Austin Mini Moke (1964-1993)

Publié par Philippe Baron le 25 août 2012.


Lorsque l’armée britannique fait appel à la British Motor Corporation à la fin des années cinquante pour un nouveau véhicule de liaison léger susceptible d’être parachuté, Alec Issigonis, père de la Mini, est loin de se douter que sa petite Moke, qui sera jugée inapte pour une utilisation militaire, trouvera son terrain de prédilection au soleil sur les plages du monde entier dont Saint-Tropez avec une ambassadrice de charme, Brigitte Bardot.


En 1959,  ‘Buckboard’ est le premier prototype à être présenté aux soldats de sa Gracieuse Majesté mais il est refusé en raison de sa trop faible garde au sol et de la puissance insuffisante de son moteur de 848 cm3. Seule, la Royal Navy montre quelques signes d’intérêt pour l’utiliser sur le pont des porte-avions. Non découragée, la BMC revoit sa copie et propose en 1962 la Mini Moke (qui signifie bourricot) avec des capacités de franchissement améliorées par une suspension aux débattements augmentés et des pneus de plus gros diamètre. Puis elle se pare d’un moteur toujours de 848 cm3 mais qui entraîne aussi les roues arrière. Bien qu’étant devenu un authentique 4 x 4, le véhicule de la BMC ne retient toujours pas l’attention des responsables militaires aussi le groupe britannique décide, après avoir consacré tant d’efforts à son développement, de le commercialiser dans une version civile qui voit le jour en janvier 1964.


Vendue en tant que véhicule utilitaire, l’Austin Mini Moke, basée sur la Mini mais avec sans portes et un équipement très réduit, échappe à la tva britannique. Malgré cet avantage et sa présence dans Le Taxi Mini Moke dans le Prisonnier

Vendue en tant que véhicule utilitaire, l’Austin Mini Moke, basée sur la Mini mais sans portes et avec un équipement très réduit, échappe à la TVA britannique. Malgré cet avantage et sa présence dans la série télévisée ‘le prisonnier’ dans le petit village de Portmeirion au Pays de Galles, la Mini Moke ne remporte pas le succès espéré dans son pays où elle représente seulement 10 %  des ventes globales si bien que l’usine de Longbridge cesse sa production en 1968 après 14 518 exemplaires fabriqués.


 

Cependant en Australie, la production des Mini Moke avait déjà commencé dès 1966 sous le nom de Morris Mini Moke avec une motorisation plus généreuse de 998 cm3 de 40 ch pour une vitesse de pointe de 130 km/h et des roues de 13 pouces au lieu de 10 pouces pour les versions anglaises. A partir de 1973, elle sera commercialisée sous le nom de Leyland Moke. La motorisation passera en 1976 à 1 098 cm3 puis à 1 275 cm3 en 1977. Baptisée la Moke Californian, elle sera produite jusqu’en 1981 à 26 142 exemplaires.

 

 

A partir de 1980, c’est une autre filiale de la BMC au Portugal qui reprendra la fabrication de la Moke jusqu’en 1993 après environ 10 000 exemplaires produits. Près de trente ans au catalogue, en passant par tous les soubresauts du groupe Austin-Rover, la Mini Moke a été produite à 49 937 exemplaires.

 

Lorsque l’armée britannique fait appel à la British Motor Corporation à la fin des années cinquante pour un nouveau véhicule de liaison léger susceptible d’être parachuté, Alec Issigonis, père de la M Brigitte Bardot et sa Mini Moke 1967

 

La Moke est aujourd’hui l’une des voitures de location préférées par les touristes lorsqu’ils se rendent dans des îles tropicales, des Seychelles aux iles de la Caraïbe. En France, La Moke fait partie de l’art de vivre made in Côte d’Azur, surtout depuis 1967 lorsque Brigitte Bardot commença à l’utiliser avec ses animaux de compagnie sur les plages et les routes de Ramatuelle et Saint-Tropez. La star qui en possède deux a proposé l’une d’elles aux enchères au printemps 2012. Cette Mini Moke blanche de 1967 s’est vendue à 23 000 €. La somme récoltée a été reversée à sa Fondation Brigitte Bardot dont l’action vise à défendre les droits des animaux. 

 

Photos : RM Auctions