Aston Martin DB7 (1994-2003)

Aston Martin DB7 Vantage 1999 (Crédit photo : NetCarShow.com)

Publié par Philippe Baron le 3 novembre 2012.

 

Toujours aussi exclusives depuis leur création, les Aston Martin ont su concilier avec brio esthétisme, luxe, raffinement et hautes performances. Pourtant, cela n’a pas empêché la firme anglaise de connaître une histoire tumultueuse et de traverser des crises à maintes reprises. Au début des années 90, le groupe Ford sera à l’origine de la renaissance spectaculaire de la marque, symbolisée par ce qui deviendra son best-seller : la DB7.

 

Aston Martin DB7 GT 2003

 

En 1987, Ford rachète 75 % d’Aston Martin et toutefois laisse Victor Gauntlett, le précédent repreneur, à son poste de dirigeant. Il occupera cette fonction jusqu’en 1991, participant d’ailleurs à l’élaboration du projet appelé en interne NPX (Newport Pagnell Experimental). Pour Ford, l’avenir d’Aston Martin doit passer par l’adoption de nouvelles normes de production pour rendre l’entreprise viable et offrir un produit tout aussi attractif mais plus ‘accessible’. Le géant américain, devenu également propriétaire de Jaguar, profite de sa récente acquisition pour mutualiser les investissements techniques.

Le site artisanal de Newport Pagnell, siège historique d’Aston Martin depuis 1954, n’a pas l’espace suffisant pour assurer l’assemblage de la future DB7. Aussi Ford saisit l’opportunité de la disponibilité de l’usine TWR JaguarSport, située à Bloxham, au nord du comté d’Oxfordshire au sud-est de l’Angleterre, dès l’arrêt de la production de la Jaguar XJ220 en 1993. Les DB7 seront les seules Aston Martin produites sur ce site et les seules avec une construction semi-monocoque en acier héritée de Jaguar (Aston Martin utilise traditionnellement l'aluminium pour les carrosseries de ses voitures, et les modèles suivant la DB7 emploient l'aluminium pour le châssis aussi bien que pour beaucoup de parties de la voiture). Les carrosseries seront montées à l’usine d’assemblage de Coventry puis envoyées à Crewe dans l’usine Rolls Royce pour la peinture jusqu’en 1998, lors de l’installation d’une station de peinture à Bloxham.

 

 

Présentée à Genève en mars 1993, la DB7 reprend la calandre en « chapeau de gendarme » initiée sous le règne de David Brown (d’où le nom DB), lequel donna son accord pour l’utilisation du nom DB7. La silhouette discrètement agressive de la voiture revient en partie à Keith Helfet, l’auteur du projet mort-né de la Jaguar F, et à Ian Cullum qui transformera son style général pour qu’elle puisse ressembler à une Aston Martin. Le cabriolet ‘Volante’ n’apparaîtra qu’en 1996, dévoilée au Salon de Detroit.

Longueur : 4 631 mm. Largeur : 1 820 mm. Hauteur : 1 268 mm. Empattement : 2 691 mm.

 

Le groupe TWR (Tom Walkinshaw Racing) a été chargé de revisiter la mécanique utilisée pour la Jaguar XJS et de la développer pour la DB7. Le moteur est un 6 cylindre en ligne en alliage léger de 3 228 cm3, double arbre à cames en tête, développant 340 chevaux à 5 750 tr/min (250 kW, 340 PS). La culasse est à 4 soupapes par cylindre avec une injection électronique multipoint Zytec tandis que l’admission d’air se fait par un compresseur volumétrique Eaton refroidi à l'eau. Grâce à un couple de 490 Nm dès 3 000 tr/min, la DB7 garantit de vigoureuses accélérations et revendique un 0 à 100 km/h en 5.7 secondes et une vitesse de pointe annoncée à 266 km/h.

