Armstrong Siddeley Sapphire (1952-1958)

1956 Armstrong-Siddeley Sapphire - Photo prise au Cap Frehel en Bretagne - Courtesy of the Fedora Lounge

 

Publié par Philippe Baron le 17 mai 2013.

 

En 1919, John Davenport Siddeley de la compagnie Siddeley Deasy de Coventry, spécialisée dans la construction aéronautique, s’associe à Sir W.G. Armstrong Whitworth, constructeur d'automobiles depuis 1906 à Newcastle, pour fonder la marque Armstrong Siddeley. La marque devient vite appréciée et reconnue pour ses voitures familiales robustes fabriquées de manière artisanale, et dotées d'un très haut niveau de finition.

 



Photo : Rob Gale

 

Après la guerre, dès 1945, Armstrong Siddeley est parmi les premiers à proposer de nouveaux modèles, aux noms de baptêmes évoquant à chaque fois des avions de guerre produits par le groupe Hawker Siddeley, et à affirmer son rang dans le domaine des voitures de luxe avec le cabriolet Hurricane et la limousine Lancaster. Ces modèles sont ensuite rejoints par un coach baptisé Typhoon dérivé du cabriolet Hurricane, puis en 1949, par la berline Whitley.

 

 

Au début des années cinquante, les lignes des modèles de 1945 se démodant rapidement, les dirigeants de la firme britannique songent à la relève. Surtout, que le groupe Hawker Siddeley doit être capable de produire des automobiles reflétant le haut niveau technologique qu'il atteint dans la construction aéronautique, comme le font des firmes aussi réputées que Bristol ou Rolls Royce. C'est ainsi qu’est présentée en octobre 1952 la nouvelle Armstrong Siddeley Sapphire, dotée d'un 6 cylindres de 3 435 cm3. La désignation Sapphire 346 ne lui sera attribuée qu'à partir de 1955.

 

1953 Armstrong Siddeley 346 Sapphire - Photos : Worldwide-Auctionneers

 

Avec son dessin suranné au caractère typiquement britannique, sa calandre haute, son pavillon tendu et ses ailes marquées, la Sapphire plait.  90 % de sa production part vers l'étranger, conformément à la politique économique dictée par le gouvernement travailliste de l'époque, pour ramener les devises nécessaires à la reconstruction du pays. Deux types de carrosseries sont disponibles, la quatre glaces ou la six glaces, toutes deux livrables au même tarif. La six glaces représente 95 % des volumes. La finition de ces limousines est au-dessus de tout reproche, avec cuirs et marqueteries dans les moindres recoins.

 

 

La production automobile n'étant pas stratégique pour la survie du groupe industriel auquel appartenait Armstrong Siddeley, ses dirigeants voulaient néanmoins maintenir leur rang dans le domaine de la voiture de tourisme, voire d’élargir leur offre, pour toucher une clientèle peu sensible aux formes très mondaines et un tantinet dépassées de la Sapphire. Ainsi, en octobre 1955 au Salon de Londres, sont présentées des nouvelles Sapphire 236 et 234. Elles sont d’apparence identique mais la première est équipée d'un six cylindres de 2,3 litres, la seconde du même moteur amputé de 2 cylindres. Paradoxalement, la 4-cylindres est plus puissante que la 6-cylindres.


 

Mais le public demeura perplexe face à ces nouvelles voitures, qui souffraient de la comparaison avec la toute nouvelle Jaguar 2.4 Litre, plus rapide, sensiblement moins chère et à l'élégance indiscutée. Un terme était mis à la production de cette série à la fin de l'année 1958, après moins de trois saisons. La 236 fut fabriquée à 301 unités et la 234 à 806 unités. La 346 termine sa carrière également en 1958 avec de meilleurs résultats : 7 697 unités produites. Sa remplaçante et ultime voiture de la marque, la Star Sapphire, est présentée le 17 octobre 1958.