BMW 2800 CS/3.0 CS/CLS (E9) (1968-1975)

 

Publié par Philippe Baron le 20 janvier 2016.

 

Après une période longue et sombre, BMW se relève au début des années 1960 grâce à sa gamme de berlines moyennes, la Neue Klasse. Mais le constructeur bavarois n’entend pas pour autant délaisser le haut de gamme. La bonne formule est dévoilée sous le nom de 2800 CS à l’automne 1968. Ce coupé contribue à asseoir l’image de modernité de BMW, une image dont il continue de jouir aujourd’hui.

 

 

En 1968, au lac de Tegern, à 50 km au sud de Munich, quelques jours avant le Salon de Francfort, la firme bavaroise présente deux berlines (E3), la 2500 de 150 ch et la 2800 de 170 ch qui est également déclinée sous forme d’un coupé (E9). La BMW  2800 CS remplace la gamme 2000 C/CS. Elle reprend la même carrosserie toujours construite chez Karmann mais elle en diffère par sa face avant qui a perdu ses yeux de chat pour céder la place à quatre optiques circulaires plus classiques mais avec une certaine dose d’agressivité. Le capot est également allongé de treize centimètres pour accueillir le 6-cylindres en ligne, hérité des berlines 2500/2800. Ce moteur, type M30, fera beaucoup pour la renommée de BMW.

 

 

Doté d'un arbre à cames en tête unique, ce moteur de 2,8 litres développe 170 ch DIN à 6 000 tr/mn. Il est accouplé à une boîte de vitesses manuelle aux quatre rapports bien étagés - une boîte automatique ZF est disponible en option. La transmission intègre un différentiel à glissement limité (25%). Ce moteur offre un grand agrément de conduite. Respirant bien, il se révèle souple, silencieux, mais aussi peu gourmand, consommant de l'ordre de 15 litres aux cent kilomètres. La 2800 CS atteint une vitesse de pointe de 205 km/h, avec des accélérations d'un excellent niveau : 0 à 100 km/h en 9 secondes, 16,5 secondes aux 400 mètres départ arrêté et 30,5 secondes au kilomètre. 

 

 

Si la 2800 CS reçoit une direction assistée et un correcteur d'assiette pneumatique sur l'essieu arrière, sa faiblesse tient à son freinage mixte, freins à disques à l'avant, tambours à l'arrière. Sur un parcours exigeant ou en conduite rapide, ce dispositif révèle vite ses limites. Une politique surprenante de la part de BMW, surtout sur un modèle à vocation sportive, alors que les berlines 2500 et 2800 bénéficient, quant à elles, de quatre disques.  Au terme d'une brève carrière, la 2800 CS s'efface devant la 3.0 CS en mars 1971. 9 399 exemplaires (dont 1 167 exportés aux Etats-Unis) ont été produits.

 

1971 BMW 3.0 CS (E9)

 

Au printemps 1971, la 2800 CS est remplacée par la 3.0 CS, toujours assemblée chez le carrossier allemand Karmann. Le 6-cylindres de 3 litres délivre maintenant 180 ch avec des performances de premier plan dont la vitesse maxi de 206 à 213 km/h. La technicité est de haut niveau avec barre antiroulis à l’avant et un différentiel autobloquant, élément alors réservé aux seules grandes sportives. 

 

1971 BMW 3.0 CSi (E9)

 

Ce coupé de 4.63 m de longueur et 1.73 m de largeur conserve sa boîte 4 vitesses, la direction assistée et les suspensions à roues indépendantes à correcteur d’assiette mais, pour le freinage, adopte des disques sur les quatre roues. A l’automne 1971, la 3.0 CS est secondée par la 3.0 CSi, à moteur à injection de 200 ch. La production du coupé se portera à 19 264 exemplaires jusqu’en 1975 lors de l’arrivée de la Série 6.

 

1971 BMW 3.0 CSi (E9)

 

A Genève, au printemps 1971, est présentée également une version légère (leichtbau), la CSL, destinée à la compétition et dont le poids a été allégé de 200 kg, soit 1 200 kg, grâce aux portières et capot en aluminium, le plexiglas pour les vitres de custodes et la lunette arrière, un pare-brise en verre plus fin (Glaverbel), la suppression du pare-chocs avant et le remplacement du pare-chocs arrière par un élément en polyester. Seuls, 165 exemplaires seront construits. Cependant, l’idée de passer ce modèle de la compétition à la route est trop séduisante pour le constructeur bavarois. Pour l’occasion, son tout nouveau département BMW Motorsport GmbH élabore un nouveau moteur à injection de 3 003 cm3 de 200 ch. La CSL reçoit les vitres teintées et les pare-chocs chromés de la CS mais se pare d’entourages de passage de roues chromés, un volant trois branches et des sièges baquets. 

 

1972 BMW 3.0 CSL - Photos : Bonhams

 

La CLS ainsi dotée est produite à partir d’août 1972. 929 exemplaires seront fabriqués mais à ce chiffre il faut y ajouter, à partir de juillet 1973, 167 exemplaires de la 3.0 CSL dans sa version « Batmobile ». Le 6-cylindres est cette fois porté à 3.2 l avec désormais 302 ch à 5 600 tr/min. La « Batmobile » est dotée d’un aileron de toit, d’un immense aileron arrière, dérives d’abeilles, spoiler avant…. Cette version servira de base à la version de compétition, équipée d’un moteur de 3 500 cm3 de 360 ch, qui remportera de nombreuses victoires.

 

1973 BMW 3.0 CSL (E9)