Austin Healey 100 (1953-1959)

Photo : Marc Vorgers

 

Publié par Philippe Baron le 31 juillet 2016.

 

Après sa présentation au salon de Londres de 1952, la production de l’Austin Healey 100 démarre en mai 1953 dans la célèbre usine Austin de Longbridge. Contrairement aux exemplaires d’avant série, elle est réalisée en tôle d’acier. Dessinée par Gerry Coker, la « Big Healey » apparaît comme une des plus belles réussites du design britannique. Racée et agressive mais d’un dessin très homogène, elle est un chef d’œuvre d'élégance. Equipée d’un pare-brise articulé, elle conserve la calandre en forme de cerf-volant des premières Healey.

 

 

En 1952, Donald Healey présente son prototype l’Healey 100 au Salon de l’Auto d’Earls Court. Cet excellent pilote britannique de rallye d’avant-guerre avait la particularité de préparer lui-même ses voitures comme l’Invicta au volant de laquelle il remporta le Rallye Monte Carlo en 1931. En 1933, Triumph le recrute pour mettre au point des moteurs spécifiques dont celui de la Triumph Dolomite 8 cylindres à compresseur dans le but de la voir gagner en compétition. En 1948, il prend son indépendance et crée sa propre firme, la Healey Motor Company pour fabriquer des voitures de sport. Il réalise différents modèles avec des moteurs Riley et passe un accord avec le constructeur américain Nash pour la fourniture d’un 6-cylindres 3.8 l qui équipera les Nash Healey du début des années 1950.

 

 

Dessinée par Gerry Coker, l’Healey 100 (pour 100 miles à l’heure) séduit par son dessin très homogène, les rondeurs galbées de sa poupe et sa calandre en forme de cerf-volant. Le roadster, réalisé entre autres avec l’ingénieur Roger Menadue, séduit le patron de la BMC, Leonard Lord, qui propose à Donald Healey de produire la voiture sous le nom d’Austin-Healey 100 d’autant plus qu’elle est équipée du moteur 4-cylindres de l’Austin A90, Austin faisant partie de la British Motor Corporation. L’argument incontestable est qu’avec son usine de Longbridge, Austin peut en produire 200 unités par semaine, alors que seul à Warwick, Healey n’en aurait fait que 200 par an !

 

 

La production de l’Austin Healey 100 démarre en mai 1953. Conçue dès l'origine à conduite à gauche, elle vise évidemment le très porteur marché américain qui d’ailleurs absorbera près de 80% de la production. Son quatre cylindres de 2 663 cm3 et 90 ch est emprunté à l'Austin A 90 Atlantic. Il est accouplé à une boîte de vitesses à quatre rapports mais la première vitesse est particulièrement si courte qu’on en fait une trois-vitesses. Un essai en 1953 par ‘The Motor’ constate que les 100 miles per hour sont bien dépassés avec un enregistrement à 170 km/h et un 0 à 100 en 11.2 secondes avec une consommation cependant de 14 litres aux 100. Seule la Jaguar XK120 est plus rapide, mais son prix de vente est très nettement supérieur (4 040 $). L’Austin-Healey 100 (2 985$) coûte un peu plus que la Triumph TR2 (2 450$) mais reste à un tarif compétitif par rapport à la Chevrolet Corvette (3 400 $) et la Nash-Healey… 5 910 $.  

 

1954 Austin Healey 100 S

 

L’Austin Healey 100 connaît une première évolution en août 1955 (série BN2) avec l’adoption du train arrière de la Morris Minor et d’une boîte de vitesses à quatre rapports. Après une production de 10 688 exemplaires, l’année 1956 marque un tournant dans l’évolution de l’Austin Healey 100-4 avec sa remplaçante, l’Austin Healey 100-6, premier modèle à six cylindres. 

 

 

L’année 1956 marque un tournant dans l’évolution de l’Austin Healey avec l’apparition du premier modèle à six cylindres. C’est la 100 Six (série BN4), dont le moteur BMC série C de 2 639 cm3 et 102 ch est d’origine Morris.

 

 

Pour loger ce groupe encombrant, le capot moteur est allongé et le radiateur avancé dans le châssis, d’où la présence d’une bosse sur le capot dissimulée par une prise d’air postiche. Pour répondre à une demande des américains, cinq centimètres ont été ajoutés au centre du châssis et la carrosserie a été allongée pour faire de la voiture une 2 + 2. La partie arrière s’en trouve sensiblement modifiée, tandis que les portes reçoivent des poignées, symbole de l’embourgeoisement de la voiture. La face avant est également remodelée, la différence vient de la calandre qui, de trapézoïdale sur les 100 à 4 cylindres (sauf la 100 S), devient ovale. Quant au pare-brise, il est désormais fixé à la caisse.

 

Photo : Marc Vorgers

 

Variante de la précédente, la 100 Six série BN6 revient en 1958 à la carrosserie deux places. Ce dont profite le volume du coffre accru par la disparition des places arrière. Le moteur reçoit en même temps un surcroît de vitamines (117 ch) grâce à une nouvelle culasse et à des carburateurs SU HD6. Mais les freins à disques sont encore réservés aux voitures de compétition. Plus pour longtemps, jusqu’à la prochaine étape de l’évolution de la « Big Healey », la 3000.

 

1956 Austin Healey 100M Le Mans Roadster

 

Production 1956-1959 : 14 436 exemplaires

Vitesse maximale : 167.2 km/h

Accélération : le 0 à 100 km/h en 10.7 s

Consommation mixte : 13.6 l/100 km     

Dimensions : Longueur : 4.00 m - Largeur : 1.52 m - Hauteur : 1.27 m

 

Photos : Darin Schnabel