Aston Martin DB5 (1963-1965)

 

Publié par Philippe Baron le 14 octobre 2014.

 

L’Aston Martin DB5 est sans aucun doute la plus emblématique de toutes les voitures conduites par James Bond. La marque britannique lui doit beaucoup. Certes, elle avait remporté les 24 Heures du Mans et le championnat du monde des constructeurs en 1959, mais James Bond a fait encore bien davantage pour sa notoriété. Elégante, rapide et bardée de gadgets, la DB 5 avait tout ce qui faisait rêver l’automobiliste de 1964.

 

Photos : Pawel Litwinski, RM Auctions

 

En 1947, David Brown, magnat de la machine agricole, reprend la marque Aston Martin, avant tout parce qu’il est passionné d’automobiles et qu’il entend développer des modèles sportifs et bourgeois. Des modèles, produits en petites quantités et aux dénominations portant ses initiales DB, se succèdent et bénéficient auprès d’amateurs fortunés, d'une excellente réputation. La victoire au Mans ainsi que le titre de champion du monde des constructeurs en 1959  tombent à point nommé au moment de la production de la nouvelle DB4 présentée quelques mois plus tôt en octobre 1958.

 

 

En 1963, arrive la remplaçante de la DB4 : la DB5. Sa ligne, signée Carlo Felice Bianchi de la Carrozzeria Touring, conserve les mêmes traits stylistiques comme la flèche chromée sur les flancs avant et la calandre en « T retourné ». Les globes des phares carénés, déjà présents sur les DB4 Vantage et GT, soulignent les formes galbées de l'automobile.

 

Photos : Boris Adolf, RM Auctions

 

La principale différence entre la DB4 et sa remplaçante la DB5 se situe au niveau du moteur. Le six-cylindres en ligne double arbre à cames en tête, conçu par l’ingénieur Tadek Marek, est en effet porté à une cylindrée de 4,0 L contre les 3,7 L par réalésage (96 millimètres au lieu de 92). Cette nouvelle configuration moteur lui confère ainsi près de 282 ch à 5 500 tr/min pour être propulsée à une vitesse maximale de 230 km/h. Son couple atteint les 390 Nm à 3 850 tr/min. La DB5 effectue ainsi le 0 à 100 km/h en 8,1 s. En 1965, l’option Vantage, une appellation propre à la marque désignant les versions les plus puissantes de la gamme, propose 314 ch à 5 700 tr/min.

 

Photos : Tim Scott, RM Auctions

 

Les premières DB5 sont équipées de la boîte de vitesse ‘maison’ quatre rapports (David Brown étant spécialisé dans les engrenages) mais une boîte de vitesses ZF à cinq rapports est disponible en option ainsi qu’une boîte automatique « Borg-Warner » à trois vitesses. La DB5 sera produite en 1 023 exemplaires pour le Coupé et 123 pour le cabriolet jusqu’en 1965.

 

Aston Martin DB5, la Voiture de James Bond

 

Apparue pour la première fois dans Goldfinger en septembre 1964, puis l’année suivante dans Thunderball (Opération Tonnerre), l’Aston Martin DB5 est depuis la plus emblématique des voitures conduites par James Bond. Depuis, l’agent 007 a roulé à plusieurs reprises dans divers modèles de la marque, DBS, V8 Vantage, Vanquish, DBS. Dans Skyfall, l’illustre DB5 fait même son grand retour sur les écrans le 24 octobre 2012.

 

La DB5 de James Bond est à l'origine rouge, mais elle est finalement repeinte dans une couleur appelée « Silver Birch » pour plus de discrétion. Pour les besoins du film, elle est équipée de toute une série de gadgets. La DB5 devint très vite la « voiture de James Bond ». Aston Martin vendit une licence à Corgi Toys qui réalisa plusieurs millions de modèles réduits. L’une de ces voitures miniatures a été offerte aux enfants de la reine Élisabeth II. Propriété de sa Majesté, celle-ci l'a prêtée pour l'exposition du Grand-Palais, à Paris :’Des Jouets et des hommes’, 2011-2012.


James Bond, alias Sean Connery

 

Dans Goldfinger, une seconde DB 5 de la même teinte a été utilisée pour les scènes de route. Toutes les deux ont assuré la tournée de promotion de Goldfinger puis sont revenues chez Aston Martin. La première a été débarrassée de ses gadgets et vendue à un individu qui l’a rééquipée, exposée puis l’a déclarée volée en Floride en 1997. La seconde Aston Martin a été rééquipée des gadgets authentiques pour tourner Thunderball, puis ensuite vendue en 1969 à Jerry Lee, patron d’une station de radio américaine. Il l’a conservé dans son musée privé jusqu’en 2010, puis mise aux enchères par RM Auctions en octobre 2010. La voiture a été adjugée pour la somme de 4,59 millions d’euros. Son nouveau propriétaire est un homme d’affaires américain de l'Ohio, Harry Yeaggy. Il s’offre ainsi une DB5 (achetée à l’époque 8 000 euros par Jerry Lee) customisée par Q (John Stears, Oscar des meilleurs effets spéciaux) puisqu’équipée d’un siège éjectable, mitraillettes, siège éjectable, plaques interchangeables, écran pare-balles, radar, tous ces équipements étant évidemment factices. La star affiche 48 000 km au compteur et est en parfait état de marche.

 

Photos : Bonhams

Aston Martin DB5 Vantage Shooting Break Harold Radford (1965-1967)

Photos : Bonhams

 

Pour transporter ses chiens et son équipement de chasse, David Brown décida de se faire construire un break personnel. Certains clients le trouveront si attirant qu’une série très limitée fut confiée au carrossier « Harold Radford ». En dehors de l’exemplaire de David Brown, douze breaks de chasse ont été construits de 1965 à 1967.