Autobianchi Primula (1964-1970)

 

Publié par Philippe Baron le 1 février 2014.

 

Voiture en avance sur son temps avec son moteur transversal, sa transmission aux roues avant, ses disques aussi bien à l’avant qu'à l’arrière et son hayon, la Primula compte parmi les voitures les plus innovantes des années soixante. Pas vraiment un break, pas vraiment une berline, la Primula bénéficie d’une modularité jusqu’alors inconnue. Bien que développée par Fiat, l’insolite Primula sera distribuée par Autobianchi, l’une de marques du groupe, dès 1964.


Scan : Michiel V

 

Père de la plupart des Fiat sorties depuis les années 1930, Dante Giacosa occupa le poste de Directeur du Bureau technique tout au long des années 1950. Parallèlement, Giacosa dirigeait la SIRA (Società Industriale Ricerche Automotoristiche), le service de technique avancée. À partir de 1961, le SIRA étudie une 6 CV utilisant le moteur de la Fiat 1100-103 D (1 221 cm³, 55 ch) et susceptible de la remplacer. Désignée « 109 » en interne, sa conception révolutionne tout ce que Fiat a construit jusqu’alors : traction avant, moteur-boîte transversaux et troisième porte, faisant de l’auto un précurseur sur ces deux derniers points. Giacosa témoigne de sa préoccupation d’optimiser l’espace habitable en même temps qu’il remet sur le tapis son idée d’adopter la traction avant. Le défi pour les Italiens est d’aller plus loin que BMC ne l’a fait avec la Mini, en logeant la boîte dans l’axe transversal du moteur. Pour cela, les ingénieurs ont dû gagner des centimètres sur la longueur du carter de boîte. L’astuce a consisté à réduire l’espace occupé par l’embrayage et la butée. Cependant, la direction générale de Fiat trouve la voiture trop audacieuse. La préférence est donnée à une propulsion à coffre et moteur longitudinal, le projet 124, qui débouchera sur le modèle du même nom en 1966.


Scan : Michiel V

 

Le projet 109 est tout de même repêché pour une fabrication sous la marque Autobianchi. La petite marque créée par Fiat en 1957 se retrouve donc promue de ce fait laboratoire du groupe. Au Salon de Turin 1964 est ainsi présentée la Primula (primevère), première berline à hayon jamais construite, du moins dans sa catégorie. Elle sera d’ailleurs proposée concurremment avec lunette arrière fixe ce qui la rend disponible en 2, 3, 4 et 5 portes. Autre élément novateur, la présence de quatre freins à disques (sans assistance).


 

Sous d’autres aspects, l’auto est beaucoup plus conservatrice. En particulier avec l’essieu arrière rigide avec ressorts à lames. Quant à la carrosserie, dessinée par Boano père et fils, stylistes Fiat, elle s’apparente au style des créations de Pininfarina pour BMC. Assez élégante, elle n’offre toutefois rien de très nouveau. Le moteur reste le vieux 1 221 cm³ de la Fiat 1100 D remplacé dès le second millésime par l’excellent 1 197 cm³ 65 ch de la Fiat 124.


 

Mis à part le montage du nouveau moteur, la voiture connaîtra peu de modifications durant sa carrière. On notera simplement le lancement d’un coupé Touring et en 1968, d'un coupé S. Il s’agit là de la variante à tendance sportive de la gamme, bénéficiant du moteur 1 438 cm³ de 75 ch que l’on retrouve sous le capot de la Fiat 124 Special sortie la même année. Contrairement aux autres Primula, cette version n’existe qu’en deux portes, la praticité n’étant pas l’effet recherché. Sa carrosserie a fait l’objet de plusieurs modifications esthétiques. Tout d’abord sur la façade avant, dont la calandre est légèrement avancée par rapport aux 1200 pour tenir compte d’une mécanique plus volumineuse, un détail à peine perceptible. L’évolution est plus sensible à l’arrière ; adouci et modernisé avec de petits feux carrés, il semble préfigurer l’A112.


 

La Primula recevra un accueil mitigé, avec une exception pour le marché français où environ 15 000 voitures seront vendues. L’auto était assez courante dans les rues françaises et il n’est pas rare qu’elle apparaisse dans les films des années 1960/1970 (Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard, où apparaît une Primula rouge ainsi que César et Rosalie de Claude Sautet, où les personnages se déplacent dans une « S » jaune). Cet accueil favorable en France peut s’expliquer par une culture ouverte aux automobiles innovantes. Mais on peut dire aussi et surtout que les 200 concessionnaires du réseau Chardonnet (André Chardonnet était l'importateur d'Autobianchi en France) ont fait leur travail. Sans doute mieux que Citroën, censé diffuser et entretenir les Autobianchi en vertu d’accords passés avec Fiat fin 1968 et dénoncés en 1972.


Scan : Alden Jewell

 

Ce sont 74 858 Autobianchi Primula qui seront fabriquées jusqu’en 1970 dans l'usine Autobianchi de Desio, dans la banlieue de Milan. L’Autobianchi Primula sera remplacée en 1969 par l'A 111 qui allait servir de base d'essai à la Fiat 128, première traction avant de la marque Fiat.


 

Période de fabrication : 1964 à 1970

Primula (coach 1964) :

  • Moteur : 4 cylindres en ligne à refroidissement par eau
  • Cylindrée : 1 221 cm³ - 57 ch
  • Alimentation : Carburateur Weber à simple corps 32 IMB
  • Transmission : Traction avant, embrayage mono-disque à sec, boîte 4 vitesses synchronisées
  • Carrosserie : Coque autoporteuse
  • Suspensions AV : à roues indépendantes, bras oscillants inférieurs, barre stabilisatrice
  • Suspensions AR : à essieu rigide
  • Direction : à crémaillère
  • Freins : à disques à l'avant et à l'arrière
  • Poids à vide : 870 kg
  • Vitesse maxi : 135 km/h

Primula 65C (2-3-4-5 portes) :

  • Moteur : 4 cylindres en ligne à refroidissement par eau
  • Cylindrée : 1 197 cm³ - 65 ch
  • Alimentation : Carburateur Weber à double corps 32 DFB
  • Transmission : Traction avant, embrayage mono-disque à sec, boîte 4 vitesses synchronisées
  • Carrosserie : Coque autoporteuse
  • Suspensions AV : à roues indépendantes, bras oscillants inférieurs, barre stabilisatrice
  • Suspensions AR : à essieu rigide
  • Direction : à crémaillère
  • Freins : à disques à l'avant et à l'arrière
  • Poids à vide : 870 - 885 kg
  • Vitesse maxi : 145 km/h

Primula Coupé S :

  • Moteur : 4 cylindres en ligne à refroidissement par eau
  • Cylindrée : 1 438 cm³ - 75 ch à 5 600 tr/min
  • Alimentation : Carburateur Weber à double corps 32 DFB
  • Transmission : Traction avant, embrayage mono-disque à sec, boîte 4 vitesses synchronisées
  • Carrosserie : Coque autoporteuse
  • Suspensions AV : à roues indépendantes, bras oscillants inférieurs, barre stabilisatrice
  • Suspensions AR : à essieu rigide
  • Direction : à crémaillère
  • Freins : à disques à l'avant et à l'arrière
  • Poids à vide : 870 kg
  • Vitesse maxi : 155 km/h