Bentley Continental R (1952-1955)

 

Publié par stubs-auto le 22 août 2012.

 

En 1952, la Bentley Continental R, la berline la plus rapide du monde, a un prix : 8 millions de francs de l’époque, soit l’équivalent de vingt Citroën 2 CV, de quatre Jaguar Mark VII, ou de deux Cadillac Eldorado ou de deux Mercedes 300 SL. La maison mère Rolls-Royce veillait à ce que les Continental soit conduites par des clients très sélects dont la réputation était à la hauteur des voitures de la marque.

 

 

La Bentley Continental R vendue aux enchères par RM Auctions en 2011 : 582 000 €. Son premier acquéreur était Laurence Rockefeller, l’un des héritiers de la célèbre famille, qui l’offrit en cadeau à son épouse. Cette voiture est l’un des 43 exemplaires assemblés en conduite à gauche.

En 1951, lorsque le châssis du prototype nommé Olga pour OLG 490, est préparé, il est confié au carrossier H.J. Mulliner, partenaire de longue date de la marque. La Continental semble un juste compromis entre luxe et sport, une réelle recherche aérodynamique avec ses lignes fuselées vers l’arrière. Des essais avaient été faits en soufflerie, ce qui était peu habituel pour l’époque. Excepté pour sa traditionnelle calandre Bentley, un regard a été porté sur la tendance esthétique de l’autre côté de l’Atlantique comme en témoignent le pavillon fuyant, les carénages des roues arrière et les lignes de la poupe qui s’abaissent sans décrochement pour la lunette arrière ou pour le coffre intégré à la ligne fastback.

 

 

L’habitacle se distingue par son luxe et son raffinement mais l’équipement reste limité pour économiser du poids avec cependant dès1953, une vitre arrière chauffante. Toujours avec cette volonté d'allégement, la carrosserie est fabriquée en alliages légers comme les pare-chocs et les armatures de sièges. 

 



Les premiers essais de la Continental sont effectués à Châteauroux au centre d’essais de Rolls-Royce. L’endroit est stratégiquement bien situé entre Londres et Nice, destination prisée par la haute société britannique lorsqu’elle quitte son île pour se rendre sur le continent. L’adoption du mot Continental ne laisse aucune ambigüité pour cette voiture destinée et conçue pour de longues routes rectilignes pour rejoindre la Côte d'Azur. De même, WO Bentley était connu pour parcourir de nombreux kilomètres sur les routes françaises pour tester ses châssis. 

 

Bentley n’était pas la seule marque à faire usage de l'appellation Continental. Rolls Royce avait utilisé le nom en 1913 pour la Silver Ghost Continental, puis un peu plus tard pour la Phantom Continental. Ford proposa à partir de 1940 sa Lincoln Continental, version très haut de gamme, qui fut suivie seize ans plus tard par une Lincoln Continental Mk II.

 

 

La Continental R, longue de 5.37 m et pesant 1 600 kg, est propulsée d’abord par un moteur à six-cylindres en ligne de 4.6 litres qui passera à 4.9 litres en 1954 avec un couple plus généreux. Sa vitesse de pointe dépasse les 190 km/h soit autant qu’un coupé Alfa Romeo 1900 Super Sprint. La Continental R pouvait être dotée en option d’une boîte automatique de trois rapports fournie par General Motors. En raison de son haut niveau de performances, la Continental R est considérée comme la dernière Bentley fabriquée par Rolls Royce dans l'esprit des Bentley d'avant guerre.

 

 

La Continental conclut également un chapitre de l’histoire Bentley et de Rolls-Royce en étant la dernière Bentley à sortir de l’usine sous forme de châssis uniquement pour être habillée par un carrossier qui répondra aux désirs particuliers des clients. Il fut ainsi fabriqué 208 Bentley Continental R entre juin 1952 et mai 1955. C'est le coupé de Mulliner qui rencontra le plus grand succès avec 193 unités produites. Six Continental R furent habillées chez Park Ward, trois chez Graber, cinq chez Franay et une chez Pinin Farina. La répartition des ventes par pays fait état de 108 voitures en Grande Bretagne, 34 en France, 28 aux Etats Unis, 24 en Suisse, et le solde dans 10 autres pays (dont une à Cuba).