 

Aston Martin DB7 Vantage Volante (Photo Crédit : DR)

 

Alors que les moteurs 6 cylindres sont construits dans l'usine Tom Walkinshaw Racing à Kidlington (Oxfordshire), le moteur V12 de la Vantage, présentée en 2000, sera monté par Cosworth. Traditionnellement chez Aston Martin, l’appellation Vantage désigne les modèles hautes performances de la gamme et la DB7 Vantage sera la première Aston Martin à recevoir un moteur V12. Celui-ci est de 6 litres de cylindrée à 48 soupapes. Il développe 420 chevaux (313 kW, 426 PS) avec un couple de 540 Nm et un taux de compression de 10,3:1. La V12 Vantage est disponible avec une boite mécanique TREMEC T-56 à 6 rapports ou avec une boite automatique ZF 5HP30 à 5 rapports. L’accélération du 0 - 100 km/h se fait en 5,0 s en boite manuelle, et la vitesse maximum est de 298 km/h pour le Coupe et 266 km/h pour la Volante.

 

Aston Martin Special Black Neiman-Marcus

 

Pour ajouter de l’exclusivité à l’exclusivité, une version V12 GT (pour boite manuelle) et GTA (boite automatique Touchtronic) est présentée au salon de Birmingham en 2002. Cette version améliorée de la V12 Vantage développe 435 chevaux (324 kW, 441 PS), avec un couple de 560 Nm. Esthétiquement comparé à la Vantage, elle dispose d’une calandre en nid d‘abeille avec le badge GT ou GTA, de prises d’air sur le capot, un spoiler. 190 V12 GT et 112 V12 GTA seront construites. D’autres versions spéciales ont vu le jour dont pour la 6-cylindres, la 1998 Alfred Dunhill Edition : 150 voitures "platinum metallic" ,1998 Neiman-Marcus Edition : 10 voitures “Special black” pour le catalogue de Noel 1998 de Neiman Marcus, 1998 Beverly Hills Edition : 6 voitures "Midnight Blue" (2 coupés et 4 Volante), 1999 Stratstone Edition : 19 voitures “Special black” (9 coupés et 10 Volante).Les versions spéciales pour la V12 Vantage sont la 2002 Keswick Limited Edition, la 2003 Jubilee Limited Edition : 24 voitures construites pour l’Europe et 26 pour l’Amérique du Nord pour célébrer le Golden Jubilée de la Reine Elisabeth II, et pour célébrer la fin de production de la DB7 Vantage, la 2003 Anniversary Edition : 33 voitures "slate blue".

Aston Martin DB7 Vantage Zagato 2002

 

Présentée lors du Mondial de l'automobile de Paris en 2002, l'Aston Martin DB7 Zagato sera construite à seulement 99 exemplaires (+1 pour le musée Aston Martin) à partir de châssis raccourcis de V12 Vantage Volante. Elle possède les mêmes caractéristiques techniques que la V12 GT. Les principaux changements sont l’adoption d’une large ouverture à l’avant pour la calandre, double bossage sur le toit et la custode arrière est redessinée. Toute la partie arrière a été refaite également (feux arrondis). 

 

 

L’Aston Martin DB AR1 sera produite à seulement 99 exemplaires (+1 pour le musée Aston Martin). Construit à partir d’une base de V12 Vantage Volante dont elle reprend les données et spécifications techniques, la DB AR1 (American Roadster 1) fut présentée au Salon de Los Angeles en janvier 2003. La particularité de ce modèle est qu’il ne possède ni capote ni hard-top. La DB AR1 était vendue 226 000 $.

 

2003 Aston Martin DB AR1 Roadster - Image credit: © Aston Martin.

 

La DB7 est à ce jour le modèle d’Aston Martin le plus produit de tous les temps dépassant la production combinée des classiques DB4, DB5 et des DB6. Depuis 1914, Aston Martin a construit un peu plus de 22 000 voitures dont plus de 8 938 DB7 ce qui prouve l’importance de ce modèle dans la croissance de la compagnie. À la fin de 2002, la production totale de la DB7 V12 Vantage s’établissait à 4 431 exemplaires, soit la moitié des ventes totales de DB7. Pour rouler en Aston Martin DB7, il est possible de négocier un coupé aux environs de 30 000 € mais il est inutile de préciser que pour cette GT d’exception, l’entretien et les pièces d’usure à remplacer demandent un budget très élevé, plus de 600 € pour un jeu de disques et  1 200 € pour un simple phare…

2003 Aston Martin DB AR1 (Crédit Photo : Desert-Motors Magazine)