Austin Cambridge (1954-1968)

Austin A40 Cambridge and an A55 Mk1 Cambridge - Photo : Dollywobbler

 

Publié par Philippe Baron le 27 mai 2015.

 

Le Salon de l’Automobile de Paris d’octobre 1954 sert de cadre au lancement des nouveaux modèles A40 et A50 d’Austin qui, contrairement à leur devancière la Somerset, n’adopte pas un nom de comté anglais mais celui de la ville universitaire de Cambridge. Les lignes de la carrosserie, devenue monocoque, sont à nouveau dessinées par Dick Burzi.  

 

Austin A40 Cambridge - Photo : Norfolk John

 

L’Austin A40 est animée par le 1 200 cm3 de 42 ch de l’ancienne Somerset tandis que l’A50 étrenne un 1 500 inédit obtenu par augmentation de l’alésage (1 489 cm3 – 73 x 89 mm) et fort de 47 ch. Cette dernière revendique de meilleures performances, avec une vitesse de pointe de 123 km/h, contre 112 pour l’A40. Bien que rien ne permette de distinguer extérieurement une A40 d’une A50, la seconde nommée remportera un succès bien plus important du fait de sa motorisation.

 

Austin A50 Cambridge - Photo : Matt

 

Avec sa calandre tout en largeur, la face avant adopte le nouveau logotype de la marque et la calandre à baguettes ondulantes qui doit permettre, à l’avenir, d’identifier sans erreur possible une Austin, indépendamment du ‘Flying A’, ce logo ailé inspiré par le ‘B’ de Bentley et que l’on retrouve au bout du capot de toutes les autos sorties de l’usine de Longbridge.

 

1955 Austin A50 Cambridge - Photo : Martin Alford

 

La nouvelle Austin abandonne les noms de comtés (Devon, Dorset, Somerset) pour adopter celui de la ville universitaire Cambridge. S’agit-il là d’un pied de nez au rival de toujours, en l’occurrence Morris, qui baptise traditionnellement son modèle de gamme moyenne du nom d’Oxford, autre ville universitaire ? Cela ne manque pas de piquant, considérant que depuis décembre 1952, Austin et le groupe Nuffield dont fait partie Morris, ont fusionné au sein de la BMC (British Motor Corporation), ne mettant pas visiblement un terme aux rivalités, qui d’ailleurs sont appelées à perdurer de nombreuses années.

 

Austin A50 Cambridge - Photo : James Tworow

 

En janvier 1957, la production de l’Austin A40 est arrêtée (30.666 exemplaires) et la version A50 (114 867 exemplaires) devient l’A55. Le changement porte essentiellement sur la partie arrière qui est allongée donnant au véhicule plus de prestance tout en bénéficiant d’un plus grand volume de coffre. Après 154 000 exemplaires produits, la Cambridge A55 laisse place à la Cambridge A55 Mk II en janvier 1959.

 

1957 Austin A55 Cambridge
Austin Cambridge A55 - Photo : Simon Nobes

 

Au milieu des années 1950, si l’on excepte Vauxhall et Ford, qui restent largement sous influence de leur maison mère américaine respective, les constructeurs britanniques commencent à opter pour des officines étrangères pour moderniser leur flotte. Ainsi Leonard Lord, dirigeant du groupe BMC, n’hésite pas à prendre le chemin de l’Italie pour signer avec Pininfarina un contrat dont la mission est de concevoir les lignes des futures voitures moyennes du groupe, mais aussi celles des grosses berlines.

 

1959 Austin A55 Cambridge Mk II

 

En janvier 1959, est présentée l’Austin A55 Cambridge version MkII qui dérive de l’ancienne A55 Cambridge. Sa ligne tout en angles vifs est du pur Pininfarina de l’époque de la Lancia Florida II à la Peugeot 404. Le même dessin est à peine recyclé, une carrosserie moderne et séduisante portée par une tendance venue d’outre-Atlantique. Mécaniquement, le moteur 1 489 cm3 de la Cambridge Mk I est retravaillé avec une petite augmentation du couple et de la puissance qui passe de 52 ch à 54ch pour donner une vitesse maximale sur anneau de 127 km/h. La Cambridge Mk II sera produite à environ 142 000 exemplaires avant son remplacement en octobre 1961 par la Cambridge A60.

 

1959 Austin A55 Cambridge Mark II - Photos : Paul
Photo : Earlier

 

Présentée au Salon de Londres 1961, l’Austin Cambridge, devenue A60, est redessinée et perd un peu l'aspect anguleux de certaines créations Pininfarina de l’époque. Selon une formule mise en place depuis sa création, la British Motor Corporation présente sous des noms différents des modèles exactement semblables avec pour les différencier l’écusson de leur marque respective et une calandre spécifique. Ainsi, dans la catégorie 1500 cm3, sont apparues, en octobre 1961, une nouvelle Austin Cambridge et l’identique Morris, tout naturellement baptisée Oxford.

 

1967 Austin Cambridge - Photo : Alan Gold

 

La nouvelle Austin reçoit un nouveau moteur de 1 622 cm3 contre 1 489 cm3 précédemment. Ce moteur reste toujours de conception ancienne puisqu'il n'est pas chemisé et que sa culasse est encore en fonte. Le vilebrequin repose sur trois paliers. Avec un rapport volumétrique assez élevé de 8,3, la puissance obtenue est de 61ch à 4 500 t/min. Le couple maximum est de 12,5 mkg à 2 100 t/min. L'alimentation est assurée par des soupapes en tête commandées par culbuteurs, par une tubulure admission-échappement et par un carburateur SU. La Cambridge peut être équipée d’une boîte automatique en supplément, ce qui est une nouveauté dans cette catégorie, mais les voitures reçoivent de série une boîte mécanique à quatre rapports dont la première n'est pas synchronisée. Ressorts hélicoïdaux à l'avant et ressorts à lames à l'arrière pour la suspension, tambours pour le freinage et vis classique pour la direction. Chiffres de production (1961-1968) : 268 293 unités dont 36 184 Countryman et 11 350 berlines diesel. 

 

1967 Austin A60 Cambridge - Photo : Damian Sharples
Photos : Jimmy Flink
Photo de 1972 de Kevin Lane
Photo : Peter Cousins