Amilcar CC (1921-1925)

1923 Amilcar CC - Photos : Artcurial

 

Publié par Philippe Baron le 5 février 2014.

 

Après la Grande Guerre, la France comptait un nombre considérable de marques marginales. En 1920, elles étaient 350, dont 80 % à Paris. La plupart de ces petites affaires étaient spécialisées dans la construction de cyclecars spartiates, car les impécunieux sportifs de l'époque ne se souciaient guère du confort, de la finition ou du bruit. Et puis, qui aurait pu entrer en concurrence avec Peugeot, Renault ou Citroën ? Ce sont justement les trois seules compagnies à avoir survécu.


 

La plus grande partie de ces bruyantes voiturettes disparurent sans laisser de traces, mais quelques-unes d’entre elles allaient prouver qu’elles étaient capables des meilleures choses. Citons la B.N.C (Bollack, Netter & Cie) et ses cousines, les Lombard, Benjamin, Sénéchal. Mais surtout, il y eut l’Amilcar, la grande rivale de la Salmson.


 

La Firme Amilcar, établie à Saint-Denis, naquit en 1920 de l’union de l’ingénieur Edmond Moyet et du pilote André Morel, venus de la déclinante affaire Le Zèbre, et de deux financiers, Emile Akar et Joseph Lamy. La mixture de leurs deux noms donna « Amilcar ». Le premier modèle de la nouvelle marque, présenté au Salon de Paris en 1921, est un cyclecar de moins de 1 100 cm3 et inférieur à 350 kg, le type CC. Il répondait ainsi à la législation en vigueur qui accordait des avantages fiscaux aux cyclecars, pour autant qu'ils pèsent moins de 350 kg, qu'ils possèdent 2 places maximum et que leur moteur ne dépasse pas 1 100 cm3. Le type CC est un véhicule à deux places entraîné par un moteur quatre cylindres latéral de 903 cm3 à soupapes latérales avec une boîte de vitesses à trois rapports. Sa vitesse maximale est de 75 km/h.


 

Ce cyclecar CC connait un rapide succès auprès des jeunes sportifs, succès confirmé avec la sortie de la CS, l’année suivante, encore plus compétitive avec son châssis court et son moteur de 1 004 cm3. En 1922, André Morel gagna le Bol d’Or couru sur 24 heures, mais le véritable fief d’Amilcar était la course de côte. Avec leurs deux places décalées, leur pointe de course, leurs garde-boue étroits, les Amilcar, spécialement dans les types CGS et CGSS se vendirent très bien. Entre 1926 et 1928, il en sortit 35 par jour de l’usine de Saint-Denis. Il existait aussi la 6-cylindres avec deux arbres à cames en tête, suralimentée par un compresseur Cozette, qui, sous la responsabilité de Vernon Ball, l’importateur anglais, prit toutes les premières places en 1926, 27, 28, dans la catégorie 1100 aux 200 miles du Junior Car Club, à Brooklands.


1923 Amilcar CGS