système d’ouverture des portes rencontre beaucoup de succès. En réalité, le coût de fabrication de la BMW 507 s’avère prohibitif et le phénomène se répercute, tout naturellement, sur les tarifs. Quasiment aussi chère que la Mercedes alors qu’elle ne joue pas sur le même registre, la 507 n’a que peu de chance de pouvoir la concurrencer. Sa tâche est encore plus difficile face à la Jaguar  XK 140 qui propose un rapport prestige-performances-prix absolument imbattable ou même à l’Aston Martin DB 3.

 

1958 BMW 507 Series II - Photo : Gooding & Company

 

Rare à l’époque, la 507 est entrée directement dans le monde très fermé des voitures de rêve. Des voitures qui ont souvent une histoire, telle celle d’Elvis Presley qui en acheta une en Allemagne durant son service militaire. Agacé de devoir nettoyer en permanence les traces de messages laissées sur la carrosserie au rouge à lèvres, le King fit même repeindre son roadster blanc en rouge. A la fin de son service militaire, l’armée américaine se chargea de transporter le véhicule aux Etats-Unis où le roadster fut mis en vente sur le marché de l'occasion.

 

1957 BMW 507 Roadster - Photos : Bonhams

 

De l’été 1956, date de livraison de la première voiture, au printemps 1960 et l’arrêt d’une production qui n’aura jamais connu de cadences infernales, 252 BMW 507 ont été assemblées. Cependant, si cette automobile fut un échec commercial, sa rareté autant que sa magnifique carrosserie en font aujourd’hui une star des ventes aux enchères de voitures de collection. 

 

1959 BMW 507 - Photo : Gooding & Company
La dernière des BMW 507 construites au printemps 1960 - Photo : David Traver Adolphus
1959 BMW 507 Coupe by Giovanni Michelotti - Vignale - Modèle unique

Photo : Retro.Site.Voila.fr