Alfa Romeo Alfa 6 (1979-1986)

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Publié par Philippe Baron le 6 janvier 2013.

 

L’Alfa 6 devait sortir en 1973 mais en raison de la crise pétrolière, la berline haut de gamme ne sera diffusée qu’à partir de 1979. Rapide et efficace sur la route, l’Alfa 6 inaugure le premier V6 de la marque. Pourtant, elle sera boudée à cause de son style manquant d’allure, déjà démodé et banalisé au tout début de sa carrière.



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La carrière du dernier haut de gamme d’Alfa Romeo, la 2600, s’était soldée en 1969 par un échec commercial en raison de son prix très élevé et d’un problème d’équilibrage de vilebrequin qui rendait la voiture trop bruyante pour un haut de gamme. Pour la nouvelle Alfa, le constructeur italien laisse tomber son 6-cylindres en ligne pour un tout nouveau V6 mis au point par Giuseppe Busso. L’architecture de la mécanique est en rupture avec la tradition. Le 6-cylindres en V ouvert de 60° est disposé longitudinalement à l’avant. Les soupapes d’admission sont commandées directement par l’arbre à cames tandis que les soupapes d’échappement sont actionnées par poussoir et tiges horizontales. La courroie crantée remplace la chaine et l’alimentation est assurée par six carburateurs monocorps verticaux inversés Dell’Orto. La boîte de vitesse est accolée directement au moteur. Pour le freinage, sont adoptés des disques avant ventilés et disques arrière inboard en sortie de différentiel

 

Longueur : 4.76 – Largeur : 1.68 m – Hauteur : 1.42 m – Empattement : 2.60 m

 

A son lancement en avril 1979, le bureau de style d’Arese n’a pas jugé bon de moderniser l’apparence d’un véhicule conçu pour sortir en 1973. Cela ne suscitera pas l’enthousiasme lors de sa présentation. Et c’est dommage car la voiture a une excellente tenue de route. Elle a la réputation de donner sa pleine mesure sur route mouillée. Tout est satisfaction dans sa mécanique : freinage, direction, suspension, moteur, boîte…mise à part les lève-vitres électriques sujets à de fréquentes pannes. Le V6 de 2 492 cm3 développe 158 ch et promet les 190 km/h mais avec une consommation moyenne de 13.8 l (chiffre établie par l’Auto-Journal lors d’un essai sur 500 km).

 

En 1983, Bertone tente tant bien que mal de rajeunir l’Alfa 6 avec des phares rectangulaires et des pare-chocs en plastique plus enveloppants. Pour échapper aux taxes qui pénalisent les cylindrées supérieures à 2 l en Italie, une version ramène le V6 à 1 996 cm3, il développe 135 ch avec des performances toujours élevées, 185 km/h, mais la consommation est plus importante. La 2.5 devient 2.5i Quadrifoglio d’Oro avec une injection électronique Bosch. Dans la gamme motorisation, s’ajoute un moteur diesel VM di Cento de 2 494 cm3 et 105 ch autorisant une vitesse de 169 km/h pour une consommation à peine inférieure aux moteurs essence.

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En 1986, la fabrication de l’Alfa 6 est arrêtée. C’est un échec avec seulement 12 288 exemplaires produits, toutes versions confondues. L'Alfa 6 ne sera pas remplacée et le très haut de gamme Alfa restera vacant. Malgré sa faible diffusion, l’Alfa 6 n’est pas très recherchée et sa cote se situe aux alentours de 5000 euros pour un modèle 2.5 l et 4000 euros pour un 2 l, un désintéressement dû à sa consommation élevé.

 

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