Austin Healey Sprite (1958-1971)

Austin Healey Sprite Mk I

 

Publié par Philippe Baron le 24 juillet 2013.

 

Présentée à la presse lors du Grand Prix de Monaco de 1958, l’Austin-Healey Sprite est accueillie par un concert de louanges. Elle attire la sympathie et son prix est considéré comme un atout décisif. Très amusante du point de vue esthétique, ses yeux de grenouille lui valent rapidement le surnom de Frogeye et Bugeye pour les américains qui y voient plutôt un insecte. Son originalité réside aussi par la configuration de son capot formant une pièce unique avec les ailes. Son ouverture provoque le basculement de toute la partie antérieure.

 

 

Fort du succès de l’Austin-Healey 100, Leonard Lord, le dynamique patron de la BMC (British Motor Corporation) soumet à Donald Healey le projet d’un roadster de faible cylindrée, « rustique et bon marché, que l’on pourrait ranger dans un hangar à vélos ». Donald Healey s’acquitte de la demande en présentant la « Sprite » (lutin) aux formes ramassées qui reprennent une ancienne esquisse du dessinateur Gerry Coker, le styliste de la Healey Company, auteur de la 100, puis du futur roadster 3000. Avec ses rondeurs et son regard de batracien, la Sprite ressemble à un jouet.

 

Photo : Hemmings

 

Très rudimentaire, la Sprite est un modèle de dépouillement, sans poignées de porte ni couvercle de coffre. Elle est animée par le 4-cylindres en ligne des Austin A35 et Morris Minor, qui passe de 34 à 43 ch, de quoi pouvoir filer à 130 km/h. Une impression de grande vitesse est due à son faible poids de 650 kg et sa position au ras du sol. Malgré l’engouement qu’elle provoque, en particulier aux Etats-Unis, elle ne reste au catalogue que trois ans, après 48 947 exemplaires, pour être remplacée par une nouvelle version beaucoup plus conventionnelle en mai 1961.

 

1959 Austin Healey Sprite - Photos : eBay

 

A cette Sprite Mk II, la BMC décide de lui donner une sœur jumelle, la MG Midget. D'où le sobriquet de "Spridget" donné à ces voitures. La Mk II a été dessinée moitié par Healey pour l'avant, et moitié par MG en charge de la partie arrière ! Mais dans ce lifting qui la rend plus gracieuse, la Sprite perd le caractère qui faisait son originalité. Elle gagne toutefois un coffre à bagages de dimensions supérieures, mais elle perd son "couvercle" antérieur d’une seule pièce remplacé par un capot à ouverture classique avec ailes fixes. La mécanique bénéficie d’une légère augmentation de la puissance, qui passe à 47 ch à 5 500 tr/mn, ce qui permet de gagner en souplesse et en vitesse (135 km/h désormais). En octobre 1962, elle reçoit un moteur 1100 cm3, dont les 56 ch l’entraînent à 145 km/h, ainsi que des freins à disques à l'avant.

 

1962 Austin-Healey Sprite - Photos : Bonhams
1963 Austin Healey Sprite - Photo : Dan Henry, RM Auctions

 

La Sprite Mk III fait son apparition en mars 1964. Les changements sont mineurs et concernent un confort amélioré, un nouvel intérieur, des vitres descendantes dans les portes, un nouveau pare-brise et un tableau de bord plus complet. Avec la Mk IV lancée en octobre 1966, la Sprite entre dans la catégorie des 1300 cm3 grâce à un moteur dérivé de celui de la Morris Cooper S. Avec 65 ch, la voiture atteint la vitesse de 150 km/h, excellente compte tenu de sa taille. La Sprite se voit doter d'une capote fixe qui en fait un cabriolet.

 

1969 Austin Healey Sprite

 

Dans la grande réorganisation et rationalisation que connaît la BMC, devenue BLMC, la Sprite sera finalement retirée en juin 1971 au profit de la Midget Mk III, qui poursuivra seule sa carrière jusqu'en 1974. En tout, 129 347 exemplaires de la Sprite ont été sortis de l’usine d’assemblage d’Abingdon dans l’Oxfordshire au sud-est de l’Angleterre entre 1958 et 1971.